Procès à N'Djamena : Trois ans requis pour coups mortels, la légitime défense plaidée

Un prévenu jugé à N’Djaména pour coups mortels plaide la légitime défense. Le parquet requiert trois ans de prison ferme. L'affaire est mise en délibéré.

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Procès à N'Djamena : Trois ans requis pour coups mortels, la légitime défense plaidée

Par Ahmad Youssouf Ali

Un prévenu a été jugé ce mardi 21 juillet 2026 devant le tribunal de grande instance de N’Djaména pour des faits de coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort d’un homme. Le parquet a requis une peine de trois ans d’emprisonnement ferme assortie d’une amende de 300 000 francs CFA, bien que le prévenu, sans avocat, ait plaidé la légitime défense. L’affaire a été mise en délibéré.

L’audience a été marquée par une affaire criminelle aux contours juridiques délicats. Un prévenu, âgé d'une quarantaine d'années, comparaissait pour « coups et blessures volontaires » ayant causé la mort d’un homme. Les faits, survenus dans des circonstances encore floues, ont été longuement débattus entre les réquisitions du ministère public et la version du prévenu.

Dans ses réquisitions, le procureur a demandé au président du tribunal de condamner le prévenu à trois ans d’emprisonnement ferme ainsi qu’à une amende de 300 000 francs CFA. Toutefois, une demande singulière a émaillé son intervention : le parquet a sollicité l’annulation des faits initialement reprochés pour leur substituer une poursuite pour « provocation ». Cette requête procédurale, rare en la matière, a suscité l’attention des observateurs présents dans la salle d’audience.

Face aux réquisitions du parquet, le prévenu a livré sa propre version des faits. Devant la cour, il a fermement nié toute intention homicide : « Je n’avais pas l’intention d’assassiner le défunt », a-t-il déclaré.

Selon son récit, la victime l’aurait poursuivi avec insistance. Pris au dépourvu, la victime aurait alors attrapé le prévenu par derrière. Pour se défendre, il a affirmé avoir dégainé son couteau et porté un coup à la victime. Ce geste, présenté comme un réflexe de protection, s’est malheureusement révélé fatal, la blessure ayant entraîné la mort de l’homme.

À l’issue des plaidoiries et après avoir entendu aussi bien les réquisitions du procureur que la version du prévenu, le président du tribunal a décidé de mettre l’affaire en délibéré. La décision sera rendue dans les prochains jours.