Congo : le parc industriel de Maloukou relié au réseau électrique national
Le président Denis Sassou N’Guesso a inauguré le poste de transformation de Maloukou, raccordant enfin ce parc industriel et son usine de tracteurs au réseau électrique national.
Par Mvouanzi Jonas
Six jours après le lancement de la Grande Foire Agricole à Bambou-Mingali, le président de la République était de nouveau dans le département du Djoué-Lefini. Ce mardi 11 août, Denis Sassou N’Guesso a procédé à la mise en service du poste de transformation Très Haute Tension de Maloukou et de la ligne 220 kV Djiri-Maloukou, ouvrant la voie à l’exploitation du parc industriel.
Après les localités de Boko, Louingui, Loumo, Goma-Tsé-Tsé (département du Pool), de Mossaka (Congo-Oubangui) et d’Allembé (Nkeni-Alima), le chef de l’État a mis le cap sur Maloukou pour connecter la zone industrielle au réseau électrique national et lancer l’usine de montage des tracteurs Eco Camaco.
Pour le préfet, ce raccordement ne se résume pas à une simple intervention technique. Il symbolise le passage de l’idée à l’ouvrage, de la matière à la richesse, et doit faire circuler le courant de l’investissement, de l’innovation, de l’industrie et de l’emploi.
Présentant le site, Oscar Otoka, délégué général aux Grands Travaux, a détaillé l’ouvrage. Resté en attente depuis 2019 faute d’électricité, selon lui, le parc industriel de Maloukou — qui regroupe une vingtaine d’usines construites par Asperbras — est désormais alimenté.
Bâti sur une superficie de 16 hectares pour un coût de 16,572 milliards de FCFA sur fonds propres de l’État, le poste comprend notamment une ligne 220 kV en provenance de Ngo et Djiri longue de 14 km, deux transformateurs de puissance de 2x45 mégavolts-ampère (MVA), deux jeux de réacteurs et de condensateurs 33 kV de 2x10 MVA, deux transformateurs auxiliaires de 2x400 kVA, ainsi que des bâtiments de contrôle-commande et des logements, a-t-il précisé.
Il a ajouté qu’avec l’appui de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA), qui a accordé un prêt de 56 millions de dollars en 2021, une ligne double terne 220 kV a également été construite jusqu’au parc industriel de Mandielé, dotée de deux postes de distribution moyenne tension (MT) de 500 kVA chacun. Un système d’adduction d’eau, composante vitale, complète l’ensemble.
De l’infrastructure à la production
Pour Michel Djombo, ministre des zones économique spécial, du développement industriel et de la promotion du secteur privé, cette mise en service marque le passage de l’infrastructure à l’activité. « Ce que nous marquons aujourd’hui ici à Ignié, c’est la mise en mouvement d’un outil de production », a-t-il déclaré, rappelant que plus de 6 km de voiries bitumées, 4 600 mètres de drainage, 24 générateurs totalisant 9,6 MW et la fibre optique ont déjà été réalisés, permettant la création de 612 emplois dans la zone.
De son côté, Bruno Jean Richard Itoua, ministre de l’énergie et de l’hydraulique, a souligné la double portée, industrielle et sociale, de l’acte posé par le président de la République. Selon lui, « apporter de l’électricité aux populations est synonyme d’amélioration de leur accès aux services sociaux de base — l’éducation, la santé — mais aussi synonyme d’accès à la modernité ».
S’adressant à Denis Sassou N’Guesso, il a affirmé : « En actionnant le disjoncteur, vous n’apporterez pas seulement de l’électricité. Vous allez appuyer sur le bouton de mise en marche progressive de l’accélérateur d’un moteur qui s’appelle la marche vers le développement économique et social de notre pays. »
La journée s’est poursuivie par une visite guidée du président Denis Sassou N'Guesso dans l’usine Eco Camaco : briefing, circuit de montage, parc d’exposition des tracteurs, signature du livre d’or et souscription pour l’achat du premier tracteur ont ainsi rythmé cette séquence.