Tchad : six douaniers à la barre pour homicide involontaire et dégradation de biens

Six douaniers tchadiens sont jugés pour homicide involontaire et dégradation de biens après un accident mortel à Massaguet. La défense conteste leur responsabilité. Le procès suscite des réactions inattendues.

Tchad : six douaniers à la barre pour homicide involontaire et dégradation de biens

Six agents des douanes ont comparu ce 21 avril 2026 devant le Tribunal de Grande Instance (TGI) de N’Djamena. Ils sont poursuivis pour dégradation volontaire de biens d’autrui et homicide involontaire. Les faits se sont déroulés à Massaguet.

Selon l'acte d'accusation, les prévenus auraient causé l'accident d'un véhicule de transport de carburant, entraînant le renversement du camion et le décès de deux personnes. La responsabilité directe des douaniers est soulignée dans cette manœuvre ayant conduit au drame.

À la barre, les prévenus ont plaidé non coupables. Leur conseil a soulevé plusieurs points de droit et de fait pour écarter leur responsabilité.

La défense a rappelé que ses clients n'ont pas la compétence légale pour contrôler les produits pétroliers, car cela ne relève pas de leur service.

Selon l'avocat, le véhicule appartenait à un officier général et circulait à une vitesse excessive. C’est cet excès de vitesse qui aurait provoqué la perte de contrôle, l’incendie du camion et, par extension, le décès des deux victimes. Une somme de 44 millions serait versée à la famille victime en guise de réparation, a précisé l'avocat.

Contre toute attente, les ayants droit des victimes ont déclaré devant le tribunal vouloir se désister de leur constitution de partie civile. Ils ont affirmé qu'un règlement à l'amiable avait été conclu, et ont déclaré s'en remettre à la « justice divine », indépendamment de l'implication réelle des prévenus.

Face à ce désistement de la partie civile, un avocat s'est levé soulignant qu'il est le conseil de la famille, et a affirmé n'étant pas informé du règlement à l’amiable, dont il réclame ses honoraires. Cela a provoqué des rires chez des personnes venues assister au procès.

L’avocat de la défense a formellement sollicité une mise en liberté provisoire pour ses clients, en attendant la suite des délibérations. Le dossier a été renvoyé pour une délibération, les prévenus quant à eux sont en détention préventive à la maison d'arrêt de Klessoum.

Temandang Gontran