Tchad : BIOFIN, un nouvel élan pour la biodiversité
Le Tchad lance l'Initiative BIOFIN pour renforcer le financement de la biodiversité, soutenue par le PNUD et le FEM, avec un budget initial de 314 000 dollars.
Par Khadidja Oumar Abdoulaye
N’Djamena, 9 juin 2026 – Le ministère de l’Environnement, de la Pêche et du Développement durable a officiellement lancé ce mardi l’Initiative pour le financement de la biodiversité (BIOFIN). Soutenue par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), cette initiative vise à renforcer la mobilisation des ressources financières pour la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité au Tchad.
Doté d’un budget initial de 314 000 dollars américains pour sa première phase, le programme ambitionne de transformer la gestion des ressources naturelles du pays vers une approche axée sur l’investissement durable et la valorisation du capital naturel. Cette démarche s’inscrit dans les priorités du Plan national de développement « Tchad Connexion 2030 ».
Dans son discours d’ouverture, le représentant du ministre de l’Environnement, de la Pêche et du Développement durable, Youssouf Mahamat, a rappelé que le Tchad possède un patrimoine naturel exceptionnel, illustré notamment par le lac Tchad, les massifs du Tibesti et les plaines du Logone. Toutefois, ce patrimoine est confronté à de nombreux défis, tels que la dégradation des terres, la désertification, la surexploitation des ressources naturelles et les effets du changement climatique.
Selon lui, le président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, a placé la gestion durable de l’environnement parmi les axes stratégiques du développement national. L’adhésion du Tchad à l’initiative internationale BIOFIN traduit ainsi la volonté des autorités de concilier développement économique, préservation de l’environnement et résilience des communautés.
Le représentant du ministre a souligné que BIOFIN constitue un outil innovant de gestion financière au service des politiques environnementales. Le programme permettra d’analyser les dépenses publiques consacrées à la biodiversité, d’identifier les besoins de financement et d’explorer de nouveaux mécanismes pour mobiliser des ressources additionnelles.
L’objectif final est l’élaboration d’un Plan national de financement de la biodiversité, destiné à orienter les investissements publics et privés en faveur de la protection des écosystèmes et du développement durable.
Les autorités ont insisté sur l’importance d’une mobilisation collective pour assurer le succès de l’initiative. Les administrations publiques, les partenaires techniques et financiers, le secteur privé, les organisations de la société civile ainsi que les institutions académiques sont appelés à contribuer activement à ce processus.
Le gouvernement tchadien a également salué l’accompagnement constant du PNUD et du FEM dans les efforts de préservation du capital naturel du pays. Pour cette phase initiale, le projet bénéficie d’un financement de 314 000 dollars américains.
Prenant la parole à son tour, le représentant résident adjoint du PNUD, Francis Gams, a exprimé sa gratitude envers l’ensemble des partenaires présents à cet atelier de lancement. Il a rappelé que la biodiversité ne constitue pas uniquement un enjeu environnemental, mais également une question économique, sociale, financière et politique de première importance. Selon lui, elle soutient les moyens de subsistance de millions de personnes, garantit la disponibilité des ressources en eau, renforce la résilience face aux changements climatiques et contribue à la stabilité des écosystèmes indispensables au développement.
« La mobilisation de tous les acteurs est essentielle pour préserver et valoriser notre capital naturel », a-t-il déclaré, soulignant que la biodiversité demeure un pilier fondamental du développement durable et du bien-être des populations.
En déclarant l’atelier officiellement ouvert, les autorités ont réaffirmé que la préservation du patrimoine naturel tchadien constitue un investissement stratégique pour les générations futures, appelant à une gouvernance verte capable de concilier protection de l’environnement et développement économique durable.