Cameroun : le gouvernement suspend les importations de maïs pour soutenir les producteurs locaux

Le Cameroun suspend les importations de maïs pour soutenir ses producteurs locaux, en cohérence avec sa politique d'import-substitution et les ambitions de la Stratégie Nationale de Développement SND30.

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Cameroun : le gouvernement suspend les importations de maïs pour soutenir les producteurs locaux

Par Abraham Ndjana Modo

Dans la filière maïs, le scénario classique était bien connu : stocks insuffisants, tension sur les prix, importations en urgence pour combler le déficit. Cette fois, c’est l’inverse qui s’est produit, et la situation n’est pas moins préoccupante. Des producteurs locaux se retrouvent avec d’importants volumes invendus, tandis que des cargaisons importées, sur autorisation du gouvernement, continuent d'affluer sur le marché camerounais.

Ce renversement de situation est d’autant plus interpellant qu’il intervient dans un contexte où le chef de l’État a fait de l’import-substitution une orientation stratégique claire et constante. Produire camerounais, consommer camerounais, valoriser les terres et les paysans du pays : cette boussole, inscrite en filigrane dans la Stratégie Nationale de Développement SND30, guide l’action du gouvernement depuis des années.

Voir des producteurs nationaux peiner à écouler leurs récoltes pendant que des importations s’accumulent sur le marché est donc une anomalie que les autorités ne pouvaient pas laisser prospérer.

Alerté de cette situation, le ministère du Commerce a aussitôt actionné son rôle de régulateur. À cet effet, le 13 mai 2026, une réunion de concertation a été présidée par le ministre Luc Magloire Mbarga Atangana. Autour de la table : le représentant du ministère de l’Agriculture et du Développement rural (Minader), celui du ministère des Finances via la Direction Générale des Douanes, les présidents et directeurs généraux des sociétés importatrices de maïs, ainsi que les opérateurs économiques de l’amont et de l’aval de la filière.

Les décisions prises ce mercredi sont en cohérence avec la politique d’import-substitution portée par le gouvernement et les ambitions de la SND30 : protéger la production nationale, donner aux paysans camerounais les débouchés qu’ils méritent, et construire patiemment une souveraineté alimentaire qui ne dépende plus des aléas des marchés extérieurs.

Le ministre camerounais du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana.
Le ministre camerounais du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana.