Tchad : vers une carte nationale des services pour les survivantes de violences

Un atelier à N'Djamena vise à valider un formulaire pour créer une carte nationale des services aux survivantes de violences basées sur le genre au Tchad, renforçant l'accès et la coordination des services.

Partager
Tchad : vers une carte nationale des services pour les survivantes de violences

Par Mariam Marouf

Le 8 mai 2026, à N'Djamena, a débuté l'atelier de validation du formulaire pour l'élaboration de la carte nationale des services de prise en charge des survivantes de violences basées sur le genre au Tchad. Cet événement est organisé par le Ministère de la Femme et de la Protection de l'Enfance, avec le soutien du projet "SWEDD+".

L'hôtel de l'Amitié a accueilli cet atelier qui a réuni des représentants des secteurs gouvernementaux, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des organisations de la société civile et des acteurs impliqués dans la protection des femmes et des enfants.

L'objectif de cet atelier est d'adopter un formulaire unifié pour collecter les données relatives aux services de prise en charge des femmes et des filles survivantes de violences basées sur le genre. Cela vise à créer une carte nationale complète facilitant l'accès aux divers services de santé, psychologiques, juridiques et sociaux disponibles dans le pays.

Dans son discours d'ouverture, la Ministre d'État, Ministre de la Femme et de la Protection de l'Enfance du Tchad, Kitoko Gata Ngolou, a affirmé que la lutte contre les violences basées sur le genre n'est pas une priorité secondaire ni une simple réponse à des pressions internationales, mais qu'elle fait partie intégrante de la vision du Président de la République, Mahamat Idriss Déby Itno, qui considère la protection des femmes, des filles et des enfants comme une exigence de gouvernance non négociable.

La ministre a ajouté que cette vision s'est traduite par des actions concrètes, avec le renforcement de l'arsenal juridique et institutionnel du Tchad, notamment par l'adoption du décret n°003/2025 relatif à la prévention et à la répression des violences contre les femmes et les filles, ainsi que la stratégie nationale de lutte contre les violences basées sur le genre (2023-2027), et la loi n°029/2015 interdisant le mariage des enfants et fixant l'âge minimum du mariage à 18 ans.

De son côté, M. Massoudi Mohamed Girey, coordonnateur résident des Nations Unies et coordonnateur conjoint des agences des Nations Unies au Tchad, a expliqué que l'élaboration d'une carte nationale précise des services de prise en charge des survivantes de violences contribuera à améliorer l'accès aux services essentiels et à renforcer la coordination entre les différents intervenants, réaffirmant l'engagement du système des Nations Unies à soutenir les efforts du gouvernement tchadien dans ce domaine.

Les organisateurs ont souligné que cette initiative s'inscrit dans le cadre du renforcement des mécanismes de protection et de réponse aux questions de violences basées sur le genre, et de l'amélioration de la coordination entre les différents intervenants, garantissant ainsi des services plus efficaces pour les victimes et les survivantes.

Les participants ont également insisté sur l'importance de disposer d'une base de données précise et actualisée pour orienter les politiques et programmes nationaux de protection des femmes et des filles, et renforcer les efforts de prévention et de sensibilisation.

L'atelier devrait se conclure ce vendredi après la discussion et l'adoption du document final relatif au formulaire pour l'élaboration de la carte nationale des services de prise en charge des survivantes de violences basées sur le genre au Tchad.