Tchad : la flambée du prix du ciment paralyse le secteur du bâtiment

La hausse des prix du ciment à N'Djamena paralyse le secteur du bâtiment, soulignant les faiblesses structurelles de l'économie tchadienne et la dépendance aux importations.

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Tchad : la flambée du prix du ciment paralyse le secteur du bâtiment

Par Idriss Abdelkerim

Le marché du ciment traverse une crise sans précédent à N'Djamena, entraînant une hausse importante des prix et un ralentissement des activités de construction. Matériau essentiel au développement urbain et aux infrastructures publiques, le ciment devient de plus en plus difficile d’accès pour les ménages comme pour les entreprises.

La production locale de ciment a fortement reculé ces dernières années, ne permettant plus de répondre à la demande nationale. L’ancienne société nationale de ciment, autrefois acteur central du secteur, ne parvient plus à assurer un approvisionnement stable du marché.

Cette situation a entraîné une dépendance accrue aux importations et aux opérateurs privés, fragilisant davantage l’équilibre entre l’offre et la demande. Dans la capitale et dans plusieurs villes du pays, le prix du sac de ciment de 50 kg a fortement augmenté. Alors qu’il coûtait environ 8 000 FCFA il y a quelques années, il se situe désormais entre 12 000 et 13 000 FCFA selon les points de vente. Cette augmentation pèse lourdement sur le secteur du bâtiment et ralentit de nombreux projets de construction.

La flambée des prix du ciment a des répercussions directes sur plusieurs secteurs. Elle entraîne le ralentissement de la construction de logements, notamment pour les ménages à revenus modestes. Elle provoque également des retards dans la réalisation des infrastructures publiques telles que les routes, les écoles et les hôpitaux. Par ailleurs, cette situation contribue à une hausse globale des coûts dans le secteur du BTP et fragilise certains emplois liés à la chaîne de construction.

Face à cette crise, les autorités cherchent à renforcer la production locale et à diversifier les sources d’approvisionnement. Le groupe CIMAF joue désormais un rôle important dans l’approvisionnement du marché.

En parallèle, un projet d’implantation d’une unité de broyage de clinker porté par le groupe Groupe GICA est en discussion. Ce projet pourrait contribuer à réduire la dépendance aux importations et à stabiliser progressivement les prix. Au-delà de la hausse des prix, cette situation met en lumière les faiblesses structurelles de l’économie nationale, notamment la faible capacité industrielle et la dépendance aux importations. Elle souligne également les difficultés liées à la régulation du marché.

Le ciment, élément clé du développement, est aujourd’hui au cœur d’une crise qui ralentit l’économie et affecte le quotidien des populations. Entre tensions persistantes et tentatives de relance industrielle, le Tchad cherche encore des solutions durables pour stabiliser son marché.