Tchad : À Sarh, Ogmal Sahara fait du lavage de couvertures son combat pour l'autonomie
À Sahr, Ogmal Sahara, mère de quatre enfants, tire sa subsistance du lavage de couvertures au bord du Chari. Un travail exigeant qui lui garantit dignité et autonomie financière.
Par Elwood Dk
À Sahr, chef-lieu de la province du Moyen-Chari, certaines femmes développent de petites activités pour subvenir aux besoins de leurs familles. C’est le cas d’Ogmal Sahara, âgée de 32 ans et mère de quatre enfants. Résidant au quartier Kassaï, dans le 3e arrondissement municipal, elle pratique depuis plus de six ans le lavage des couvertures, une activité qui constitue aujourd’hui sa principale source de revenus.
Chaque matin, Ogmal Sahara se rend dans différents ménages de la ville pour récupérer les couvertures qui lui sont confiées. Elle les transporte ensuite jusqu’au bord du fleuve Chari, où elle procède au lavage et au séchage. Une couverture lui rapporte 750 francs CFA. Selon elle, elle peut en laver entre 10 et 15 par jour, en fonction des commandes.
Les revenus tirés de cette activité lui permettent de participer aux dépenses de son foyer. Elle s’en sert notamment pour assurer l’alimentation de sa famille, contribuer aux frais scolaires de ses enfants et mettre de côté une petite épargne. Pour Ogmal Sahara, ce travail représente surtout un moyen de rester indépendante et de préparer l’avenir de ses enfants. « Je préfère travailler avec mes propres moyens plutôt que de rester sans rien faire. Mon souhait est d’économiser suffisamment pour acheter un terrain et construire une maison pour mes enfants », explique-t-elle.

Elle précise que pendant les périodes de vacances scolaires, sa famille participe également à certaines activités. Sa fille aînée s’occupe d’un petit commerce, tandis que les autres enfants l’accompagnent parfois au bord du fleuve pour lui donner un coup de main.
Mais le parcours de cette mère de famille n’a pas toujours été facile. À ses débuts, elle dit avoir subi des moqueries et des critiques de la part de certaines personnes qui considéraient le lavage des couvertures comme un travail réservé aux hommes. Malgré ces remarques, elle a choisi de poursuivre son activité et de ne pas se laisser décourager. « Au début, certaines personnes se moquaient de moi et disaient qu’une femme ne devait pas faire ce travail. Mais je n’ai pas abandonné. Ce qui m’intéresse, c’est de travailler honnêtement et d’assurer l’avenir de mes enfants », affirme-t-elle.
À travers cette activité, Ogmal Sahara montre que le travail manuel peut aussi être une source de dignité et d’autonomie. Son objectif reste aujourd’hui de développer davantage son activité afin d’améliorer les conditions de vie de sa famille et de réaliser son projet de construction.