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À N'Djamena, ils vivent dans des relations pour la plupart mais rare s'engagent dans le mariage

À N'Djamena, le coût de la vie et le manque d'emplois stables poussent les jeunes à repousser le mariage, préférant des relations informelles.

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À N'Djamena, ils vivent dans des relations pour la plupart mais rare s'engagent dans le mariage

Par Temandang Gontran

À N'Djamena, de nombreux jeunes vivent en couple sans s'engager dans le mariage. Le coût de la vie élevé et le manque d'emplois stables les poussent à repousser cette étape. Entre le loyer, la ration quotidienne et les charges familiales, fonder un foyer est devenu un véritable parcours du combattant.

Calculer le coût de la vie à N'Djamena suffit souvent à décourager les jeunes et à retarder leur accession à l'autonomie. Rodolphe le résume bien : « La location d'une chambre-salon coûte entre 45 000 et 50 000 francs, alors que par mois, il est difficile d'avoir même la moitié de cette somme. »

Faute de perspectives, la majorité des jeunes attendent d'obtenir un emploi mieux rémunéré avant de s'engager. Pourtant, ceux qui se débrouillent dans le secteur informel peinent bien souvent à percevoir le Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG).

Le piège de la charge familiale

Au Tchad, les attentes de la société pèsent lourdement sur les épaules des diplômés. La famille compte sur ses enfants pour prendre la relève financière et s'occuper de la scolarité des cadets, d'autant plus que c'est souvent elle qui a financé leurs études.

À leur retour, ces jeunes sont perçus comme des successeurs désignés en matière de charges, alors même qu'ils se heurtent à d'immenses difficultés pour accéder à un emploi digne de ce nom. « Je me disais qu'après ma licence, je me marierais, mais depuis lors, il n'y a pas de prétendant sérieux », confie une jeune diplômée d'une trentaine d'années.

Un budget de mariage exorbitant

Du côté des jeunes hommes, s'installer en couple exige des moyens conséquents. « La location coûte 50 000 francs CFA, la ration quotidienne demande entre 2 500 et 4 000 francs par jour, sans compter la santé, les petits besoins et la dot. Cela fait un montant exorbitant ; sans un bon travail, ce n'est pas facile », témoigne Djorwé, un jeune diplômé sans emploi.

Face à cette réalité implacable, beaucoup de jeunes préfèrent mener une vie de célibataire. Nombre d'entre eux optent pour des relations informelles, tout en refusant de les officialiser par le mariage, en raison directe de la cherté de la vie.