Tchad : à Sarh, le groupe « Street Rap » fait vibrer la culture et défie les autres villes
À Sarh, les jeunes du groupe « Street Rap » unissent leurs talents pour dynamiser la scène musicale locale, malgré l'absence cruciale d'un studio d'enregistrement.
Par Elwood Dk
À Sarh, chef-lieu de la province du Moyen-Chari, de jeunes passionnés de musique se mobilisent pour donner une nouvelle dynamique au rap local. Réunis au sein du groupe « Street Rap », ils se retrouvent régulièrement au Palais des Arts et de la Culture Ngarta Tombalbaye pour s'entraîner et développer leur talent. Mais malgré leur motivation, le manque de moyens freine leurs ambitions.
Ils sont plus de huit jeunes, venus de différents quartiers de Sarh, à partager la même passion : le rap. Chaque jeudi et samedi soir, ces artistes en herbe se réunissent autour d'instrumentales pour perfectionner leurs textes, travailler leur rythme et préparer leurs prochaines performances.
À la tête du groupe, Metra Issine, surnommé « Ampereur Le Sale Gosse », explique que cette initiative a pris forme il y a environ deux mois. Avec ses compagnons, il entend contribuer à l'évolution de la musique dans la ville et montrer que Sarh regorge de jeunes talents.
Cependant, derrière cette détermination se cache une difficulté majeure : l'absence de studio d'enregistrement dans la ville. Une situation qui complique la réalisation de leurs projets musicaux. « Nous avons des talents et nous sommes capables de produire de bonnes chansons. Mais sans studio, il nous est difficile d'avancer. Nous lançons un appel aux personnes de bonne volonté et à tous ceux qui souhaitent soutenir les jeunes artistes. La ville de Sarh a besoin d'un studio pour permettre à ses talents de se faire connaître », plaide le leader de Street Rap.

Au-delà de la musique, le groupe constitue également un espace de rencontre entre des jeunes issus de différentes communautés et provinces, notamment le Moyen-Chari, le Mayo-Kebbi et le Mandoul. Pour ces rappeurs, leur passion commune favorise les échanges, le vivre-ensemble et la cohabitation pacifique.
Ambitieux, les membres de « Street Rap » veulent aussi se mesurer à d'autres groupes du pays. Ils se disent prêts à relever le défi face aux rappeurs de N'Djamena et de Koumra. Avec assurance, Ampereur Le Sale Gosse lance un appel à la confrontation artistique : « Si les jeunes rappeurs de N'Djamena et de Koumra pensent être meilleurs que nous, qu'ils relèvent le défi. Nous sommes prêts à montrer ce que nous savons faire. »
Pour ces jeunes artistes, le talent ne manque pas à Sarh. Leur principal souhait reste désormais de disposer de moyens adaptés, notamment d'un studio d'enregistrement, afin de faire connaître leur musique et de donner au rap local la place qu'il mérite.