Tchad : Le projet SWEDD+ renforce les capacités des acteurs du circuit de référencement sur les violences basées sur le genre

Le projet SWEDD+ organise un atelier pour renforcer les capacités des acteurs de la lutte contre les violences basées sur le genre, visant une meilleure coordination et prise en charge des survivantes.

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Tchad : Le projet SWEDD+ renforce les capacités des acteurs du circuit de référencement sur les violences basées sur le genre

Par Hassan Abderamane

Dans le cadre de la mise en œuvre de ses activités, le Projet pour l'Autonomisation des Femmes et le Dividende Démographique en Afrique Subsaharienne Plus (SWEDD+) a organisé, ce 16 juin 2026, un atelier de renforcement des capacités destiné aux acteurs du circuit de référencement (judiciaire, sanitaire, psychosocial, sécuritaire) sur la prévention et la prise en charge des survivantes de violences basées sur le genre. L'ouverture de cet atelier a eu lieu au centre CIFOP de Farcha Milezi dans la commune du 1er arrondissement de N’Djamena.

Cette formation vise à améliorer la coordination des services et renforcer les capacités des intervenants. La formation se déroule du 16 au 18 juin 2026.

Dans son intervention, Mme Amina Hamid Abdoulaye, spécialiste de VBG représentant le coordonnateur national du projet SWEDD+, a salué l'ensemble des participants qui ont répondu présent à cette importante rencontre et qui, durant les trois prochains jours, mettront leur expertise, leur engagement et leur expérience au service d'une cause commune. Pour elle, les violences basées sur le genre demeurent une réalité préoccupante qui affecte les femmes, les filles mais également les hommes et les garçons dans nos communautés. « Derrière chaque cas de violence se trouve une personne dont les droits ont été bafoués, une famille affectée et une communauté fragilisée », a-t-elle souligné.

Amina Hamid Abdoulaye indique qu'un mécanisme de référencement efficace permet d'assurer une prise en charge coordonnée, rapide et centrée sur les besoins de la survivante. Il facilite l'accès aux services médicaux, psychosociaux, juridiques, judiciaires et sécuritaires tout en garantissant le respect des principes fondamentaux de confidentialité, de sécurité, de non-discrimination et de consentement éclairé. Elle a indiqué que malgré les efforts déjà consentis, plusieurs défis persistent, tout en soulignant que dans certaines localités, les acteurs ne maîtrisent pas toujours leurs rôles et responsabilités respectifs, la coordination demeure parfois insuffisante ou encore les mécanismes de référencement sont encore peu connus ou peu utilisés et le suivi des cas reste perfectible.

La représentante du coordonnateur national du projet SWEDD+, Amina Hamid Abdoulaye, a indiqué que le renforcement des mécanismes de prévention et de réponse aux VBG est une priorité majeure, à travers plusieurs interventions visant à améliorer la qualité des services, renforcer les capacités des acteurs et promouvoir une meilleure coordination entre les différentes structures dans la prise en charge.

S'adressant aux participants, Amina Hamid Abdoulaye souligne que cette formation se veut résolument participative. Elle constitue non seulement un cadre d'apprentissage, mais également un espace d'échanges et de partage d'expériences. Elle a tenu à renouveler ses remerciements au ministère de la Femme pour son leadership constant dans la lutte contre les violences basées sur le genre, ainsi qu'à l'ensemble des partenaires qui accompagnent le projet SWEDD+ dans la mise en œuvre de ses activités.

Dans son discours de lancement, le directeur général de la promotion des droits et de l'autonomisation, M. Ismail Adoum Hamid, représentant la ministre de la Femme et de la Petite Enfance, a tenu à remercier le projet SWEDD+, la Banque mondiale ainsi que les partenaires engagés aux côtés du gouvernement du Tchad dans la promotion des droits des femmes et la lutte contre les violences basées sur le genre, tout en saluant l'ensemble des participants réunis.

Le représentant de la ministre de la Femme a rappelé que les violences basées sur le genre constituent une violation grave des droits humains et un obstacle majeur au développement de nos communautés. Elles privent les femmes et les filles de leurs droits fondamentaux, compromettent leur santé, limitent leur accès aux opportunités économiques et sociales.

Selon Ismail Adoum Hamid, le gouvernement de la République du Tchad, sous la clairvoyance du Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno, Président de la République, Chef de l'État, accorde une importance particulière à cette problématique. Il souligne que son département est très conscient que malgré les progrès réalisés, de nombreux défis restent. Dans plusieurs localités, les survivantes continuent à faire face à des difficultés pour accéder aux services de santé, d'assistance psychosociale, de protection juridique ou encore d'accompagnement social. « Parfois, les services existent, mais le mécanisme de coordination entre les différents acteurs demeure insuffisant d'une part et d'autre part, les survivantes ignorent où trouver l'aide dont elles ont besoin », a-t-il déclaré.

Le représentant de la ministre de la Femme souligne qu'un système de référencement efficace ne se limite pas à orienter une survivante vers un service, mais il constitue une chaîne de solidarité et de protection qui place la survivante au centre de toutes les interventions. La qualité de ce système dépend avant tout des femmes et des hommes qui le font vivre au quotidien. « Vous êtes les premiers points de contact, les relais communautaires, les agents sociaux, les prestataires de santé, les responsables administratifs, les acteurs de la protection et de la justice qui œuvrent chaque jour au service de la population », a-t-il déclaré aux participants.

Ismail Adoum Hamid indique également que la lutte contre les violences basées sur le genre ne peut être gagnée sans l'implication de tous. Elle nécessite l'engagement des institutions publiques, des partenaires techniques et financiers, des organisations de la société civile, des leaders communautaires et religieux, mais également de la communauté elle-même. Il a enfin réitéré les remerciements du ministère de la Femme et de la Petite Enfance à l'endroit du projet SWEDD+, de la Banque mondiale et de tous les partenaires qui soutiennent l'initiative visant à renforcer la protection des femmes et des filles au Tchad. Il a également formulé le vœu que les travaux de l'atelier soient riches en enseignements, en échanges d'expertise et que des recommandations pratiques soient formulées au bénéfice des survivantes des violences basées sur le genre avant de déclarer ouverts les travaux de l'atelier.