N'Djamena et les stratégies de drainage, qu'est ce qui ne marche pas ?

Chaque saison des pluies, N'Djamena est paralysée par les inondations. Malgré les efforts, les infrastructures de drainage échouent, exacerbées par une mauvaise gestion des déchets et des bassins de rétention obstrués.

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N'Djamena  et les stratégies de drainage, qu'est ce qui ne marche pas ?

Par Temandang Gontran

Chaque saison des pluies, le même scénario se répète dans la capitale tchadienne : les voies de circulation se transforment en torrents, paralysant le quotidien des usagers et des ménages. Malgré les efforts pour améliorer le réseau de drainage, le problème persiste. Analyse d'une situation devenue critique.

Bien que les autorités multiplient les chantiers, les résultats restent mitigés. Pour de nombreux observateurs, le problème réside d'abord dans une conception inadaptée : les caniveaux, souvent trop étroits, sont insuffisants pour absorber les volumes d'eau lors des fortes précipitations. À cette étroitesse s'ajoute un manque criant de dallettes sur plusieurs tronçons, favorisant l'accumulation de débris.

Une gestion des déchets qui asphyxie le réseau

L'obstruction rapide des voies de drainage est également le symptôme d'un problème civique majeur. Les ordures ménagères, jetées sans discernement, finissent leur course dans les canalisations, bloquant mécaniquement l'écoulement des eaux.

Plus préoccupant encore, les bassins de rétention conçus historiquement comme des éponges urbaines essentielles pour contenir les surplus pluviaux sont aujourd'hui en grande partie neutralisés. Ces cuvettes naturelles ou aménagées, autrefois efficaces, se sont transformées en décharges sauvages, perdant ainsi leur capacité de stockage.

L'urgence de solutions pérennes

La récurrence de ces inondations pose une question de fond : les méthodes actuelles sont-elles encore pertinentes face à l'ampleur du phénomène ? La saturation des infrastructures face aux changements climatiques et à l'urbanisation rapide de N'Djamena impose une remise en question globale.

Au-delà du simple curage ou de l'élargissement ponctuel des caniveaux, il semble indispensable de repenser la gestion des déchets à l'échelle de la ville et de réhabiliter urgemment les bassins de rétention. Face à l'impuissance des solutions palliatives, ne serait-il pas temps d'engager des travaux structurels plus durables pour protéger la capitale ?