Tchad : alerte au choléra dans le village de Galati, entre les provinces du Hadjer-Lamis et du Lac
Plusieurs cas suspects de choléra et plus d'une dizaine de décès ont été signalés dans le village de Galati, à la frontière entre le Hadjer-Lamis et le Lac.
Plusieurs cas suspects de choléra ont été enregistrés ces dernières 24 heures dans le village de Galati, situé à cheval entre les provinces du Hadjer-Lamis et du Lac. Selon une source sanitaire locale, l'épidémie aurait déjà causé plus de 12 décès et près d'une centaine de cas sur place, où la prise en charge des malades demeure particulièrement difficile en raison de l'absence de mesures de riposte immédiates.
Cette alerte intervient alors que l'épidémie de choléra, déclarée à la mi-juin 2026 et causée par la souche Vibrio cholerae O1 Ogawa, se poursuit dans le pays. Un précédent bilan officiel du ministère de la Santé arrêtait les chiffres à 239 cas cumulés et 13 décès au 3 août, avec un taux de létalité de 5,4 %, bien au-dessus du seuil visé de 1 %. La grande majorité de ces décès, soit 11 sur 13, avait alors été recensée à N’Djaména en août.
L'expansion du virus vers la province du Lac confirme les craintes des organisations humanitaires, notamment d'OCHA. Les facteurs aggravants persistent : la saison des pluies bat son plein, l'accès à l'eau potable et à l'assainissement reste insuffisant, et la proximité des sites de déplacés augmente la vulnérabilité des populations. Selon l'UNICEF, près des deux tiers des infections toucheraient les moins de 15 ans.
Face à cette situation, diverses actions de riposte ont été menées par le passé — prise en charge, désinfection, sensibilisation et vaccination orale d'environ 50 800 personnes fin juillet et début août —, avec l'appui de partenaires comme la Croix-Rouge, l'OMS et l'Union européenne. Toutefois, l'ECDC classait encore fin août le Tchad parmi les pays enregistrant de nouveaux cas et décès. L'épidémie n'est donc pas close, et le risque de propagation reste élevé tant que durera la saison des pluies.