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INTERVIEW

Interview croisée de Viviane et Baba Hamdy


Alwihda Info | Par Le Témoin - 3 Novembre 2014 modifié le 3 Novembre 2014 - 07:31


Viviane et Baba Hamdy, c’est, sans conteste, le couple le plus glamour du show biz sénégalais. Sans doute aussi le plus épié à l’heure actuelle. La collaboration des deux suscite toutes sortes de bruits et rumeurs. Mais ils n’ont jamais voulu répondre aux supputations, préférant se concentrer et se consacrer à leurs tâches urgentes. « Le Témoin » a rencontré en exclusivité pour échanger sur cette collaboration qui fait tant jaser et sur la vraie nature de leur relation.
Viviane « j’ai suffisamment d’atouts pour relever tous les défis »
Vous venez de sortir votre premier album sous le label « Mille Mélodies » Qu’est- ce qui a changé ?
Viviane -Pas beaucoup de choses ! Il faut retenir que j’ai quand même un vécu dans ce milieu de la musique. Avoir fréquenté YoussouNdour et le Super Etoile durant plus d’une décennie est assez révélateur et formateur. Il est vrai que j’ai pu acquérir une bonne base, depuis ce temps. Ajoutez à cela le fait que j’ai fourbi mes armes à Saly au sein des groupes de variétés avant que Michael Soumah ne me repère. Tout cela pour dire que j’ai suffisamment d’atouts en main pour relever tous les défis. Je ne suis pas une novice et le fait de travailler avec un nouveau label n’en est que plus motivant pour moi. Entre Baba et moi, c’est juste une nouvelle étape et un challenge que nous voulons gagnant-gagnant à tous les coups.
Concrètement, comment s’est passée cette collaboration ? Autrement dit, pouvez- vous revenir sur l’élaboration de cet album ?
Cela s’est fait de manière très détendue dans une atmosphère joyeuse et sans aucun stress. Comme j’ai eu à le dire, le jour du lancement de l’album, c’est un travail d’équipe et je remercie vivement Baba Hamdy, le patron du label, mais aussi mes musiciens du Jolof Band et tous ceux qui ont participé à la réalisation de cet album. Les résultats ont été à la hauteur de l’attente et je pense que ce produit sera très bien accueilli et consommé par le public.
Les textes ont été écrits et mis en musique par votre producteur. Quel a été votre apport personnel ?
Même si je ne suis pas auteur, j’ai mes idées que je défends. C’est un travail collégial et tout s’est fait dans une parfaite entente et dans un bel esprit. Je ne peux pas faire tout ce temps dans la musique sans avoir mon mot à dire. C’est ainsi que vous remarquerez que j’ai abordé de vrais thèmes de société. J’ai incité les jeunes à se consacrer aux études. J’ai donné des conseils aux jeunes filles et j’ai parlé de la situation difficile du pays sans oublier de lancer des appels à plus de gaieté et de joie. J’ai remarqué que les gens sont stressés et c’est pourquoi je leur demande de sourire et ne pas se laisser abattre. C’est ce qui explique le titre donné à l’album « Rétaane» (Sourire ndlr) C’est vrai que l’amour est important mais on ne peut toujours se contenter de le clamer dans toutes nos chansons.
Comment avez-vous travaillé alors ?
Je pense que j’ai déjà dit que tout se passait de manière collégiale et dans une ambiance joyeuse.En réalité, il n’y avait pas de quoi se mettre la pression.
Avez-vous toujours travaillé de la sorte avec vos producteurs ?
Je n’ai plus rien à prouver dans la musique et ce n’est pas mon premier produit. Ce qui signifie que cela n’avait rien d’extraordinaire. C’est juste une nouvelle expérience que je souhaite fructueuse.
Comment êtes-vous sortie de cette collaboration ? Que ressentez-vous après tant de travail intense ?
Une belle ambiance ! Baba est très rigoureux et on s’est comportés en grands professionnels. Et cela n’a pas été de tout repos. On ne peut pas sortir intacts d’une telle expérience. Il est tatillon et perfectionniste et cela peut entrainer parfois quelques frictions et des désaccords. Mais tout cela est normal dans une situation de cette nature. Cela se passe ainsi dans tous tous les studios du monde.
De cette complicité, les gens supputent que des liens se sont tissés entre vous et votre producteur. Vous confirmez ?
Je n’ai jamais parlé de ma vie privée et ce n’est pas aujourd’hui que cela va commencer.
Qu’en est-il de votre parcours àl’international ?
En ma qualité d’artiste, je ne saurais jamais cracher sur une collaboration au niveau international. Dans ce milieu, on prêche souvent le faux pour connaitre le vrai. Moi, je me suis toujours concentrée sur le volet international de ma carrière. C’est une autre manière de faire. Une autre vison et les choses vont prendre le temps qu’il faut. Je me concentre sur la promotion de mon nouvel album. C’est ma priorité pour l’instant.

Baba Hamdy
« Viviane est une icône, elle est ma priorité, pour l’instant »

Vous avez mis en place un procédé pour contourner la piraterie. Mais vous ne risquez pas de perdre des clients ? Tout le monde ne maitrise pas les Ntic…
Il s’agit d’une vraie révolution et d’une innovation de taille que le public gagnerait à soutenir. De nos jours, la musique rencontre d’énormes difficultés partout à travers le monde et particulièrement en Afrique. Cette crise profonde et avérée a considérablement plombé les ventes de CD et de tous les produits dérivés. Sous nos cieux, nous avions longtemps choisi la facilité en essayant de copier avec plus ou moins de bonheur tout ce qui se faisait aux USA, en Europe, en Chine ou encore au Japon etc.
C’est donc à partir de ce postulat et en usant de mes nombreuses casquettes de musicien, compositeur, arrangeur et patron de label que j’ai décidé d’apporter ma pierre à l’édifice. Ayant bien cerné les difficultés rencontrées par les Africains pour accéder à la musique et à tous ces produits dérivés, j’ai créé une application téléphonique révolutionnaire à plus d’un titre. Ce n’est pas une idée de plus, mais bien une application conforme accessible et adaptable à la réalité africaine, mondiale et surtout sénégalaise. Cette simple « strongapplication » peut facilement aider à booster et faire progresser très rapidement les ventes de chansons, d’images et de vidéos de tous les artistes. Peu importe l’endroit où se trouvera l’usager au Sénégal, en Afrique et dans le monde, il nous sera possible de lui faire parvenir, les morceaux, la vidéo. Et, cerise sur le gâteau, quelques photos et vidéos du Making off (étapes de création et de confection ndlr) d’un album par l’envoi d’un simple message téléphonique. Ce qui signifie que l’acheteur n’aura même pas besoin de disposer d’une connexion Internet. Cette innovation vise à contourner l’écueil de la carte bancaire car elle peut bien se faire sans ce sésame. Il faut dire qu’aujourd’hui, les plateformes de téléchargements arrangent beaucoup plus l'Europe et l’Amérique. Et si on pousse la réflexion, on se rend compte que tout le monde ne dispose pas de carte bancaire dans le monde à plus forte raison en Afrique, particulièrement au Sénégal et dans la diaspora. Cette trouvaille va considérablement améliorer notre niveau de vie. Il suffit d’imaginer que l’on puisse vous transférer l’album de Viviane, ThioneSeck ou YoussouNdourou même Beyonce, comme on le fait tous les jours par le biais de « Wari » ou Seddo et autres systèmes de transfert d’argent et de crédit téléphonique. A première vue, cela peut paraitre bizarre mais il s’agit bien d’une manière originale et hardie d’éviter la piraterie. Et aussi de contrôler chaque vente par le canal d’un simple appareil téléphonique. Il est évident que, de nos jours, la plupart des personnes disposent d’un numéro de téléphone et cela partout à travers le monde. Comme vous pouvez le constater, il n’est pas nécessaire de maitriser les Tics pour disposer de cette belle opportunité. Cela permet aussi de lutter contre la piraterie car les sons et images ne sont pas transférables.
Travailler avec Viviane, est-ce un challenge ?
Pas du tout. C’est juste une expérience de plus car il ne faut pas oublier que j’ai eu à travailler avec de nombreux artistes d’ici et d’ailleurs. Je citerai dans ce lot Sean Paul qui est une référence mondiale. Au niveau local, je ne vous ferai pas l’injure de citer les artistes avec lesquels j’ai eu à collaborer et qui sont connus de tous.
Elle a toujours travaillé avec son ex- mari et tous ses albums ont été des succès. A partir de ce moment, la tâche ne vous apparaissait pas difficile ?
Comme je l’ai dit tantôt, j’ai aussi acquis une certaine expérience et cela est indéniable. Viviane est un talent reconnu et notre collaboration constitue en soi une jonction de deux profils intéressants. Il n’ya rien à prouver ou encore moins de challenge à relever. C’est juste une collaboration franche et sincère entre deux grands artistes. Nous avons combiné nos forces pour sortir ce produit. Mais, comme je l’ai dit tantôt, Viviane est ma priorité pour l’instant, même si j’ai dans mon portefeuille d’autres artistes que je compte produire dans un avenir assez proche.
Avez-vous jamais douté ?
Encore une fois, ce n’est pas un challenge et j’ai déjà travaillé avec beaucoup de grands artistes. C’est juste une nouvelle avancée dans mon travail. Il est vrai que Viviane n’est pas n’importe qui dans ce milieu et que c’est très intéressant de travailler avec elle. Mais encore une fois, je suis un producteur à la recherche d’un bon produit et la collaboration n’en sera que plus bénéfique si je travaille avec une icône de sa trempe.
Dans quelles conditions s’est déroulé le travail ?
Il faut fréquenter les studios pour savoir que rien ne se fait dans la facilité. Il faut travailler dur durant des jours et nuits avant d’en arriver à un résultat plus ou moins probant. On n’est jamais satisfaits et cela peut se ressentir quelquefois au niveau des nerfs et c’est tout à fait normal. Mais cela reste toujours dans le cadre du travail. Comme nous avons tous le même objectif, nous finissons toujours par nous retrouver autour de l’essentiel.
Qu’est-ce que vous avez fait de plus par rapport aux autres opus de Viviane ?
Vous conviendrez avec moi que la bienséance ne voudrait pas que je me permette de répondre à cette question. Je ne peux pas cracher sur ce qu’elle a déjà fait. Il s’agit juste de réunir nos efforts pour obtenir un résultat satisfaisant. C’est ma seule ambition et rien d’autre.
Quid d’une promotion que l’on ne sent pas ?
C’est vrai que, depuis la sortie de l’album, nous avions beaucoup de contrats à honorer. Aussitôt après l’enregistrement, nous avions effectué une tournée européenne. A notre retour, on a embrayé sur la Gambie et des prestations ponctuelles à Dakar. Ce qui nous a quand même pénalisés et nous avions pris du retard. Comme nous ne voulons pas faire les choses à moitié,nous avons mûrement réfléchi à une bonne stratégie à mettre en place.
Cependant, la campagne médiatique va annoncer les différentes sorties de l’artiste pour la promotion. Nous procéderons, bientôt, à une cérémonie de dédicaces. Avant cela, une campagne d’affichage sera déployée à travers toute la ville. Il y aura aussi des sorties et des spectacles.
Il se raconte beaucoup de choses sur votre couple, qu’en dites-vous ?
Je travaille et je n’ai pas de temps à consacrer à ce genre de détails. Je ne commente jamais tout ce qui se dit sur moi. Je n’ai que mon travail et je m’y consacre entièrement. Cela ne me laisse pas le temps de m’intéresser à des rumeurs. Je n’en dirai pas plus et je suis désolé que dans ce pays les gens aiment radoter.
Propos recueillis par Fadel LO
Eclairage
Ces couples et duos célèbres qui ont marqué la musique sénégalaise
Baba Hamdy et Viviane ne sont pas les premiers à ouvrir cette forme de collaboration poussée entre hommes et femmes au Sénégal. Fatou Talla Ndiaye et feu Laye Mboup ont longtemps partagé le micro. La même Fatou Talla Ndiaye a eu à intégrer le Super Diamono aux côtés de son alors nouveau mari,Omar Pène, au milieu des années quatre-vingt. Elle reprenait souvent avec le leader du Super Diamono le titre fétiche de Kiné Lam« Mame Bamba ».Abdoulaye Bamba Seck et sa femme Fatou Kiné Mbaye,les parents de CoumbaGawlo, ont souvent partagé le même micro et leur titre fétiche dédié à Mame Bamba a fini par charmer tous les mélomanes au milieu des années 90. Ouza Diallo qui a souvent travaillé avec des femmes a partagé le micro et la scène avec sa femme Coumba Sidibé qui est aussi la mère d’Adjouza. Feu SoundioulouCissokho a fait le tour du monde avec sa femmeMahawa Kouyaté à ses cotés. Même s’il a cessé de jouer du tamtam depuis belle lurette, le tambour major Mame LessThioune a vécu avec Ndéye Mbaye « Djine ma Djinema » avant de convoler avec Daro Mbaye qu’il soutient beaucoup dans sa carrière. Ndiouga Dieng a aussi eu à travailler avec Ndèye Mbaye DjinemaDjienema qui a eu à lui assurer des chœurs. Le parolier BirameNdeck Ndiaye a écrit presque toutes les chansons de son ex-femme Adja Sy qui est actuellement à la tête de la Place du Souvenir. A Thiès, le couple composé de Djally Bou NioulAblayeSeck et FatouMbaye a connu son heure de gloire. Ce qui lui avait permis d’être repéré et produit par YoussouNdourhimself.Viviane a beaucoup travaillé avec Boubacar Ndour avant leur rupture. Ils ont même continué un instant avant de se tourner vers Baba Hamdy. Cheikh Tidiane Tall a beaucoup travaillé avec les femmes mais son duo avec Kiné Lam (avec qui il n’était pas marié) a été des plus aboutis. Ensemble ils ont sillonné le monde et commis de nombreux albums au sein du groupe « Kaggou ».
Il y a eu aussi la diva FatouGuewel et son ex-mari MbayeGuèye « Petit Là » et aussi FatouGuewel et MapendaSeck. Ami Collé Dieng a longtemps cheminé avec son ex –mari, le danseur NdiawSamb, avant leur rupture. Comme il est loisible de le constater, Baba et Viviane ne constituent pas une exception. Sur le plan international, on peut citer des exemples comme Ike and Tina Turner, Johnny Halliday et Sylvie Vartan, Stone et Charden ou encore Bob et Rita Marley…
Fadel LO
« Le Témoin » quotidien sénégalais ( novembre 2014)




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