Transport au Tchad : vers la fin des surcharges illégales

Le BNFT du Tchad intensifie sa lutte contre la fraude des camionnettes surchargées, offrant un délai de 45 jours pour régularisation avant sanctions.

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Transport au Tchad : vers la fin des surcharges illégales

Par Temandang Gontran

Face à la persistance de la fraude massive dans le transport de marchandises, le Bureau National de Fret Terrestre (BNFT) a réuni ce 28 juillet 2026 les acteurs clés du secteur. Présidée par le Directeur Général de l'institution, Saleh Youssouf Erda, cette rencontre de suivi marque un tournant décisif dans la lutte contre l'utilisation illégale de camionnettes immatriculées en catégorie C.

Une Pratique Illégale aux Lourdes Conséquences

La problématique au cœur des échanges concerne les véhicules de transport de marchandises initialement conçus pour un chargement de 3 ou 4 tonnes, mais lourdement modifiés pour transporter plus de 7 tonnes tout en conservant leur plaque d'origine.

Le Directeur Général du BNFT a rappelé avec fermeté les trois dérives majeures engendrées par cette situation :

Un contournement de la loi : Tout véhicule excédant 3,5 tonnes relève de la catégorie P c'est à dire porteurs ou poids lourds. Maintenir ces camions en catégorie C leur permet d'échapper aux normes et contrôles rigoureux qui s'imposent.

La destruction des infrastructures routières : Les surcharges répétées accélèrent la dégradation du réseau routier national, pesant lourdement sur les finances publiques.

Ces pratiques faussent le marché du fret au détriment des transporteurs en règle qui s'acquittent de leurs charges.

Un Délai de Grâce de 45 Jours avant les Sanctions

Faisant suite à une première concertation menée en juin 2026 avec les syndicats de transporteurs, la réunion élargie de ce 28 juillet 2026 a vu la participation de la Direction Générale des Transports de Surface (DGTS), de la Direction Générale de la Réglementation du Transport de Surface (DGRTS), de l'ONASER, de la CCIAMA, ainsi que des forces de l'ordre Police et Gendarmerie nationale.

Afin d'offrir une alternative pacifique aux mesures de coercition, un délai de grâce de 45 jours a été proposé et entériné. Cette période doit permettre aux propriétaires de ces véhicules de régulariser leur situation administrative et technique. Passé ce délai, les autorités devront appliquer la rigueur de la loi.

En ouvrant le débat aux différentes institutions et aux partenaires syndicaux, le BNFT privilégie une approche multidimensionnelle à la fois réglementaire, fiscale, sécuritaire et sociale — pour assainir durablement le secteur du transport terrestre au Tchad.