Tchad : Mahamat Idriss Déby défend la liberté d’expression après la colère des magistrats

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Tchad : Mahamat Idriss Déby défend la liberté d’expression après la colère des magistrats

Réunis en Assemblée générale le 26 mai 2026 à N’Djamena, les magistrats tchadiens ont vivement condamné les déclarations du ministre de la Sécurité publique et de l’Immigration tenues le 22 mai dernier dans la capitale. Dans un communiqué conjoint, ils jugent ces propos « attentatoires à leur dignité » et irrespectueux envers l’institution judiciaire.

Les magistrats estiment également que les déclarations du ministre pourraient constituer plusieurs infractions prévues par le Code pénal, notamment le discrédit porté sur des actes judiciaires et juridictionnels, l’outrage et la diffamation envers un corps constitué ainsi que l’empiètement sur le bon fonctionnement de la justice.

À l’issue des débats, les magistrats ont décidé de maintenir leur poursuite contre le ministre de la Sécurité publique et de l’Immigration. Ils ont également interpellé le chef de l’État afin qu’il garantisse le bon fonctionnement du pouvoir judiciaire, conformément à l’article 157 de la Constitution tchadienne, et qu’il veille au respect du corps de la magistrature face à toute atteinte.

Les deux bureaux exécutifs des magistrats disposent désormais d’un délai de dix jours pour assurer le suivi de cette affaire et évaluer l’évolution de la situation.

Deux jours plus tard, le 28 mai 2026, le président de la République, Mahamat Idriss Déby Itno, a réagi sur les réseaux sociaux. Le chef de l’État a rappelé que « dans une démocratie, la liberté d’expression s’exerce sans exclusion, qu’on soit citoyen ou responsable public, dans le respect des textes en vigueur ».

Selon lui, le fait que des magistrats n’acceptent pas la critique pourrait « fragiliser les principes du contrat social ». Mahamat Idriss Déby Itno a également souligné qu’il s’était personnellement investi pour que le président de la République ne préside plus le Conseil supérieur de la magistrature, afin de renforcer la séparation des pouvoirs.

Le président tchadien a par ailleurs affirmé que le ministre de la Sécurité « n’a ni critiqué la justice, ni tous les magistrats ». Il a enfin rappelé que si le syndicalisme fait partie intégrante de la démocratie, la défense d’un individu ou d’un groupe ne doit pas conduire à soutenir des comportements contraires aux valeurs de justice et d’éthique.