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INTERVIEW

Jean Marc Afesi Mbafor: « Notre bilan est positif »


Alwihda Info | Par - 8 Octobre 2015 modifié le 11 Octobre 2015 - 16:20

Une assemblée générale extraordinaire organisée le 19 septembre 2015 avait décidé d’exclure de son poste, le président national du Conseil National de la Jeunesse du Cameroun (CNJC), Jean Marc Afesi Mbafor. Alors que cette réunion avait été considérée comme illégale par le ministère de Jeunesse et de l’Education civique, par conséquent, ses conclusions ont été déclarées nulles et de nul effet par la tutelle. Ainsi donc, l’actuel président national garde son fauteuil. Dans un entretien exclusif, il déroule le bilan de son action au cours du mandat qui s’achève en décembre prochain. Lecture !


"Je suis encore en plein dans mon mandat au CNJC".
"Je suis encore en plein dans mon mandat au CNJC".
Monsieur le président du Conseil National de la Jeunesse du Cameroun, le 19 septembre dernier, une assemblée générale extraordinaire, à laquelle ont pourtant participé deux cadres du ministère de la Jeunesse et de l’Education physique, vous suspendait de votre poste. Quelques semaines après, quel commentaire faites-vous par rapport à cette crise qui a secoué le CNJC ?
Premièrement, ce n'était pas une assemblée générale, parce que les dispositions des statuts et règlement intérieur, qui définissent une assemble générale, sont claires, tant sur la configuration de l'assemblée, que sur la personne habilitée à la convoquer. De l’initiative et de la convocation de l’assemblée générale extraordinaire, le quorum des 2/3 des membres pouvant initier l’assemblée générale extraordinaire, conformément à l’article 13 alinéa 2 des statuts, soit 42 sur 63 membres, n’a pas été atteint. Par ailleurs, il y a eu non respect de la forme (vice de forme) de la convocation sur la personne devant approuver l’initiative de convocation de l’assemblée générale extraordinaire, conformément à l’article 16 alinéa 2 du règlement intérieur, et usurpation du titre de la personne habilitée à convoquer ladite assemblée. S’agissant de l’organisation des travaux, il faut remarquer le non respect des affaires à traiter en assemblée générale extraordinaire, tel que stipulé dans la demande de convocation, conformément à l’article 16 alinéa 1 du règlement intérieur. Compte tenu de ce qui précède, mon commentaire est simple : c'était une réunion, et une réunion n'est pas habilitée à statuer sur quoi que ce soit, concernant la vie du Conseil National de la Jeunesse, encore moins l'exclusion d'un membre. Même si moi-même j'étais d'accord pour mon exclusion à cette réunion, elle ne peut pas être validée.

Il y a des membres du bureau du CNJC qui ont déclaré que vous ne souhaitiez pas la tenue d’une assemblée générale. Qu’en dites-vous à ce sujet ?
Je ne me suis jamais opposé à la tenue d'une assemble générale. Tout au contraire, je l’attends, puisque ce sera pour moi, une occasion de présenter mon bilan et celui de mon bureau dont nous sommes tous fiers. L'une des preuves, c'est que je suis allé assister et participer aux travaux de la réunion que vous venez d’évoquer. Que dites-vous au sujet des accusations portées sur vous sur la mauvaise gestion d’une subvention allouée au CNJC ? Il faut être clair, nous avons reçu une subvention de 30 millions de FCFA du ministère de la Jeunesse et de l’Education physique, et cela une seule fois. Et je suis étonné que pour une somme aussi minime, pour gérer tout le CNJC au plan national, dans les 10 régions 58 département et 366 communes, on passe le temps à épiloguer, au lieu de réfléchir sur les actions à mener pour convaincre l'Etat à augmenter notre subvention. En ce qui concerne l'utilisation de cette enveloppe, en 20 mois de mandat déjà, vous avez un nouveau siège dont il faut assurer le loyer ainsi que d’autres charges. Nous avons doté chacun de nos 10 bureaux régionaux et de nos 58 bureaux départementaux, des ordinateurs complets et imprimantes multifonctionnelles. Nous menons des actions sur le terrain qui ont un coût. Je me demande si en 20 mois, tout cela coûte seulement 30 millions de FCFA dont on parle beaucoup.

A présent, quel est l’état des relations avec votre tutelle, au moment où vous êtes rétabli dans vos fonctions ?
Ma relation avec la tutelle, le MINJEC, est professionnelle et cordiale. Et jusqu'ici, je ne me plains pas de ma relation avec mes présidents régionaux. Nous avons certes des divergences d'opinion et d’approche qui relèvent du travail, et cela est normal de mon point de vue.

Quel est le bilan que vous pouvez faire de votre mandat à la tête du CNJC qui s’achève dans quelques mois ?
Je pense que les actions que nous avons menées jusqu'ici parlent d’elles-mêmes. Etant donné les grosses contraintes budgétaires, nous pensons que notre bilan est plus que positif. Nous entrons dans la phase deux de nos actions, avec la signature tout récemment avec le ministère de l’Economie, d’un cadre de collaboration sur le programme les Académies de l'Emergence. C’est un partenariat qui va s'étendre sur cinq ans. Nous avons entrepris d’autres actions : la signature d’une convention de collaboration avec le Réseau des parlementaires « Espérance Jeunesse», pour la promotion des politiques et actions en direction de la jeunesse ; la signature de la convention de collaboration avec la Jeune Chambre Internationale, branche du Cameroun, dans le but de l’échange des expériences et des compétences ; la mise sur pied du «Programme d’urgence de réarmement moral des élèves du primaire et du secondaire », dans les établissements scolaires. Ce programme vise à restaurer l’école dans son rôle dispensateur du savoir, et de lutter contre l’indiscipline et les comportements déviants sous toutes ses formes. Il faut garantir aux élèves du primaire et du secondaire, une éducation de qualité, propice au développement de leur personnalité et de leur intégration sociale. Il est à noter que ce programme entre cette année dans sa deuxième phase, avec des résultats probants. D’autres cadres de collaboration ont été établis avec l’Institut Professionnel d’Excellence des Nouvelles Technologies, structure agréée auprès du ministère de l’Emploi et de la Formation, le Groupe Jeunesse du système des Nations unies au Cameroun, le comité de pilotage du Programme PEA-Jeunes. Enfin, la création des Académies de l’Emergence a pour but de favoriser la promotion et l’appropriation par les jeunes, de tous les instruments de politique gouvernementale, liés à la vision « Cameroun pays émergent à l’horizon 2035 », dont le ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, a bien voulu apporter sa caution technique, administrative et surtout, son concours financier à la réalisation de la première phase de son lancement. Globalement, c'est un bilan positif pour nous.

Quelles sont donc les grandes lignes de la convention que votre institution vient de signer avec le ministère de l’Economie ?
C'est un cadre de collaboration d'un programme baptisé " Les Académies de l'Emergence". D’un montant de 250 millions de FCFA, la convention consiste en l’organisation délocalisée des fora socio-économiques et professionnels pour les jeunes, sur la stratégie de croissance et d’emploi, afin de favoriser l’appropriation par les jeunes, des initiatives gouvernementales. En plus, il y a l’organisation des fora sur les opportunités de formation, d’emplois et d’affaires, qu’offrent les chantiers des « Grandes réalisations », dans l’optique de présenter à la jeunesse camerounaise, toutes les opportunités de formation, d’emplois et d’affaires que leur offrent les projets structurants au Cameroun. Au niveau des huit universités d’Etat, il est prévu l’organisation des conférences sur les thèmes liés au concept de l’émergence. Cette activité vise à informer et sensibiliser les étudiants et élèves des grandes Ecoles, sur le rôle d’acteur de premier plan qu’ils doivent jouer. Dans la mise en œuvre de la stratégie de croissance et d’emploi, cette action doit faire de l’université, non seulement le levier et le levain de l’émergence du Cameroun à l’horizon 2035, mais aussi de mieux orienter académiquement, le choix des études en conformité avec les exigences des métiers de l’émergence. Enfin, le projet concerne l’organisation des tripartites, formateur-formé-employeur, aux niveaux local, régional, et national en vue d’obtenir les meilleurs packages pour les jeunes en formation. Ceci en fonction des demandes de l’employeur, et des opportunités dans l’environnement local du jeune, avec pour but de favoriser la croissance ciblée de l’emploi des jeunes.

Il y a en a qui pensent que vous êtes imbu de vous-même et que vous manquez de considération pour le reste de votre équipe au sein du bureau du CNJC. Qu’en dites-vous à ce sujet ?
Chacun est libre de donner son opinion en ce qui concerne ma personne. Il y a en a qui ont pensé que j’étais trop ouvert et trop bon, pendant que d’autres personnes estiment que je suis un peu idiot. En ce qui concerne ma propre entreprise, je vais tout simplement vous demander de requérir le point de vue de mes collaborateurs que j'ai laissés en entreprise, pour servir le conseil, quasiment à plein temps.

Les prochaines élections dans les instances du CNJC ont lieu à la fin de cette année. Envisagez-vous rempiler comme président national ?
Je suis encore en plein dans mon mandat au CNJC, et pour le moment, cela constitue mon focus. Après le CNJC, on verra ce que la vie me propose comme autre option.


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