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N'Djamena : quand les lieux de culte deviennent des aires de jeux sous le regard complice des parents

Dans certaines églises, la quiétude des offices dominicaux est troublée par l'agitation d'enfants livrés à eux-mêmes, soulevant des interrogations sur la responsabilité des parents et le respect des lieux sacrés.

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N'Djamena : quand les lieux de culte deviennent des aires de jeux sous le regard complice des parents

Par Temandang Gontran

Le lieu de culte est-il devenu un espace de désordre ? Considérée traditionnellement comme un sanctuaire où les chrétiens se rassemblent pour prier, demander pardon à Dieu ou écouter l'évangile le dimanche et en semaine, l'église fait aujourd'hui face à une autre réalité : l'agitation observée dans certains édifices.

Pendant la messe, de jeunes enfants s'adonnent à des jeux de cache-cache, gambadent et se poursuivent en poussant des cris de joie, insensibles au caractère sacré du lieu. À l'église Emmanuel d'Habena, située dans le 7e arrondissement, l'ambiance bat son plein de 9h à 11h, l'heure de la deuxième messe. C'est à ce moment précis que les enfants se lancent dans diverses activités ludiques, donnant l'impression qu'ils n'ont pas fait le déplacement pour la prière.

Alors que les fidèles tentent de suivre la prédication, ces enfants, âgés de 3 à 15 ans, sillonnent sans cesse l'enceinte de l'église ou se faufilent entre les véhicules. Si les adultes restent concentrés sur le message spirituel, l'espace se retrouve paradoxalement divisé : d'un côté, ceux qui écoutent le prêtre ; de l'autre, une zone transformée en aire de jeux.

Plus surprenant encore, ces enfants viennent pourtant à l'église accompagnés de leurs parents. Ils s'éloignent de ces derniers au profit des jeux, sans qu'aucun rappel à l'ordre ne soit prononcé. Une question s'impose alors : cette tolérance face au désordre ne relève-t-elle pas d'une forme de complicité de la part des fidèles eux-mêmes ? Dès qu'ils sont épuisés, les enfants reviennent se reposer auprès de leur famille avant de repartir de plus belle, et ce, jusqu'à la fin de la célébration. Malgré des tentatives répétées pour restaurer la discipline, le problème persiste face à des comportements jugés irrespectueux envers l'institution.

Ce manquement à la retenue se déroule sous le regard passif des fidèles et des responsables religieux, un phénomène particulièrement marqué lors de la seconde messe. Si le service d'ordre tente d'imposer un cadre strict entre 7h et certaines célébrations matinales, son action reste éphémère, voire inexistante certains jours.

En tolérant une telle indiscipline, de qui se moque-t-on ? De Dieu ou des fidèles ? L'église n'est ni un centre de loisirs ni un podium. Comment comprendre que des parents se rendent à l'office avec leur progéniture tout en tolérant de tels agissements ? Si les familles elles-mêmes manquent de transmettre le sens du respect aux plus jeunes, qui le fera ? Les parents doivent se souvenir que si Dieu aime les enfants, il réprouve le désordre. Il appartient désormais aux responsables ecclésiastiques de prendre des mesures fermes pour restaurer la dignité des lieux.

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