Tchad : l’AILC dénonce l’arrestation de ses agents lors d’une mission de contrôle à la SHT
L’Autorité indépendante de lutte contre la corruption (AILC) dénonce l’arrestation et les traitements qu’elle affirme avoir subis de la part d’agents de l’Agence nationale de sécurité de l’État (ANSE), alors qu’une équipe effectuait une mission de contrôle à la Société des hydrocarbures du Tchad (SHT).
Dans un communiqué publié ce 12 août 2026, l’AILC explique avoir déployé, depuis juillet, une équipe chargée de vérifier la gestion financière, matérielle et humaine de la SHT sur la période allant de 2024 à aujourd’hui.
Dans le cadre de ces investigations, les contrôleurs auraient demandé plusieurs documents relatifs à la commercialisation du pétrole brut, notamment des factures de vente adressées à la société Glencore. Selon l’AILC, la Directrice générale, le Directeur général adjoint et la Directrice commerciale de la SHT auraient dans un premier temps refusé de transmettre ces pièces.
Après un rappel des dispositions légales encadrant les missions de contrôle de l’AILC, la Directrice commerciale aurait finalement accepté d’imprimer les factures demandées. Les documents auraient ensuite été paraphés et remis aux contrôleurs contre décharge.
L’AILC accuse l’ANSE d’avoir arrêté ses responsables
Selon le communiqué, c’est à ce moment que le Directeur général de l’ANSE, accompagné d’agents cagoulés et lourdement armés, serait intervenu dans les locaux de la SHT.
L’AILC affirme que sa Contrôleure générale adjointe, son Directeur général des investigations et du contentieux ainsi que plusieurs contrôleurs et assistants ont été menottés, encagoulés et violentés avant d’être conduits dans les locaux de l’ANSE, où ils auraient été retenus pendant plusieurs heures.
L’institution affirme également que les téléphones et ordinateurs de ses agents ont été confisqués et leur contenu exploité. Parallèlement, d’autres agents de l’ANSE auraient tenté d’accéder au bureau du Contrôleur général au siège de l’AILC.
L’Autorité condamne fermement ces actes, qu’elle considère comme une atteinte à son indépendance et une entrave à l’exercice de ses missions légales. Elle invoque plusieurs dispositions réglementaires garantissant la protection de ses responsables et agents dans l’exercice de leurs fonctions.
La mission de contrôle à la SHT va se poursuivre
Malgré ce qu’elle qualifie de « climat de terreur et d’intimidation », l’AILC annonce qu’elle poursuivra son contrôle à la SHT afin, selon ses termes, de faire la lumière sur la gestion des ressources pétrolières et de déterminer les éventuelles responsabilités.
Concernant l’arrestation de ses agents, les traitements qu’ils auraient subis et la confiscation de documents, l’AILC indique avoir saisi le président de la République, Mahamat Idriss Déby Itno. Elle demande que les conséquences pénales, administratives et disciplinaires appropriées soient tirées à l’encontre du Directeur général de l’ANSE et des agents impliqués.
À ce stade, le communiqué présente la version de l’AILC. Une éventuelle réaction de l’ANSE ou de la SHT permettrait d’apporter leur version des faits.