Vaccins importés, médicaments en doses, équipements hospitaliers : ce que le Tchad dépense pour sa santé à l'étranger

Les statistiques douanières ne sont pas que des tableaux de commerce. Elles révèlent aussi les fragilités d'un système de santé entièrement dépendant de l'extérieur pour ses produits essentiels.

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Vaccins importés, médicaments en doses, équipements hospitaliers : ce que le Tchad dépense pour sa santé à l'étranger

Dans la liste des dix principaux produits importés par le Tchad en 2025, deux lignes passent souvent inaperçues au milieu de la farine et du gaz. Et pourtant, elles disent quelque chose d'essentiel sur la souveraineté sanitaire du pays.

Les vaccins pour la médecine humaine : 22,7 milliards de FCFA, 131,9 tonnes. Cinquième poste d'importation. Les médicaments en doses : 15,1 milliards de FCFA, 5 587 tonnes. Huitième poste. Auxquels s'ajoutent, hors top 10, les équipements médicaux et électriques hospitaliers. Au total, le Tchad importe pour plusieurs dizaines de milliards de FCFA de produits de santé chaque année — et n'en produit quasi aucun sur son territoire.

Une dépendance aux conséquences bien réelles

Cette dépendance n'est pas une abstraction statistique. Elle s'est matérialisée douloureusement lors des crises de rupture des chaînes d'approvisionnement mondiales. Pendant la pandémie de Covid-19, les blocages logistiques mondiaux ont retardé ou interrompu l'acheminement de médicaments essentiels vers de nombreux pays africains, le Tchad parmi eux. Les ruptures de stock en antibiotiques, en antipaludéens, en produits pour soins néonatals sont une réalité régulière dans les hôpitaux tchadiens — pas par manque de volonté politique, mais par fragilité structurelle des circuits d'approvisionnement.

À cela s'ajoute le coût de la dépendance. Les 22,7 milliards de FCFA dépensés en vaccins, ce sont des devises qui sortent du pays et vont financer des industries pharmaceutiques étrangères — européennes principalement, mais aussi indiennes et chinoises, dont la place dans le marché pharmaceutique africain ne cesse de croître.