Tchad : vigilance accrue face aux maladies saisonnières à N’Djamena

À N’Djamena, les pluies intenses exacerbent les maladies saisonnières, notamment le paludisme et les infections diarrhéiques, posant des défis sanitaires majeurs pour les autorités et la population.

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Tchad : vigilance accrue face aux maladies saisonnières à N’Djamena

Par Idriss Abdelkerim

Avec l'arrivée de la saison des pluies, les autorités sanitaires et les professionnels de santé redoublent de vigilance face à la recrudescence des maladies saisonnières. Les fortes précipitations, qui provoquent régulièrement des inondations et la stagnation des eaux dans plusieurs quartiers de la capitale tchadienne, créent des conditions favorables à la propagation de nombreuses maladies.

Le paludisme reste la principale préoccupation. Les eaux stagnantes favorisent la prolifération des moustiques, augmentant considérablement le risque de transmission, notamment chez les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes. Dans les centres de santé, les consultations pour des cas de fièvre sont généralement en hausse durant cette période.

Outre le paludisme, les maladies diarrhéiques représentent un autre défi majeur. Les inondations peuvent contaminer les puits, les forages et d'autres sources d'approvisionnement en eau, exposant les populations à des risques de maladies liées à la consommation d'une eau insalubre. Les spécialistes rappellent que le lavage régulier des mains et le traitement de l'eau de boisson restent des gestes essentiels pour prévenir ces infections.

La saison des pluies met également en évidence les difficultés d'accès aux soins. Dans certains quartiers, les routes inondées compliquent les déplacements des habitants et retardent l'arrivée des patients dans les structures sanitaires. Cette situation peut aggraver l'état des personnes atteintes de maladies nécessitant une prise en charge rapide.

Face à ces défis, les professionnels de santé appellent au renforcement des campagnes de sensibilisation, à l'assainissement des quartiers, à la distribution de moustiquaires imprégnées d'insecticide et à un approvisionnement suffisant des centres de santé en médicaments et en matériel médical.

Pour de nombreux observateurs, la lutte contre les maladies de la saison des pluies ne repose pas uniquement sur les services de santé. Elle exige également l'implication des collectivités, des organisations communautaires et des citoyens. L'élimination des eaux stagnantes, une meilleure gestion des déchets et le respect des règles d'hygiène demeurent des mesures essentielles pour réduire les risques.

Le paludisme est la première cause de consultation, d’hospitalisation et de mortalité au Tchad (environ 47 % des consultations, 34 % des hospitalisations et 31 % des décès selon les données nationales récentes). La transmission culmine de juillet à novembre, avec les eaux stagnantes qui favorisent les moustiques anophèles. Les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes sont les plus vulnérables. En 2024, le pays a enregistré environ 4,1 millions de cas estimés et plus de 13 000 décès.

Les inondations contaminent les sources d’eau (puits, forages). C’est un schéma récurrent : MSF et d’autres organisations ont documenté des hausses nettes de diarrhées et d’infections pendant les crues (des milliers de consultations en 2022 à N’Djamena).

S’agissant de l’accès aux soins, les routes inondées et les quartiers touchés compliquent vraiment les déplacements, c’est un problème structurel bien connu dans la capitale.

Alors que la saison des pluies s'installe progressivement à N’Djamena, les autorités sanitaires invitent la population à consulter rapidement un centre de santé en cas de fièvre, de diarrhée ou de tout autre symptôme inquiétant. Une prise en charge précoce demeure l'un des moyens les plus efficaces pour éviter les complications et limiter l'impact des maladies saisonnières.