Tchad : la CNDH appelle à l'action face aux drames de N'Djamena

La CNDH appelle à une mobilisation urgente pour protéger les victimes des drames du Marché à mil et de Toukra Mousgoum, soulignant l'importance du respect des droits humains au Tchad.

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Tchad : la CNDH appelle à l'action face aux drames de N'Djamena

Face aux drames du Marché à mil et de Toukra Mousgoum, la CNDH appelle à une mobilisation urgente pour protéger la dignité humaine.

À la suite de deux missions de constat effectuées le 3 juillet 2026 à N'Djamena, l'une sur les conséquences de l'incendie du Marché à mil et l'autre sur le déguerpissement du carré 47 de Toukra Mousgoum (9ᵉ arrondissement), la Commission Nationale des Droits de l'Homme (CNDH) a animé, ce mardi 7 juillet 2026, un point de presse présenté par le Commissaire Banadji Boguel Pyrrhus, Vice-président de la Sous-Commission Prévention de la torture et autres formes de traitements cruels, inhumains ou dégradants.

À travers cette intervention, la CNDH appelle les pouvoirs publics, les partenaires techniques et financiers, les acteurs humanitaires ainsi que l'ensemble des forces de solidarité nationale à une mobilisation urgente en faveur des victimes, tout en rappelant l'impératif du respect de la dignité humaine, des droits fondamentaux et des engagements internationaux du Tchad. Elle réaffirme également sa disponibilité à accompagner les autorités dans la recherche de solutions durables, fondées sur les droits de l'homme, afin de prévenir la répétition de telles tragédies.

À la suite d’une mission de terrain menée au Marché à mil (4ᵉ arrondissement de N’Djaména), touché par un incendie le mois dernier, et à Toukra Mousgoum (9ᵉ arrondissement de N’Djaména), concerné par un déguerpissement en juin, la Commission dresse un bilan consternant.

Au Marché à mil

La délégation a constaté l’ampleur des destructions provoquées par l’incendie. Des centaines de commerçants et d’artisans ont perdu leurs boutiques et leurs marchandises qui représentent, pour beaucoup d’entre eux, l’unique source de revenus permettant de faire vivre leurs familles.

La CNDH demande qu’une évaluation approfondie soit menée afin d’identifier les difficultés rencontrées par les services de secours pour accéder au site et de renforcer les dispositifs de prévention des catastrophes urbaines.

À Toukra Mousgoum

La délégation a constaté que les familles concernées par le déguerpissement vivent désormais à ciel ouvert : 26 ménages, soit 177 habitants sinistrés dont 33 hommes, 34 femmes et 110 enfants, 77 garçons et 33 filles. Des femmes, des enfants, des personnes âgées et d’autres personnes vulnérables sont exposés au soleil, aux pluies, aux risques sanitaires et à l’insécurité, déplore la Commission.

La CNDH rappelle que toute opération de cette nature doit être conduite dans le strict respect des garanties prévues par le droit national et les normes internationales, notamment : l’information préalable des populations concernées, le respect des procédures légales, la protection des personnes vulnérables et, lorsque les circonstances l’exigent, la mise en place de solutions de relogement adaptées.

Au regard de l’urgence de la situation, la CNDH lance un appel solennel aux plus hautes autorités de la République afin que soient mises en œuvre, sans délai, des mesures d’assistance d’urgence en faveur des sinistrés privés de logement, qu’un accompagnement soit apporté aux commerçants ayant perdu leurs moyens de subsistance, que des investigations soient diligentées afin d’établir toutes les responsabilités éventuelles et que toutes les futures opérations d’aménagement urbain soient conduites dans le plein respect des droits humains.

La Commission adresse également un appel à tous les acteurs de la solidarité nationale et internationale afin qu’ils apportent une assistance rapide sous forme d’abris d’urgence, d’aide alimentaire, de soins de santé, de protection des enfants, d’accès à l’eau potable, à l’assainissement et d’appui au relèvement économique des ménages affectés.