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Entrepreneuriat au Tchad : pourquoi le système éducatif échoue à former les jeunes

Au Tchad, l'inadéquation entre l'enseignement supérieur et les réalités du marché du travail laisse des milliers de jeunes diplômés sans perspectives, aggravant le chômage massif.

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Entrepreneuriat au Tchad : pourquoi le système éducatif échoue à former les jeunes

Par Temandang Gontran

Comment les jeunes peuvent-ils développer l'esprit d'entreprise s'ils n'y sont pas préparés durant leur cursus scolaire et universitaire ? Au Tchad, les jeunes diplômés sont confrontés à des difficultés majeures d'autonomie et de créativité. Une fois leur licence ou leur master en poche, ils peinent à accéder à l'emploi, alors même que les autorités et les acteurs économiques misent sur l'entrepreneuriat. La question centrale demeure : ces jeunes ont-ils été préparés, sur les bancs de l'école, à affronter la réalité entrepreneuriale ?

La formation pose problème au Tchad, d'autant que les réalités scolaires et professionnelles semblent totalement déconnectées. Les étudiants ne sont pas armés pour créer de l'emploi, car ils sont formés pour être de simples exécutants, faute de sensibilisation et de modules dédiés à l'entrepreneuriat. Le système éducatif mérite d'être questionné face aux besoins du terrain : la formation dispensée est-elle en phase avec les attentes du marché ? Cette interrogation appelle une réflexion profonde et des réponses urgentes.

Une formation fondée sur la théorie constitue un réel danger pour la jeunesse. À une époque où le développement évolue à une vitesse fulgurante, faut-il persister dans un modèle jugé révolu, trop superficiel et coupé des réalités du terrain ? Aujourd'hui, les recruteurs exigent des compétences opérationnelles immédiates, tandis que la pratique brille par son absence dans l'enseignement supérieur. Ainsi, un étudiant en communication aspirant au journalisme n'a parfois jamais touché une caméra, ne sait pas manipuler un enregistreur ni rédiger un chapeau. Un agronome, après son cursus, croise les bras, multiplie les démarches administratives ou attend une hypothétique intégration à la fonction publique.

Faute de débouchés ou après une réorientation tardive, ces mêmes profils se dirigent vers le secteur privé, s'inscrivent dans des écoles de santé et deviennent agents de soins. À quel jeu joue-t-on ? Le pays pourra-t-il rivaliser avec les autres nations en développement ? Aujourd'hui, le taux de chômage des jeunes est estimé à plus de 60 %. La saturation de la fonction publique et l'incapacité du marché formel à absorber le nombre croissant de diplômés aggravent la situation. Dès lors, si les jeunes ne sont pas préparés psychologiquement à entreprendre, quelles mesures les pouvoirs publics prennent-ils pour les accompagner ?

Le système éducatif reste la racine du mal. Dans un pays où la qualité de l'éducation fait défaut, l'avenir tout entier est menacé. Que sait réellement faire un jeune diplômé tchadien avec son titre, mis à part attendre une place dans la fonction publique ? Si nombre d'entre eux finissent par devenir conducteurs de moto-taxi (« clandomen »), c'est parce qu'ils ont été préparés uniquement pour un emploi salarié étatique, et non pour bâtir leur propre entreprise. Il est urgent que le gouvernement réoriente l'enseignement et la formation pour répondre aux besoins quotidiens des Tchadiens. À défaut, les universités continueront de produire des diplômés sans perspectives.

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