N'Djamena : un individu jugé pour une série d'escroqueries bancaires par substitution de cartes

Le Tribunal de N'Djamena a ouvert le procès d'un homme accusé d'escroqueries bancaires par substitution de cartes. Le dossier est renvoyé pour approfondir les débats sur la responsabilité bancaire.

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N'Djamena : un individu jugé pour une série d'escroqueries bancaires par substitution de cartes

Par Temandang Gontran

Ce lundi 29 juin 2026, le Tribunal de Grande Instance de N'Djamena a ouvert le procès d'un prévenu poursuivi pour vols aggravés. Il est accusé d’avoir dépouillé plusieurs clients de la banque UBA en substituant leurs cartes magnétiques lors de tentatives de retraits aux guichets automatiques (GAB).

Le mode opératoire : un abus de confiance transformé en escroquerie

Selon les éléments exposés à la barre, le prévenu opérait aux abords des guichets automatiques de la banque UBA. Profitant de dysfonctionnements techniques ou de la difficulté des usagers à manipuler leur carte, il se proposait spontanément d'aider les victimes. Sous le couvert de cette assistance, il procédait discrètement à un échange de carte à l'insu du propriétaire.

Ce n’est qu’après plusieurs semaines, lors de la réception de notifications bancaires ou de la consultation de leurs relevés, que les victimes constataient des débits frauduleux importants sur leurs comptes.

Les réclamations des parties civiles

Deux victimes se sont constituées parties civiles à l'audience :

La première victime réclame la restitution de la somme de 350 000 FCFA, assortie de 5 millions de FCFA de dommages et intérêts.

La seconde victime, ayant constaté un débit frauduleux de 755 000 FCFA sur son compte, exige le remboursement intégral de cette somme ainsi que 10 millions de FCFA au titre de la réparation de son préjudice.

Les plaignants ont vivement critiqué l'attitude de la banque UBA, affirmant que celle-ci aurait tardé à diligenter des enquêtes internes et aurait refusé de communiquer les enregistrements de la vidéosurveillance, malgré les requêtes légales introduites par leurs conseils.

Le prévenu, actuellement en détention préventive à la maison d'arrêt de Klessoum, nie les faits. Il soutient avoir été sollicité par un tiers pour une assistance technique, sans aucun lien avec les plaignants présents à l'audience.

Son conseil a sollicité la relaxe, arguant de l'absence de preuves matérielles tangibles. En réponse, les avocats des parties civiles se sont appuyés sur l'article 452 du Code pénal, relatif aux infractions de vol, et ont réclamé que la banque UBA soit citée à comparaître en qualité de témoin ou de civilement responsable, afin d'exhiber les preuves vidéo permettant d'élucider l'affaire.

Compte tenu de la complexité des faits, des zones d'ombre entourant la responsabilité de l'établissement bancaire et de la nécessité d'approfondir les débats, le tribunal a ordonné le renvoi du dossier à une date ultérieure. Le prévenu demeure sous mandat de dépôt.