Tchad : la SHT livre sa version des événements du 7 août suite au contrôle de l’AILC
Suite à un contrôle de l'AILC marqué par des tensions, la SHT conteste les méthodes employées, dénonce la séquestration de sa Directrice commerciale et appelle au respect de la légalité.
La Société des Hydrocarbures du Tchad (SHT) est montée au créneau pour rétablir sa version des faits après la publication, le 12 août 2026, d'un communiqué de l'Autorité Indépendante de Lutte contre la Corruption (AILC). Cet échange fait suite aux événements houleux survenus le 7 août dans les locaux de l'entreprise publique à N'Djamena.
Tout en réaffirmant son adhésion aux exigences de bonne gouvernance et de transparence, la SHT bat en brèche l'idée d'une obstruction à la mission de contrôle. Selon la direction, un point focal avait été désigné et l'ensemble des documents requis avait été transmis dans les délais impartis.
Un déploiement militaire contesté
C'est sur la forme de l'intervention que se concentrent les critiques de la SHT. L'entreprise pointe du doigt le non-respect de l'article 50 du décret régissant les missions de l'AILC, qui exige l'identification précise des agents habilités dans l'ordre de mission. Or, le 7 août, la Contrôleure générale adjointe se serait présentée entourée d'agents en civil et d'un « dispositif militaire impressionnant lourdement armé ».
Un déploiement jugé « coercitif et disproportionné », qui aurait lourdement perturbé le fonctionnement de la société pétrolière.
Le cas de la Directrice Commerciale et Marketing
Le point le plus sensible de la mise au point concerne le traitement réservé à la Directrice Commerciale et Marketing de la SHT. L'entreprise affirme qu'elle a été « séquestrée » durant près de cinq heures dans son bureau, sous la garde de militaires armés, après que son téléphone et son ordinateur professionnel lui ont été retirés.
La SHT dénonce une violation manifeste des garanties procédurales et de la présomption d'innocence prévues par les textes en vigueur. Elle conteste également l'affirmation selon laquelle la cadre aurait elle-même imprimé les factures réclamées, soutenant que la Contrôleure adjointe se serait directement emparée des outils informatiques pour réaliser ces impressions sans décharge.
Appel au respect des procédures
Tout en insistant sur le fait qu'elle ne recherche pas l'affrontement avec l'institution de lutte contre la corruption, la SHT rappelle que la légitimité d'un contrôle d'État repose impérativement sur le respect strict du droit. L'entreprise espère ainsi éclairer l'opinion nationale et internationale sur les conditions contestées de cette descente sur le terrain.