La CNDH appelle à l'action pour le droit à l'Eau en Afrique

La CNDH appelle à une mobilisation pour le droit à l'eau en Afrique, soulignant son importance pour la paix et le développement durable lors du Forum africain de l'eau à N'Djamena.

Partager
La CNDH appelle à l'action pour le droit à l'Eau en Afrique

Par Hassan Abderamane

La CNDH salue la tenue à N'Djamena du Forum africain de l'eau et encourage l'évaluation régulière des progrès dans la mise en œuvre du droit à l'eau.

En prélude au Forum de l'eau qui se tiendra à N'Djamena du 15 au 16 juillet 2026, le Président de la Commission Nationale des Droits de l'Homme (CNDH), M. Belngar Larmé Jacques, a fait une déclaration le 14 juillet 2026 au siège de l'institution à N'Djamena pour saluer cette rencontre cruciale réunissant chefs d'États, responsables d'institutions africaines et internationales, partenaires techniques et financiers ainsi que les acteurs de la société civile autour d'un enjeu vital pour le développement durable de notre continent.

Dans sa déclaration, le président de la CNDH, Belngar Larmé Jacques, a souligné que l'eau n'est pas seulement une ressource naturelle ou un facteur de développement économique. Elle constitue avant tout un droit humain fondamental, indispensable à la vie, à la dignité humaine et à la réalisation de nombreux autres droits fondamentaux, notamment le droit à l'alimentation, à la santé, au logement, à un environnement sain et au développement. « Le droit à l'eau est reconnu par le droit international, notamment à travers le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels ratifié par le Tchad », a-t-il indiqué.

Le Président de la CNDH souligne qu'au niveau africain, la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples, la Charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant, le Protocole de Maputo relatif aux droits des femmes en Afrique, la Charte africaine sur les valeurs et les principes des services publics et de l'administration ainsi que la jurisprudence de la Commission Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples consacrent l'obligation des États de garantir un accès équitable, durable et non discriminatoire à l'eau et à l'assainissement. Il a également rappelé que les pays africains, en général, sont confrontés aux effets du changement climatique, le Tchad, en particulier, fait face à la désertification, aux déplacements forcés des populations, à la pression démographique et aux défis liés au bassin du Lac-Tchad.

Face à ces nombreux défis, la CNDH considère l'accès à l'eau comme un impératif de paix, de cohésion sociale, de sécurité alimentaire et de développement humain. Le Président de la CNDH souligne que les populations rurales, les femmes, les enfants, les personnes vivant avec un handicap, les réfugiés, les personnes déplacées internes et les communautés les plus vulnérables supportent de manière disproportionnée les conséquences du manque d'accès à une eau potable de qualité.

Pour changer la donne, la Commission Nationale des Droits de l'Homme (CNDH) appelle les chefs d'États africains et les décideurs internationaux et régionaux à :

- Mobiliser les ressources nécessaires pour la mise en œuvre de feuilles de route nationales pour le bien des populations ;

- Faire de l'amélioration de l'accès à l'eau potable et à l'assainissement de base leur priorité tout en mettant l'accent sur la construction d'infrastructures hydrauliques pour l'agriculture et l'élevage ;

- Œuvrer pour la préservation de l'environnement notamment dans le Sahel.

Sur la même lancée, la CNDH appelle le gouvernement tchadien à :

- Poursuivre les investissements dans les infrastructures hydrauliques, l'assainissement, la gouvernance de l'eau et la gestion intégrée des ressources hydriques, conformément aux engagements internationaux et africains du Tchad ;

- Multiplier les points d'eau pastoraux afin de prévenir les conflits agriculteurs-éleveurs devenus récurrents ces dernières années et qui mettent à mal le vivre-ensemble.

La CNDH exhorte :

- Les partenaires techniques et financiers à renforcer leurs appuis en faveur de solutions durables, inclusives et résilientes face aux effets du changement climatique ;

- Les collectivités territoriales, les organisations de la société civile, les autorités traditionnelles et religieuses, ainsi que les communautés à promouvoir une gestion responsable, participative et solidaire des ressources en eau ;

- Les acteurs publics et privés à veiller à ce que les projets de développement respectent les principes des droits de l'Homme, de transparence, de participation citoyenne, d'égalité, de recevabilité et de protection de l'environnement.

La Commission Nationale des Droits de l'Homme encourage également l'évaluation régulière des progrès accomplis dans la mise en œuvre du droit à l'eau tout en assurant une participation effective des institutions nationales des droits de l'homme, de la société civile et des communautés concernées. La CNDH réaffirme sa disponibilité à accompagner les pouvoirs publics, les partenaires et l'ensemble des parties prenantes dans la promotion d'une gouvernance de l'eau fondée sur les droits de l'Homme.