Tchad : l'ouverture de la pêche collective endeuillée par des attaques de crocodiles à Al-Ardep
L'ouverture de la pêche collective à Al-Ardep a viré au drame avec cinq pêcheurs attaqués par des crocodiles, dont un grièvement blessé.
Par Mahamat Abdelbanat Kourma
La journée s'annonçait festive. Ce jeudi 30 avril 2026, les habitants du village d'Al-Ardep, situé à environ quarante kilomètres d'Am-Habilé dans le département d'Aboudeïa, se sont rassemblés en nombre sur les rives du fleuve pour célébrer l'ouverture officielle de la pêche collective, en présence du Sous-préfet d'Am-Habilé, Noh Idriss Hamid. Cependant, la journée a rapidement viré à l'inquiétude. Cinq pêcheurs ont été mordus par des crocodiles, dont un est dans un état préoccupant.
Dans les communautés riveraines du Salamat, la pêche est bien plus qu'une simple activité économique. C'est un moment de cohésion où familles et voisins se retrouvent autour d'une ressource vitale. Pour des villages comme Al-Ardep, éloignés des grands centres urbains, le fleuve est une ressource indispensable. Il nourrit les foyers, génère des revenus et rythme la vie au fil des saisons.
L'ouverture officielle de cette campagne, en présence du représentant de l'État, témoigne de l'importance que les autorités accordent à cette filière dans le développement local du département d'Aboudeïa.
Pourtant, ce jeudi, la joie a cédé la place à l'angoisse avant même la fin de la journée. Cinq pêcheurs ont été victimes d'attaques de crocodiles dans les eaux du fleuve. Tous ont été pris en charge au centre de santé du village. L'un d'eux se trouve dans un état grave, selon les informations fournies par les autorités.
Ces incidents rappellent brutalement que la pêche dans ces cours d'eau reste une activité à hauts risques. Les crocodiles, omniprésents dans les fleuves et marigots de la région, constituent une menace réelle et permanente pour les pêcheurs.
Au-delà de l'émotion du moment, ces drames soulèvent une question de fond : comment protéger davantage les femmes et les hommes qui font vivre leurs familles au bord de l'eau ? Sensibilisation aux zones à risque, présence de secours de proximité, équipements adaptés… autant de pistes à explorer sérieusement.
Les blessés sont entre les mains du personnel soignant d'Al-Ardep, à qui l'on souhaite toutes les ressources nécessaires pour assurer leur rétablissement. La communauté, elle, retient son souffle, en particulier pour le cas le plus grave.