Tchad : les acteurs locaux du Loug-Chari, mobilisés pour prévenir les conflits agropastoraux
Par Golmem Ali Emmanuel
Face aux risques de tensions entre agriculteurs et éleveurs, les autorités administratives du département du Loug-Chari, dans la province du Chari-Baguirmi, privilégient le dialogue et la sensibilisation. Ce lundi 2 novembre 2026, le Secrétaire général du département, assurant l'intérim du préfet, Sougouma Hassaballah Ahmat, a conduit une mission de terrain sur les axes N'Djamena-Bousso et dans le Bousso intérieur afin de sensibiliser les éleveurs au respect du calendrier officiel de la transhumance.
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par des préoccupations liées à la cohabitation entre agriculteurs et éleveurs, notamment à l'approche de la période de transhumance. Elle fait suite au Message officiel n°009/MATD/PCB/DLC/SG/2026 du 26 octobre 2026, qui fixe au 15 décembre 2026 la date autorisée pour l'arrivée des éleveurs nomades.
Une mission de terrain à forte mobilisation institutionnelle
Pour mener à bien cette opération de sensibilisation, Sougouma Hassaballah Ahmat était accompagné d'une délégation composée des responsables des forces de défense et de sécurité, des autorités municipales ainsi que des représentants de la chefferie traditionnelle.
La délégation comprenait notamment le commandant de la compagnie de gendarmerie du Loug-Chari, le commandant de la Garde nationale et nomade du Tchad (GNNT) de Bousso, la maire adjointe de la commune de Bousso, le représentant du chef de canton ainsi que plusieurs responsables des communautés traditionnelles.
Cette mobilisation multisectorielle traduit la volonté des autorités locales de faire de la prévention des conflits agropastoraux une responsabilité collective, impliquant toutes les composantes de la société.
Le respect du calendrier de transhumance au cœur des échanges
Au cours des échanges avec les éleveurs rencontrés le long des axes concernés, le Secrétaire général a insisté sur trois principaux messages.
Le premier concerne le respect strict de la date du 15 décembre 2026, retenue comme période officielle d'arrivée des éleveurs nomades. Une exigence particulièrement importante pour permettre aux agriculteurs d'achever leurs récoltes, dans un contexte où la campagne agricole a été fragilisée par un déficit pluviométrique notable.
Le deuxième porte sur la prévention des conflits fonciers et des dégâts champêtres. Les éleveurs ont ainsi été invités à éviter toute pénétration prématurée dans les espaces agricoles où les cultures ne sont pas encore récoltées.
Enfin, la délégation a appelé à la consolidation du vivre-ensemble et de la cohabitation pacifique entre les communautés. Les autorités ont rappelé que l'agriculture et l'élevage constituent deux activités essentielles et complémentaires pour l'économie locale et la sécurité alimentaire.
Cette démarche s'inscrit également dans le cadre de la circulaire n°007 du Vice-Premier ministre, relative à l'encadrement de la campagne de transhumance sur l'ensemble du territoire national.
Les éleveurs adhèrent à la démarche préventive
L'initiative semble avoir reçu un accueil favorable de la part des éleveurs rencontrés sur le terrain. Selon les informations communiquées à l'issue de la mission, ces derniers ont pris l'engagement de respecter le calendrier établi par les autorités.
Pour l'administration départementale, cette démarche de proximité vise à prévenir les tensions avant qu'elles ne dégénèrent en conflits, en misant sur la sensibilisation, l'écoute et la concertation plutôt que sur la seule réponse répressive.
À travers cette opération, le Secrétaire général du département du Loug-Chari, Sougouma Hassaballah Ahmat, réaffirme l'engagement de l'administration locale en faveur de la paix sociale, de la sécurité des communautés rurales et de la préservation des activités agricoles et pastorales.
Dans un contexte où la cohabitation entre agriculteurs et éleveurs demeure un enjeu majeur, le dialogue et le respect des règles établies apparaissent plus que jamais comme des leviers essentiels pour préserver la stabilité dans le Loug-Chari.