Tchad : à Moussoro, de plus en plus de jeunes accélèrent le mariage malgré les difficultés économiques
À Moussoro, les mariages se multiplient malgré le chômage. Les jeunes voient le mariage comme une bénédiction et un choix de stabilité sociale et spirituelle.
Par Adoum Mbaidoua
À Moussoro, chef-lieu de la province du Barh El Gazel, on observe depuis le début de l'année 2026 une multiplication des mariages, des dotations et des fiançailles. Malgré le chômage et le manque d'opportunités, de nombreux jeunes choisissent de s'engager dans la vie conjugale.
Selon Adam, un jeune d'environ 21 ans récemment marié en juin, le mariage apporte une bénédiction particulière et favorise une vie plus apaisée. « Lorsque je me suis engagé dans ce processus, mes parents, mes proches et mes amis ont énormément contribué à la réalisation de mon mariage. Je conseille aux jeunes de faire le premier pas, le reste est entre les mains de Dieu », a-t-il confié.
Un autre jeune, qui a souhaité garder l'anonymat, estime que le mariage peut ouvrir de nouvelles perspectives. « Je viens d'obtenir un contrat avec une ONG de la place après un mois de mariage. Et d'ailleurs, beaucoup de jeunes filles sont prêtes à entrer dans la vie de couple », a-t-il indiqué.
L'imam Mahamat Nour souligne que le mariage occupe une place importante dans l'Islam. Selon lui, plusieurs versets du Saint Coran mettent en avant ses bienfaits. Le verset 30:21 évoque la tranquillité, l'affection et la bonté entre les époux, tandis que le verset 2:187 compare les conjoints à un vêtement l'un pour l'autre, illustrant la proximité, la protection et la complémentarité.
« En Islam, le mariage n'est pas seulement un contrat social, c'est aussi un acte d'adoration et de responsabilité. Il aide le croyant à vivre dans la pudeur, à éviter les comportements interdits et à fonder un foyer basé sur la foi et la miséricorde. Certains hadiths rappellent aussi que le mariage est une pratique très aimée en Islam et qu'il complète la foi du croyant », a-t-il ajouté.
Au-delà de sa dimension religieuse, ces unions sont aussi perçues par certains jeunes comme un moyen de se protéger de la fornication, de renforcer la discipline personnelle et de mieux affronter les réalités de la vie quotidienne. Pour eux, le mariage devient parfois un choix de stabilité sociale, morale et spirituelle dans un contexte économique difficile.