Africa Forward Summit : la France et l’Afrique misent sur un partenariat économique rééquilibré
Par Malick Mahamat
Le sommet Africa Forward Summit, organisé les 11 et 12 mai 2026 à Nairobi, a marqué un tournant dans les relations économiques entre les secteurs privés africains et français. Au-delà des annonces financières, cette rencontre a surtout mis en avant une volonté commune de construire un partenariat davantage fondé sur l’investissement, l’innovation et la co-construction économique.
Selon les chiffres communiqués à l’issue du sommet, 23 milliards d’euros d’investissements privés ont été confirmés. Sur ce montant, 14 milliards d’euros proviennent d’investissements français, tandis que 9 milliards d’euros sont portés par des acteurs économiques africains. Une dynamique saluée par le ministre délégué français chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité, Nicolas Forissier, qui a estimé qu’« une nouvelle étape est franchie » dans les relations économiques entre les deux espaces.
Contrairement aux précédentes approches essentiellement centrées sur l’aide publique au développement, ce sommet a mis l’accent sur les investissements privés et les partenariats stratégiques dans des secteurs considérés comme prioritaires pour l’avenir du continent africain.
Parmi les principaux domaines concernés figurent la transition énergétique, qui concentre à elle seule 4,3 milliards d’euros d’investissements, le numérique et l’intelligence artificielle avec 3,7 milliards d’euros, ainsi que l’économie bleue avec 3,3 milliards d’euros. D’autres secteurs comme l’agriculture, la santé, la finance et l’industrialisation ont également bénéficié d’engagements financiers importants.
Les organisateurs du sommet soulignent que ces investissements traduisent une évolution des relations entre la France et l’Afrique, désormais davantage orientées vers la création de valeur, le transfert de compétences et le développement d’infrastructures modernes.
Dans un contexte de forte concurrence internationale sur le continent africain, notamment avec la présence croissante de puissances comme la Chine, la Turquie ou encore les pays du Golfe, la France cherche à repositionner sa coopération économique autour d’un modèle plus équilibré et tourné vers les besoins des économies africaines.
Le sommet de Nairobi aura également permis de mettre en avant le rôle croissant du secteur privé africain dans le financement du développement du continent. Les 9 milliards d’euros d’investissements africains annoncés témoignent d’une volonté des entrepreneurs et investisseurs africains de participer davantage aux grands projets régionaux.
À travers Africa Forward, les participants ont insisté sur la nécessité de renforcer les partenariats durables dans des secteurs capables de soutenir la croissance, l’emploi des jeunes et la transformation économique de l’Afrique dans les prochaines décennies.