Tchad-France : 25 ans de coopération scientifique autour de Toumaï

Le Tchad et la France célèbrent 25 ans de coopération scientifique autour de Toumaï, un fossile clé pour l'étude de l'évolution humaine, lors d'un colloque international à N'Djamena.

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Tchad-France : 25 ans de coopération scientifique autour de Toumaï

Le Tchad et la France célèbrent le 25ᵉ anniversaire de la découverte de Toumaï, l’un des plus anciens représentants connus de la lignée humaine. Cette commémoration est marquée par la tenue, les 21 et 22 juillet 2026 à N’Djamena, du deuxième Colloque international de paléontologie, placé sous le haut patronage du président de la République, le maréchal Mahamat Idriss Deby Itno.

Découvert le 19 juillet 2001 dans le désert du Djourab par une équipe franco-tchadienne dirigée par le professeur Michel Brunet, le crâne de Sahelanthropus tchadensis, baptisé Toumaï, est âgé d’environ sept millions d’années. Le premier chercheur à avoir touché ce fossile était le Dr Ahounta Djimdoumalbaye, du Centre national d’appui à la recherche. Cette découverte majeure a profondément modifié la compréhension de l’évolution humaine et replacé l’Afrique centrale au cœur des recherches sur les origines de l’humanité.

L’histoire de cette coopération scientifique avait toutefois commencé plusieurs années auparavant. Dès 1992, l’arrivée au Tchad du Pr Michel Brunet et la création de la Mission paléontologique franco-tchadienne ont permis d’organiser les premières recherches dans le Djourab. En janvier 1995, les chercheurs avaient déjà découvert Abel, un hominidé vieux d’environ 3,5 millions d’années, à plus de 2 500 kilomètres des principaux sites paléontologiques d’Afrique de l’Est.

Avec ses sept millions d’années, Toumaï est antérieur de plusieurs millions d’années à la période autrefois estimée de séparation entre la lignée humaine et celle des grands singes. L’étude de son crâne, notamment la position du trou occipital, a conduit les chercheurs à envisager une posture bipède. La description, en 2022, de nouveaux restes osseux, dont deux ulnas et un fémur, a renforcé cette hypothèse tout en alimentant de nouveaux débats scientifiques.

Au-delà de la découverte, Toumaï symbolise une coopération durable entre le Tchad et la France. La Mission paléontologique franco-tchadienne rassemble aujourd’hui plus d’une centaine de chercheurs de différentes nationalités. Elle repose notamment sur le partenariat entre l’Université de Poitiers, l’Université de N’Djamena et le Centre national de recherche pour le développement.

Le Tchad a apporté un soutien logistique et institutionnel aux missions de terrain, notamment en matière de sécurité, de transport et d’autorisations de recherche. La France a, de son côté, financé plusieurs missions, des infrastructures scientifiques ainsi que la formation de jeunes chercheurs tchadiens à travers des bourses de master, de doctorat et de post-doctorat.

Cette coopération a également favorisé la conservation des collections paléontologiques au Tchad et la création d’une aile spécialisée au Musée national. Plusieurs chercheurs tchadiens formés dans ce cadre participent désormais aux travaux scientifiques et aux programmes internationaux.

La découverte de Toumaï a acquis une renommée mondiale. Une reconstitution de son crâne a notamment été présentée lors de l’Exposition universelle d’Aichi, au Japon, en 2005. En 2013, un moulage du fossile a aussi été remis à l’UNESCO par le président tchadien de l’époque, Idriss Deby Itno.

À travers les communications scientifiques et les travaux présentés lors du colloque de N’Djamena, les chercheurs entendent désormais poursuivre l’exploration des origines de la bipédie, des anciens écosystèmes et des ressources naturelles du bassin tchadien. Vingt-cinq ans après sa découverte, Toumaï demeure ainsi un symbole majeur de la recherche scientifique et du rayonnement international du Tchad.