Crise au Moyen-Orient et flambée du pétrole : quel impact réel sur l'économie du Tchad ?
Porté par la flambée du baril de Brent au premier trimestre 2026, le Tchad enregistre une hausse notable de ses recettes d'exportation, un répit conjoncturel qui souligne toutefois sa vulnérabilité structurelle.
Le premier trimestre 2026 aura été marqué par un choc géopolitique majeur : le déclenchement d'un nouveau conflit au Moyen-Orient, qui a fait bondir les prix du pétrole. Le baril de Brent a ainsi franchi la barre des 75 USD, contre 65,5 USD au quatrième trimestre 2025.
Un choc mondial aux effets contrastés
Ce choc pétrolier a conduit le FMI à réviser à la baisse de 0,2 point ses prévisions de croissance mondiale, désormais établies à 3,1 % pour 2026 et 3,2 % pour 2027. Les économies émergentes et en développement, plus vulnérables aux fluctuations des prix des matières premières, devraient enregistrer une croissance inférieure de 0,3 point aux prévisions initiales.
Pour le Tchad, un effet globalement favorable à court terme
Contrairement à de nombreuses économies importatrices nettes de pétrole, le Tchad, en tant que pays producteur, bénéficie a priori de la hausse des cours mondiaux. Cette tendance se traduit très concrètement dans les chiffres du trimestre : les recettes pétrolières progressent de 60,0 % en variation trimestrielle, et les exportations de pétrole brut bondissent de 62 % en glissement annuel, portant l'ensemble des exportations nationales à 89,7 milliards de FCFA, soit une hausse de 29 % sur un an.
Une prudence structurelle de mise
Cette embellie conjoncturelle reste toutefois à relativiser. D'une part, la production de pétrole brut elle-même stagne (+0,5 %) : c'est bien l'effet-prix, et non l'effet-volume, qui explique la hausse des recettes. D'autre part, cette dépendance marquée aux cours mondiaux illustre la vulnérabilité persistante de l'économie tchadienne face aux chocs exogènes.
C'est précisément ce constat qui justifie les efforts actuels de diversification économique menés par le pays, notamment à travers l'essor du secteur minier (or, antimoine) et le maintien de son engagement dans la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAF).
Source : Note de conjoncture du premier trimestre 2026, Ministère des Finances, du Budget, de l'Économie, du Plan et de la Coopération internationale.