Tchad : le secteur du tourisme et de la restauration frappé par une chute brutale de 48,4 %
Au premier trimestre 2026, l'hôtellerie-restauration au Tchad subit une chute brutale de 48,4 %. Cette crise du secteur tertiaire reflète le resserrement de la consommation intérieure et des difficultés conjoncturelles.
Derrière les performances globalement favorables de l'économie tchadienne au premier trimestre 2026 se cache une réalité sectorielle contrastée. Le secteur de l'hébergement-restauration enregistre en effet une chute brutale de 48,4 % en glissement annuel, l'un des reculs les plus marqués de toute la note de conjoncture.
Un secteur tertiaire à deux vitesses
Cette contre-performance s'inscrit dans un repli plus large du secteur tertiaire (-0,55 % au T1 2026), également marqué par les baisses dans la santé (-25,7 %) et l'immobilier (-4,5 %). La note attribue ces difficultés à la période dite de « vache maigre », une phase de resserrement conjoncturel qui affecte particulièrement les activités les plus sensibles à la consommation des ménages et aux flux de visiteurs.
Ce repli contraste fortement avec la bonne tenue d'autres branches du même secteur : le commerce se redresse de 8,2 % en variation trimestrielle, tandis que les services marchands affichent une croissance annuelle de 15,9 %, tirée par le rebond spectaculaire de l'enseignement (+73,5 %), des activités spécialisées et techniques (+18,5 %) et des transports (+3,6 %).
Des causes à approfondir
Si la note ne détaille pas précisément les causes de l'effondrement de l'hébergement-restauration, plusieurs facteurs conjoncturels évoqués dans le document peuvent y contribuer : la baisse générale des prix (déflation de 3,3 % sur un an), qui traduit un ralentissement de la demande intérieure, ainsi que le contexte régional marqué par l'afflux de réfugiés et l'insécurité alimentaire, qui pèsent sur l'activité économique dans certaines zones.
Un signal à surveiller
Ce recul mérite une attention particulière des pouvoirs publics et des acteurs économiques, dans la mesure où l'hébergement-restauration est un secteur à forte intensité de main-d'œuvre. Son évolution dans les prochains trimestres sera un indicateur clé de la reprise — ou non — de la consommation intérieure et du secteur touristique national.
Source : Note de conjoncture du premier trimestre 2026, Ministère des Finances, du Budget, de l'Économie, du Plan et de la Coopération internationale.