Tchad : la jeunesse face au défi de la coexistence pacifique
Depuis l'indépendance du Tchad, la jeunesse semble parfois reculer en matière de tolérance. Comment renouer avec l'esprit de coexistence pacifique de nos ancêtres ?
Par Idriss Abdelkerim
Depuis l’indépendance du Tchad en 1960, la société tchadienne a connu de profondes transformations. Pourtant, une question demeure préoccupante : pourquoi certaines mentalités de la jeunesse semblent-elles parfois reculer au lieu d’avancer ?
Nos ancêtres, malgré leurs différences d’origines, de communautés et de cultures, avaient développé des mécanismes de coexistence, de solidarité et de respect mutuel. Dans de nombreuses communautés, le dialogue, le voisinage et l’entraide occupaient une place importante dans la vie quotidienne.
Mais aujourd’hui, certaines divisions, le rejet de l’autre, les préjugés et parfois le racisme prennent de plus en plus de place dans les discours et les comportements. Les réseaux sociaux, notamment, peuvent amplifier les tensions, les insultes et les discours de haine lorsqu’ils sont utilisés sans responsabilité.
Après 1960, pourquoi certaines mentalités de nos jeunes semblent-elles retourner en arrière, vers le mal, alors que le monde devrait nous conduire vers davantage de tolérance et de fraternité ? La question mérite d’être posée à la jeunesse, mais aussi aux familles, aux éducateurs, aux responsables religieux, aux autorités et à l’ensemble de la société.
L’indépendance ne doit pas seulement être considérée comme une libération politique : elle doit également être accompagnée d’une évolution des mentalités.
Le Tchad est une terre de diversité. Cette diversité ne devrait pas être une source de haine ou de division, mais plutôt une richesse à préserver. Retrouver l’esprit de coexistence pacifique de nos ancêtres ne signifie pas revenir en arrière ; c’est au contraire renouer avec les valeurs de respect, de solidarité et de vivre-ensemble qui peuvent construire un avenir meilleur.
Aujourd’hui, le véritable défi est donc de transmettre aux jeunes générations une culture de paix, de tolérance et de respect de l’autre, afin que les erreurs du passé ne deviennent pas les habitudes du futur.