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INTERVIEW

Abdou Karim Sall : « Globalement l’Apr a gagné au niveau national, contrairement au Pds en 2009 »


Alwihda Info | Par BASSIROU DIENG - 13 Juillet 2014 modifié le 13 Juillet 2014 - 16:34

Le nouveau patron de l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (Artp), Abdou Karim Sall, fait partie des responsables de l’Apr qui ont été fortement laminés dans leur localité lors des élections locales du 29 juin dernier. Le responsable de Mbao qui faisait face au « Témoin », a longuement expliqué les raisons de son échec tout en revendiquant la victoire globale de son parti aux locales. Le directeur général de l’Artp a aussi parlé du travail qu’il a entamé à la tête de cette structure qu’il dirige depuis deux mois seulement...


ABDOU KARIM SALL, DIRECTEUR DE L’ARTP ET RESPONSABLE DE L’APR A MBAO SUR LES RESULTATS DES LOCALES

Témoin : Mme Aminata « Mimi » Touré, votre  sœur de parti, a été démise de ses fonctions de Premier ministre vendredi dernier suite à son échec aux locales. Qu’est-ce que cela vous fait vous en tant  responsable de ce parti ?
 
Abdou Karim Sall - Par rapport au départ du Premier ministre, Mme  Aminata Touré de la Primature, il faudrait qu’on comprenne une chose. Le président de la République est cette personne à laquelle la Constitution a confié le pouvoir de nommer aux emplois civils et militaires. Donc, il appartient au président de la République à un moment donné d’apprécier la nécessité de s’accompagner de telle ou telle autre personne. Alors, par rapport aux décisions du Chef de l’Etat, je préfère ne pas me prononcer parce que c’est son domaine et son pouvoir discrétionnaire. Il a beaucoup plus de visibilité que nous autres. S’il prend donc la décision de se séparer de  son Premier ministre,  c’est qu’il a de bonnes raisons pour le faire.
 
En moins de trois ans, votre leader a eu trois Premiers ministres. N’est-ce pas un signe de tâtonnement de sa part ?
C’est vrai que nous venons d’enregistrer deux Premiers ministres (Ndlr, l’entretien s’est déroulé dimanche dernier après la nomination de M. Mohamed Dionne comme Pm). Mais j’ose espérer que le Président a choisi un homme qui va l’accompagner durant tout le restant de son magistère.
 
L’Apr (Alliance Pour la République), votre parti, a été désavoué pratiquement dans toutes les grandes villes lors des dernières élections locales. Ne pensez-vous pas que cela constitue un signe prémonitoire d’échec du président pour la prochaine présidentielle ?
 
Je ne suis pas d’accord quand on dit que l’Apr a été désavoué. Je ne suis pas en phase avec ceux qui le disent. C’est pourquoi, je répondrais d’une manière qui ne va pas les arranger. Je suis d’accord quand ils disent que l’Apr a perdu des villes comme Dakar. Mais nous avons beaucoup plus de conseillers dans des villes comme Pikine. Nous avons aussi gagné des villes comme Kaolack, Saint-Louis et Guédiawaye. Aujourd’hui, pour faire une comparaison avec ce qui s’est passé en 2009, nous sommes très loin de ce qu’avait eu le président Abdoulaye Wade lors des élections de 2009. L’APR et ses alliés ont quelque part remporté la mise dans un nombre plus important de localités que l’opposition. Ce, même si nous avons perdu d’autres. Nous allons analyser ces résultats et nous préparer pour la réélection du président Macky Sall en 2017.
 
Mais en termes de démographie, on peut soutenir que vous avez perdu ces locales. Car qui gagne des grandes villes comme Dakar, Thiès, Ziguinchor, Diourbel, Bambey, Dagana et une localité confrérique comme Touba peut espérer remporter la prochaine présidentielle… 
 
Ce qui se passe, c’est que nous sommes dans des élections locales. Et, le plus souvent, c’est le candidat qui est apprécié au niveau de sa  localité. On ne peut donc pas faire le parallèle entre ce  scrutin et la présidentielle à venir. Nous sommes confiants que le président de la République est sur la bonne voie pour l’émergence du Sénégal. Et en 2017, les Sénégalais finiront par comprendre que le meilleur choix serait de reconduire le président de la République à la tête de ce pays. C’est vrai, nous avons quelques difficultés dans certaines villes religieuses mais il ne faudrait pas oublier que ce sont des élections locales. Pour ce qui concerne la présidentielle, c’est un homme qui a rendez-vous avec son peuple. Par contre, pour les élections locales,  ce sont les fils du terroir qui rivalisent entre eux et se mesurent les uns aux autres. De ce fait, on ne peut pas faire un lien entre les résultats des locales et la prochaine élection présidentielle. Je pense d’ailleurs qu’il faut ramener les choses à leurs justes proportions.  Car, encore une fois, l’APR a gagné globalement les dernières élections locales contrairement à la débandade de la Cap 21, la coalition des partis qui soutenaient le président Abdoulaye Wade, en 2009. Par rapport à ce qui s’est passé l’autre dimanche, c’est vrai qu’il y a des choses à régler. Mais, pour le moment, la page des élections locales est tournée. Ce qui reste, c’est le travail à  mener pour que le Président soir réélu en 2017. En tout cas, c’est notre combat et si nous nous y mettons, je pense que nous pourrons remporter la prochaine élection présidentielle.
 
Quelles sont les stratégies politiques que vous comptez déployer pour vous « réconcilier » avec le peuple qui vous a tourné le dos l’autre dimanche ?
 
Vous savez aussi bien que moi que les stratégies ne se dévoilent pas  à travers les ondes d’une radio ou dans la presse. Nous allons travailler, analyser nos résultats et prendre les décisions adéquates.
 
Le président  de la République avait promis de sanctionner tout responsable qui perdrait sa localité. Et il a commencé à le faire. N’avez-vous pas peur d’être sanctionné ?
 
Peur de quoi ? Je pense qu’il faudra qu’on comprenne le message du Président. Ce message a été tout bonnement amplifié. Le Président voulait tout simplement que tous les responsables mouillent le maillot et  ça a été le cas. La plupart des responsables ont mouillé le maillot  même si les choses se sont passées de la manière que l’on sait. En fait, même sans élections locales, le Président a la latitude de changer et de nommer qui il veut aux fonctions qu’il veut. Donc les nominations n’ont aucun lien avec de quelconques élections. Encore une fois, le président de la République a la latitude de nommer aux emplois civils et militaires. 
 
Vous avez perdu la commune de Mbao face à une forte coalition composée du PDS, de Rewmi et de Bokk Guis guiss. Qu’est-ce qui vous a, selon vous, fait perdre ses élections ?
 
 Il faudrait qu’on comprenne que nous sommes allés seuls aux élections avec la liste de Benno Bokk Yakaar. Nous ne sommes partis ni avec l’Afp, ni avec les autres composantes du Benno. Les résultats que nous avons obtenus, en tout cas de mon point de vue personnel, sont relativement satisfaisants. Parce que nous avions en face de nous une forte coalition composée du PDS, de Rewmi et de Bokk Guis guiss. Et nous sommes arrivés deuxièmes avec une différence de 110 voix par rapport au vainqueur. Nous savons tous aussi que la commune de Mbao a une particularité puisqu’elle est composée majoritairement de la communauté léboue qui a été en faveur de l’autre coalition. Laquelle avait aussi à sa tête des fils de Mbao. Et nous savons tous que des localités comme Mbao et Petit Mbao sont des greniers électoraux parce qu’ils ont une culture électorale. Alors, le nombre électoral est important là-bas en ce qui concerne les centres de vote. Ce n’est pas pour dire qu’on n’est pas satisfaits mais c’est pour dire que les autres ont tenu compte de la particularité de Mbao où le vote lébou a quand même un poids important. Et principalement là où nous avons perdu, c’est à dire dans les villages de Mbao et de Petit Mbao qui ont voté pour l’autre coalition. Il y a eu un vote ethnique basé sur la parenté. Nous prenons bonne note. L’essentiel, c’était de massifier l’Apr et depuis que le Président a pris fonction, le parti est entrain de se massifier. Cela dit, c’est assez pénible de voir qu’avec tout le travail que nous avons accompli, nous soyons battus par une coalition composée du PDS, de Rewmi et Bokk Guis guiss. Franchement, on n’imaginait pas que cette coalition allait remporter la partie. Il y a eu aussi l’arrivée du président Abdoulaye Wade à la veille du scrutin dans la commune de Mbao, ce qui a permis de remobiliser les militants du PDS qui étaient jusque-là indécis. Après la défaite, ce qu’il y a lieu de faire, c’est de se mettre au travail. Et nous allons dès dimanche prochain remobiliser les troupes pour aller à l’assaut de la présidentielle  de 2017 pour réélire le Président Macky Sall. 
 
Vous avez remplacé Abou Lo à la tête de l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (Artp) depuis quelques semaines. N’est-ce pas une lourde charge ? 
 
Je mesure l’importance de ce qui m’a été confié. C’est vrai que l’Artp est une structure très importante puisque le domaine des télécommunications est géré par elle. Mais je rends grâce à Allah et au président de la République de m’avoir fait confiance pour me porter à la tête de cette autorité de régulation. Je ferai de mon mieux pour que cette structure réponde aux normes souhaitées et puisse atteindre les objectifs que nous a assignés le président de la République dans le domaine des télécommunications et des postes. 
 
Etes-vous satisfaits de ce que vous avez trouvé au niveau de l’Artp ?
 
Je ne peux pas tout de suite faire un bilan. Mais nous sommes entrain de faire des diagnostics et l’état des lieux pour pouvoir  lancer des chantiers pour développer ce secteur.
 
Quelle sera votre stratégie pour faire avancer cette structure ?
 
Remobiliser tout le monde. Que tout le monde se mette dans la tête que nous avons des objectifs à atteindre. Ces objectifs qui nous sont fixés, nous devons les atteindre et, pour cela, nous devons nous mettre au travail. Le premier jalon que nous avons utilisé s’est de faire confiance à toutes les ressources humaines que nous avons trouvées là-bas, de les pousser à  partager notre vision. Et si nous réussissons cela, nous allons  pouvoir faire beaucoup de choses si Dieu le veut.
 
D’aucuns disent que vous êtes à la tête de cette structure parce que vous êtes un parent du Président. Que leur répondez-vous ? 
 
Je préfère ne pas répondre à cette question parce que beaucoup savent que je suis un homme de ce secteur là. Je suis un ingénieur des télécoms et je suis dans ce milieu depuis 18 ans. Donc, faire une corrélation entre mes relations avec le président de la République et ma compétence, c’est autre chose. C’est pourquoi, je préfère ne pas y répondre. Et quiconque connait le Président sait qu’il recherche plus l’efficacité que n’importe quelle autre chose.
 
PROPOS RECUEILLIS PAR BASSIROU DIENG (Stagiaire) 
Article paru dans « Le Témoin » N° 1172 –Hebdomadaire Sénégalais (JUILLET 2014)


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