Tchad : face au chômage, la “génération débrouille” mise sur la vente ambulante

Au Tchad, de jeunes vacanciers transforment leur temps libre en opportunités économiques, se lançant dans la vente ambulante pour subvenir à leurs besoins et préparer leur avenir.

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Tchad : face au chômage, la “génération débrouille” mise sur la vente ambulante

Par Temandang Gontran

Alors que l'année scolaire vient de se terminer, une nouvelle dynamique s'installe dans les rues de N'Djamena. Loin de l'oisiveté, de nombreux jeunes vacanciers ont choisi de transformer leur temps libre en une opportunité économique, se lançant dans la vente ambulante pour subvenir à leurs besoins et préparer leur avenir.

Chômage des jeunes diplômés : Selon les estimations gouvernementales et du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), le chômage frappe durement la classe d'âge active de 15-30 ans avec un taux général estimé à 22 %, et dépasse même les 60 % pour les jeunes diplômés dont les filières sont inadaptées au marché actuel.

Sous le soleil ardent du 8e arrondissement de la capitale tchadienne, le ballet est quotidien. Des jeunes garçons, sac en bandoulière ou présentoirs à la main, sillonnent les artères de la ville. Leur marchandise ? Le petit équipement indispensable de la téléphonie mobile : pochettes, protections d'écran, pinces, mouchoirs et divers accessoires à la recherche de la clientèle.

Une autonomie construite dès le plus jeune âge

Loin d'être une activité subie, cette démarche est pour beaucoup une stratégie d'apprentissage. Interrogés lors de leur tournée, deux jeunes vendeurs expliquent leur organisation : « Nous sommes dans la vente depuis quelques années. Après la sortie de l'école, nous nous organisons pour que cela ne joue pas sur nos études. C’est une manière pour nous d’avoir un peu de sous pour nos besoins personnels tout en apprenant la valeur du travail. »

Cette résilience témoigne d'un changement de mentalité chez la jeunesse tchadienne. Dans un contexte où le taux de diplômés sans emploi dépasse les 60 %, la dépendance exclusive vis-à-vis d'un hypothétique emploi salarié après les études ne semble plus être l'unique horizon.

L'entrepreneuriat comme antidote au découragement

Face aux défis socio-économiques, ces jeunes vacanciers ont compris une leçon essentielle : la nécessité de diversifier ses compétences et de cultiver l'esprit d'initiative. En s'insérant ainsi dans le secteur informel, ils ne se contentent pas de gagner de l'argent de poche ; ils développent des aptitudes précieuses — négociation, gestion de stock, relation client — qui constitueront un socle solide pour leur future vie professionnelle.

Ces activités génératrices de revenus, bien que simples en apparence, sont le signe d'une jeunesse tchadienne dynamique qui refuse la fatalité. En posant un regard pragmatique sur le marché, ces élèves deviennent les premiers acteurs de leur propre insertion économique.

À l'heure où l'emploi reste une préoccupation majeure au Tchad, cette "génération débrouille" prouve que l'entrepreneuriat, même à petite échelle, demeure l'une des clés les plus prometteuses pour offrir des opportunités réelles à la jeunesse.