Tchad : solidarité, quand les sucreries remplacent l'aide essentielle
Au Tchad, les cadeaux alimentaires dans les hôpitaux soulèvent des questions sur l'efficacité de la solidarité. Une aide financière pourrait parfois mieux répondre aux besoins urgents des patients.
Par Idriss Abdelkerim
Dans les hôpitaux de la capitale tchadienne, une scène est devenue presque quotidienne. Parents, amis et connaissances rendent visite aux malades avec des palettes d'eau, des sucreries, des biscuits, des jus ou encore des pastèques. Un geste de solidarité apprécié, mais qui suscite également des interrogations.
Alors que de nombreux patients peinent à acheter leurs médicaments, à payer les examens médicaux, les frais d'hospitalisation ou une intervention chirurgicale, certains visiteurs privilégient les cadeaux alimentaires. Pourtant, une aide financière, même modeste, pourrait parfois répondre à un besoin bien plus urgent. Une autre réalité attire également l'attention.
Dans certaines chambres d'hôpital, les sucreries, les boissons et même les bouteilles d'eau apportées au malade sont en partie consommées par les visiteurs eux-mêmes ou par les personnes qui les accompagnent. Le patient, censé être le principal bénéficiaire de ces présents, n'en profite parfois que très peu.
Cette situation alimente le débat sur le sens de la solidarité envers les personnes hospitalisées. Plusieurs observateurs estiment qu'avant d'apporter des cadeaux, il serait plus utile de demander à la famille du malade ce dont il a réellement besoin. Une contribution de quelques milliers de francs CFA peut permettre d'acheter des médicaments, de payer une ordonnance ou de compléter les frais d'une opération.
Sans remettre en cause la valeur symbolique des visites, cette pratique invite à une réflexion. La véritable compassion ne se mesure pas seulement à ce que l'on apporte à l'hôpital, mais aussi à l'impact réel de l'aide apportée sur la santé du patient.
Au chevet d'un malade, la présence réconforte, mais une aide adaptée peut parfois faire toute la différence. Dans certains cas, quelques francs CFA peuvent sauver une vie bien plus qu'un carton de sucreries ou une palette d'eau.