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INTERVIEW

Grande Interview de la semaine: Mahamat Hangata demande aux Tchadiens d’aimer les œuvres mad in Chad


Alwihda Info | Par PAR NABIA YOUKOU DECKO - 12 Novembre 2014 modifié le 12 Novembre 2014 - 13:47

Jeune innovateur, créateur confirmé, Mahamat Hangata, ingénieur en design industriel de formation s’exprime sur ses œuvres. Dans cette interview accordée à votre journal, le diplômé de l’Université de Bradford en Royaume uni évoque à cœur ouvert plusieurs sujets liés à ses créations, avant d’interpeller l’État à encourager les jeunes chercheurs afin d’approfondir leurs innovations. Interview


alwihda photi
alwihda photi
Alwihda: Si l’on vous demande, qui est Mahamat Hangata ?

Permettez-moi, de remercier votre journal pour l’intérêt que vous  portez à ma modeste personne. Je vous encourage à persévérer dans cette voie, car dans ce pays, il n’y a des jeunes innovateurs dotés de créativité, mais qui ne trouvent pas un espace d’expression afin de rendre visible leurs œuvres.
Répondant à votre question…hum… naturellement, il n’est pas sage de parler de soi. L’objectivité en veut que d’autres personnes qui en fassent. Mais comme la question est posée, j’y répondrais sans embauche.  Je m’appelle Mahamat Hangata. Né à Faya, je suis dans la trentaine et plus. Mes parents qui ont habité le quartier Klemate, m’ont inscrit à l’école publique « Chouada ». Dans cet établissement, j’ai fais mes études primaires avant d’aller suivre mes études secondaires au Lycée de la Liberté, jusqu’à l’obtention de mon baccalauréat série D en 1999 à N’Djamena.
Après avoir décroché mon bac, quelques années plus tard, j’ai bénéficié de la générosité de mes parents qui ont décidé que puisse continuer  avec mes études supérieures. C’est ainsi que, j’étais allé m’inscrire à l’Université de Bradford, en Grande Bretagne (Angleterre) où, je suis nanti, d’un master en Industrial Design Engineering. Parallèlement à mon master, j’ai aussi une Licence en conception Industrielle, un diplôme en Architecture, en Texte Production Skills New, toujours à l’Université de Bradford en Royaume Uni.           
Du point de vue formation professionnelle, je suis détenteur d’une formation spécialisée en « Communication et gestion de conflit »,   « Rôle et la responsabilité sécurité », formation en électronique. Toutes ces formations, j’ai les suivies à l’Université de Bradford au Royaume Uni. Du point de vue invention, j’ai à mon actif, quatre inventions. J’ai réalisé la fabrication de fourchette avec cure dents, Veste lumineuse ou panneau solaire, Hangata Riyada, poubelle Moderne pour la ville de N’Djamena, chaise roulante pour les malades et femmes enceinte et enfin, kiosque mobile pour les sociétés de téléphonie mobile. Voilà de façon ramasser, ce que je suis, pour reprendre l’expression de votre question.      
 
Après avoir fini vos études, vous vous êtes engagé dans la création des produits finis à travers la fabrication des chaises électroniques et autres. Pouvez-vous être explicite sur vos œuvres ?

Naturellement, tout étudiant, après avoir fini son cursus universitaire va chercher à s’insérer sur le marché de l’emploi. Quelques rares, vont préférer se lancer dans l’entreprenariat.  Je peux dire que, je suis dans le dernier lot. Entreprendre dans ma vie, est le rêve que j’ai tant aimé, depuis mon l’enfance. En effet, être le boulanger de ma vie, c’est quelque chose, que j’ai admiré.
Dans cet élan entrepreneurial, j’ai opté inventé plusieurs designs, après avoir fin avec mes études supérieures. De ce faits, j’ai eu l’ingéniosité de créer des chaises roulantes ; de fabriquer des poubelles pour la ville de N’Djamena etc.…
Parlant de l’invention des poubelles modernes conçue sous la houlette de la Société de Technologie Moderne, l’idée m’est arrivée, à l’issue d’une simple observation. Vous savez, presque dans toute la ville de N’Djamena en particulier et le Tchad en général, les ordures ménagères sont constituées, en grande partie de la terre. Ces plastiques peuvent être facilement volées pour être utilisées comme des récipients destinés à stocker des vêtements, de l’eau. En outre, ces poubelles coutent cher et peuvent se dégrader plus facilement. Mesurant à juste titre cet aspect, j’ai décidé d’apporter une valeur ajoutée en créant des poubelles métalliques modernes, qui pèsent 3kg. Les caractéristiques techniques de ces poubelles sont constituées en feuilles métalliques de .5 ou 2mm. La dimension de ces poubelles made in Chad est de 100 fois 70 fois 50cm, et est composée de trois pièces métalliques détachables en trois parties. N’oublions pas que ces poubelles résistent à la pluie. Il faut aussi préciser qu’elles sont destinées aux différentes mairies de N’Djamena pour être placées le long des principales artères, dans les places publiques et privées du capital.
Il faut souligner que la particularité de ces poubelles est  le fait qu’une place est réservée pour la publicité des grandes entreprises commerciales installées au Tchad, ce qui est une source de revenues supplémentaire pour la mairie de N’Djamena. Cette nouvelle source de revenue pourrait permettre à la municipalité de payer les personnes affectées au ramassage des ordures déposées dans des poubelles.
 
A quoi servent ces chaises électroniques? 

Merci pour la question. Là, vous me poser à expliquer le déclencheur qui m’avait poussé à créer des chaises roulantes. Tout est parti d’une anecdote, en réalité. Il s’agit concrètement d’une situation grave que j’ai vécues à l’hôpital de Référence Générale, qui m’ont ébranlé et marqué toute ma vie. J’avais accompagné un cousin accidenté avec une fracture au crane et qui devrait passer une radiographie. Nous avions attendu 45mn simplement, parce qu’il n’y avait pas assez des chaises roulantes pour le transporter, car plusieurs patients étaient venus avant nous et qu’il fallait se mettre au rang. Ces centres hospitaliers souffrent d’un manque criant des matériels indiqués pour faciliter la tâche à certains malades qui se trouvent dans l’incapacité totale de se déplacer. Il s’agit entre autres des femmes en grossesse, des personnes fracturées suite à des accidents, des patients dans des états comatiques etc. cette situation malheureuse a engendré plusieurs pertes en vie humaine et causée des désagréments à des nombreuses familles. Toujours, pour alléger la tâche à mes concitoyens, j’ai jugé à juste titre utile de créer des chaises roulantes, qui jouent un multidimensionnelles. Ces chaises roulantes qu’on a habitude de voir  dans les hôpitaux  et qui servent à transporter les patients qui ne peuvent pas se déplacer seul. N’oublions que ces chaises sont fabriquées à base des matériaux locaux.            
 
Vous avez crée des effets mobiles pour les commerçants ambulants. Que c’est qui justifie vos motivations ?

La création des kiosques mobiles est ma troisième invention. A travers cette invention, j’ai voulu aider les commerçants ambulants en leur allégeant la tâche. Les kiosques mobiles, en réalité servent à aider les marchands ambulants à vendre les articles sans sentir le poids et la fatigue du trajet qu’ils font toute la journée à travers la ville de N’Djamena. Cette invention permet aux distributeurs d’écouler sans trop de difficultés leurs produits.
Dans le cadre de lutte contre l’obésité, du diabète et autres maladies  non transmissible, j’ai voulu aider mes frères Tchadiens en mettant sur pied un appareil dénommée « Hanga Riyada ». Cet outil est un appareil comme on utilise pour le fitness dans les salles de sport et de gymnastique.
 
Monsieur Mahamat Hangata, dites-nous comment vous êtes parvenu à mettre en œuvre toutes ces créativités ?

En réalité, tous ces constats et remarques qui ont engendré en moi l’idée de concevoir ses outils indispensables pour mes concitoyens. C’est dans le souci d’apporter des solutions durables à cette situation peu enviable, que j’ai conçu ces chaises, bac à poubelles et kiosques. Ces inventions sont fabriquées à partir des métaux adaptés et des objets de récupération et à moindre coût. Tous sont repensés pour être fiables, durables et singuliers en leur genre.
   
Et aussi, en termes de coût ?

Pouvoir, c’est vouloir, dit un adage. L’idée de servir et d’aider mes frères Tchadiens a primé sur mon intérêt personnel. Animé par cette tendance altruiste, j’ai fais de mon cœur un fer pour pouvoir me lancer dans cette invention sur mes propres fonds, et sans aucune aide. Les inventions sont là, nous allons nous rapprocher auprès des autorités pour signer un partenariat.  Nous pensons que, les communes seront aussi intéressées par nos inventions. 
 
Parlant des vos innovations, quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?

Vous savez, dans toute recherche, les difficultés ne manquent pas.  Vous ne pouvez pas effectuer une rechercher coulante. La plus grande difficulté que les innovateurs Tchadiens remarquent au Tchad, c’est la dévalorisation de leurs œuvres. Comme on le dit que nul n’est prophète chez soi, nous avons de la peine à se faire confirmer pour nos siens. Car les Tchadiens n’aiment pas les produits fabriqués par leurs compatriotes. Cet état de fait, n’encourage pas les innovateurs Tchadiens. Deuxièmement, la disponibilité en matériaux fait cruellement défaut. C’est pourquoi, il est préférable que l’État subventionne certains produits de construction, surtout les matériaux. Cette subvention constituera une bouffée d’oxygène pour beaucoup des innovateurs Tchadiens, notamment les ingénieurs.    
 
Monsieur Hangata, votre dernier mot ?

Je souhaite que l’État puisse encourager  les créativités qui émergent dans le pays. Je demande à l’État d’encourager les jeunes créateurs et qu’il valorise leurs œuvres. A l’exemple des jeunes Américains qui innovent, j’encourage les jeunes Tchadiens aussi à innover et à approfondir leur recherche.
 


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