Tchad-Chine : un excédent commercial record grâce au pétrole et à la demande chinoise

Le Tchad enregistre un excédent commercial de 738,5 millions USD avec la Chine au premier semestre 2026, grâce à la hausse des prix pétroliers et à la demande croissante de Pékin.

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Tchad-Chine : un excédent commercial record grâce au pétrole et à la demande chinoise
© Magnific

Au premier semestre 2026, les douanes chinoises ont enregistré un excédent commercial de 738,5 millions de dollars pour le Tchad, sur un volume total d'échanges bilatéraux de 1,38 milliard de dollars, selon une note de marché publiée le 5 août 2026 par Sika Finance. Cela place le pays au troisième rang des excédents CEMAC vis-à-vis de Pékin. Les données de l'administration chinoise montrent que le commerce Tchad-Chine a généré cet excédent pour un total d'échanges de 1,38 milliard USD au premier semestre 2026.

Cette forte progression reflète à la fois l'amélioration de l'environnement des prix pétroliers et la montée en puissance de la Chine comme débouché pour le brut tchadien. La note de marché souligne que le Tchad capte ainsi près de 13,5 % du commerce total CEMAC-Chine au premier semestre 2026, un poids sans commune mesure avec la taille de son économie.

Selon l'Indice composite des cours des produits de base de la BEAC, le prix moyen du baril de pétrole brut est passé de 62,1 dollars au quatrième trimestre 2025 à 75,7 dollars au premier trimestre 2026, soit une hausse d'environ 22 % en quelques mois. Pour un pays dont les exportations sont dominées par le brut, cet effet prix se traduit immédiatement par un gonflement des recettes à valeur constante de volumes.

Mais l'ampleur de l'excédent bilatéral avec la Chine renvoie aussi à un choc de demande. Selon une analyse de Sika Finance, fondée sur les statistiques des douanes chinoises, les importations chinoises de marchandises en provenance du Tchad auraient progressé d'environ 378 % en glissement annuel en juin 2026, bien au-delà de ce que la seule revalorisation du baril peut produire.

Pour la banque centrale des États de l'Afrique centrale, ce contexte favorable irrigue déjà la conjoncture régionale. La BEAC relève dans ses derniers tableaux de bord que la remontée coordonnée des cours des matières premières exportées par la CEMAC – dominées par les hydrocarbures – nourrit la reprise de l'activité dans plusieurs pays. Les indicateurs de la BEAC montrent qu'entre fin 2025 et début 2026, l'indice composite des cours des produits de base exportés par la CEMAC est tiré vers le haut par le segment énergétique, dans lequel le pétrole occupe une place centrale.

Depuis le basculement du consortium d'Exxon et Chevron vers des acteurs publics et privés asiatiques, la structure de la filière pétrolière tchadienne s'est lentement réorientée vers Pékin. Le fait que la Chine apparaisse aujourd'hui comme un client suffisamment important pour générer à elle seule un excédent de plusieurs centaines de millions de dollars consacre ce réalignement.

La dynamique dépasse toutefois le seul pétrole. La note de Sika Finance rappelle que la BEAC, dans son Indicateur composite des activités économiques (ICAE), attribue au Tchad une contribution croissante à la croissance de la CEMAC au premier semestre 2026, reflet d'un redressement plus large de l'économie réelle. Les services de la BEAC cités dans la note estiment que le Tchad contribue pour environ 1 point à la croissance de l'ICAE au premier trimestre 2026, contribution anticipée en hausse à près de 1,6 point au deuxième trimestre. Une partie de cet élan provient du secteur minier, notamment de l'or, dont les flux peuvent suivre d'autres circuits que les douanes chinoises.

En toile de fond, la dépendance de l'économie tchadienne aux hydrocarbures reste néanmoins structurelle. Les rapports récents de l'Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) soulignent que le brut représente l'écrasante majorité des recettes d'exportation, même si les volumes tendent à se stabiliser. Le rapport ITIE Tchad 2023 rappelle que les exportations de pétrole brut constituent la principale source de devises du pays, confirmant la forte concentration de la base exportatrice sur les hydrocarbures.