Advienne que pourra...

La salutaire métamorphose du président caméléon
Mathieu Kérékou naquit le 2 septembre 1933 à Kouarfa, non loin de Natitingou dans l’ancienne colonie française du Dahomey, et mourut le 14 octobre 2015 à l’âge de quatre-vingt-deux ans. Homme d’État béninois autoproclamé président de la République du Dahomey après un coup d’État, ensuite président de la République populaire du Bénin du 26 octobre 1972 au 1er mars 1990 et président pendant la transition politique jusqu’en mars 1991, laissant démocratiquement les rênes du pouvoir à Nicéphore Soglo. Il fut ensuite élu et réélu président de la République du Bénin, au détriment du vainqueur de la précédente élection présidentielle, qu’il dirigea du 4 avril 1996 au 5 avril 2006.
Mathieu Kérékou servit d’abord dans l’armée française, puis dans celle du Dahomey. Lorsqu’il rentra au pays après avoir servi dans l’armée française coloniale, il accéda au grade de major. En 1965, il occupa les fonctions d’aide de camp d’Hubert Maga, le tout premier président du Dahomey qui officia de 1960 à 1963.
 
« [...] fin 1967, un coup d’État [balaya] Christophe Soglo. Et Kérékou [prit] la tête du mouvement de jeunes officiers à la manœuvre. C’[était] lui qui [dirigea] le nouveau Comité militaire révolutionnaire en charge de la supervision du gouvernement.
» Une fois le pouvoir rendu aux civils, l’officier [s’éclipsa] du jeu politique. Et [feignit] de se contenter de sa nouvelle fonction de chef d’état-major adjoint de l’armée. Pas pour longtemps. Profitant de l’instabilité politique qui [régnait] dans les années 1960 (quatre coups d’État s’enchaînèrent), il [sortit] du bois un après-midi du 26 octobre 1972 [...] »[1]
 
En effet, Mathieu Kérékou s’empara à nouveau du pouvoir lors d’un coup d’État perpétré en octobre 1972. Il fit arrêter et emprisonner pendant neuf longues années ses trois prédécesseurs – Hubert Maga, Sourou-Migan Apithy et Justin Ahomadegbé – et créa le Parti de la révolution populaire du Bénin devant fonctionner comme un parti unique.
En 1975, Mathieu Kérékou renomma alors le pays République du Bénin et instaura un régime marxiste-léniniste qui fut chapeauté par le Conseil national de la révolution (CNR). Il mena une politique de répression contre tous les opposants au régime, en particulier contre les intellectuels dont beaucoup durent se réfugier à l’étranger. Il entreprit une vague de nationalisations de banques et d’industries pétrolières, à l’instar de la politique de zaïrianisation prônée par son mentor le très machiavélique Mobutu Sese Seko dans l’ancienne République du Zaïre. Le pays sombra dans une situation économique critique, sans précédent, contraignant le gouvernement béninois à négocier des accords dans des conditions défavorables avec des bailleurs de fonds tels que le Fonds monétaire international, la Banque mondiale, le Club de Paris…
Dans un contexte de crise économique, le vent de la démocratie ayant secoué les pays d’Europe de l’Est ne laissa guère indifférent le président Kérékou. Ce dernier réalisa que le temps d’une révolution politique dans son pays était sans doute venu. Fin 1989, passant outre les réticences de la plus grande majorité des caciques de son parti politique, il convoqua une « Conférence Nationale » destinée à établir de nouvelles institutions. En habile stratège, Mathieu Kérékou préféra abandonner carrément le marxisme-léninisme tropicalisé, ironiquement qualifié de « laxisme-béninisme » par l’homme de la rue, en faisant preuve d’un pragmatisme politique aigu. Le « président caméléon » serait, de ce fait, le premier Chef d’État du continent africain à ouvrir la voie au multipartisme sous la pression des événements socio-politiques en cours à travers le monde. Ainsi utilisa-t-il certes à son profit, en vue d’un avenir honorable, les répercussions du vent de l’Est.
En 1989, la crise étant effectivement profonde, les participants d’une table ronde se réunirent à Versailles, en région parisienne, et émirent l’idée d’organiser une conférence pouvant permettre aux Béninois de se concerter et de définir un cadre de dialogue pour sauver leur patrie. Cadre de dialogue qui séduisit François Mitterrand et bénéficia de son soutien. L’éminence rose convaincrait, non sans mal, son homologue africain. Répondant à Alain Foka dans l’émission Archives d’Afrique diffusée sur Radio France Internationale et consacrée au portrait de l’ancien président du Bénin, l’ex-rédacteur en chef de Jeune Afrique, Francis Kpatindé, rappela toutefois que,
 
« Mathieu Kérékou était quelqu’un d’extrêmement intelligent. Sentant venir la chose, il confia à Robert Dossou de piloter l’opération, de la mettre sous-contrôle [à travers un Comité National Préparatoire de la Conférence Nationale au Bénin] ».
 
Pour Francis Kpatindé, cité par le journaliste Pierre-Claver Kuvo dans un article intitulé Mathieu Kérékou : la dernière couleur du caméléon paru en novembre 2015 dans Diasporas-News,
 
« la décision d’organiser la Conférence nationale [avait] été prise en août/septembre 1989 (avant la chute du mur) et la conférence nationale s’[était] tenue en février 1990, quatre mois avant le discours de La Baule. Tout, au Bénin, s’[était] passé sans lien direct avec la chute du mur de Berlin et, surtout, avec le discours de François Mitterrand à La Baule auquel une légende tenace s’attache à associer la démocratisation béninoise ».
 
En tout cas, le peuple béninois serait, comme le confirmerait l’Histoire, le grand gagnant du vent de l’Est européen. En janvier 1990, la « Conférence Nationale » décida des changements sans aucune concession – période de transition d’une année puis élections libres, nomination d’un Premier ministre… – qu’accepterait Mathieu Kérékou. Toutefois, il prit la précaution de faire voter une loi garantissant son immunité pour ne pas finir comme le Conducător roumain, de surcroît « génie des Carpates » ou « Danube de la pensée », le despote Nicolae Ceausescu. Ainsi le caméléon préféra-t-il ne pas subir les conséquences d’un « roumaniement ». Il organisa des élections transparentes.
Candidat à sa propre succession, Mathieu Kérékou serait battu lors de l’élection présidentielle de 1991 par le haut fonctionnaire international Nicéphore Soglo, à qui il céderait démocratiquement le pouvoir. Quittant la vie politique en laissant un pays en mauvais état sur le plan économique, complètement exsangue, Mathieu Kérékou sut néanmoins engager avec habileté un processus qui ferait du Bénin l’une des illustrations en la matière en Afrique. Il évita le chaos à son pays. À cet égard, il faudrait souligner le rôle exceptionnel que joua l’archevêque de Cotonou Isidore de Souza, le prélat catholique qui dirigeait les travaux de la « Conférence Nationale ». D’ailleurs dans le cadre de la seizième conférence des Chefs d’État d’Afrique et de France, laquelle s’était tenue le 20 juin 1990 en France, dans son fameux discours dit « de La Baule », le président de la République Française, François Mitterrand, citerait l’exemple du Bénin pour encourager les dirigeants africains à entamer les mutations politiques souhaitables.
Malgré la catastrophique situation économique du pays, Mathieu Kérékou garderait l’estime de ses compatriotes. Par la suite, touché par une miséricorde insondable, il renoncerait à l’athéisme et deviendrait pasteur évangélique. Miracle ! Envoûtement divin ! Alléluia !
 
« Son surnom de “Caméléon”, Kérékou l’[avait] gagné par sa métamorphose politique frôlant l’opportunisme, mais aussi par l’évolution de sa foi. La traversée du désert qu’il [connut] entre 1991 et 1996 [transforma] l’ancien marxiste-léniniste et athée convaincu en un homme de Dieu, un pasteur évangélique aux lunettes fumées dont il ne se [séparait] jamais en public. »[2]
 
 
Abandonnant finalement l’église aux archanges et autres saints, après avoir expédié ses péchés par la prédication, Mathieu Kérékou serait élu président de la République du Bénin le 17 mars 1996. Il provoqua ainsi un choc terrible au mental de Nicéphore Soglo qui, à la suite de la dénonciation d’un complot, envoya ses félicitations au vainqueur et s’en alla méditer plus de quatre mois, hors d’Afrique, les raisons des erreurs fatales ayant occasionné sa défaite. Amen ! La messe était dite !
 
« Le “retraité” [revint] finalement au pouvoir avec le soutien de la quasi-totalité des opposants au président Soglo, qui se [rallièrent] à sa candidature à la présidentielle. Le général [serait] élu à 52,7 % des voix. »[3]
 
Après la défaite du Mouvement Africain pour la Démocratie et le Progrès (MADEP)[4] aux élections législatives de mars 1999, remportées de justesse par la Renaissance du Bénin (RB) – le mouvement de l’opposition dirigé par l’ancienne première dame Rosine Soglo –, Mathieu Kérékou serait réélu haut la main en 2001 président de la République avec 84,06 % des voix, devançant ainsi Nicéphore Soglo et Adrien Houngbédji. Mais le « président caméléon » ne pourrait se représenter à la fin de son mandat en 2006, la Constitution ayant limité l’âge à l’accession à la magistrature suprême dont le mandat était limité à deux – règles que Mathieu Kérékou refuserait de changer pour se maintenir au pouvoir et qui prévaudrait à son successeur Thomas Boni Yayi. Ce verrou à double fermeture s’avéra salutaire à la démocratie béninoise. Il faudrait veiller à ce qu’on ne le fasse pas sauter un jour.
Rappelons seulement que, durant son mandat de 1996 à 2006, le président Mathieu Kérékou appliqua stricto sensu la séparation des pouvoirs exécutif, parlementaire et judiciaire. La liberté de la presse permit au Bénin de se hisser au deuxième rang sur le plan continental et parmi les meilleurs au niveau mondial. Malheureusement, l’exemple béninois ne serait nullement suivi de certains Chefs d’État, surtout en Afrique centrale et dans la région des Grands Lacs, également au Zimbabwe, qui ne cesseraient de s’ingénier dans le seul but de modifier la Constitution et de ne pas organiser les élections, préférant se maintenir par la force des armes et hypothéquer, égoïstement, l’avenir de leurs peuples et le devenir de leurs pays.
Tour à tour putschiste, marxiste-léniniste, organisateur d’une « Conférence Nationale », rallié aux vertus de la démocratie, évangéliste circonstanciel, le « président caméléon » sut s’adapter aux contextes politiques nationaux et géopolitiques internationaux. Comme quoi, un Kérékou pouvait-il en cacher un autre !
Mathieu Kérékou décéda le 14 octobre 2015 à Cotonou, au Bénin. L’homme fut un politique habile, à en croire le tout-puissant conseiller français aux affaires africaines, Jacques Foccart, qui, en référence à sa capacité à enrayer la tentative de renversement ayant été orchestrée le 16 janvier 1977 par Bob Denard assisté d’un commando de mercenaires en provenance du Maroc, témoignerait que « Kérékou [était] loin d’être un sot ». Un grand hommage rendu par l’un des pires ennemis de l’ancien président béninois, Foccart ayant été cet homme de l’ombre qui avait le plus marqué et façonné, avant l’avènement forcé de Kérékou, l’histoire du Bénin depuis l’indépendance. Le dictateur devenu démocrate ? En tout cas, Mathieu Kérékou connut une fin de vie glorieuse, contrairement à Mobutu Sese Seko, à Jean-Bedel Bokassa et à Idi Amin Dada Oumee.
 
© Gaspard-Hubert Lonsi Koko
 
(*) Extraite de l’ouvrage intitulé Les figures marquantes de l’Afrique subsaharienne – 3,  L’Atelier de l’Égrégore, 3ème édition, Paris, janvier 2020, pp. 217-222.
 
[1]  In Bénin : l’ancien président Mathieu Kérékou en cinq mots, article paru dans Jeune Afrique d’octobre 2015.
[2] Ibidem.
[3] Ibidem.
[4] Parti politique proche du président Mathieu Kérékou.

Samora Machel : a luta continua !
Samora Moisés Machel, né le 29 septembre 1933 à Madragoa, actuellement Chilembene, au Mozambique et mort le 19 octobre 1986 à Mbuzini en Afrique du Sud, fut un homme politique mozambicain. Premier président de la République populaire du Mozambique indépendant, qu’il dirigea entre 1975 et 1986. Il avait rencontré en 1961 Eduardo Mondlane Chivambo, un intellectuel mozambicain qui, de retour au pays et à la tête d’une mission pour le compte des Nations Unies, combattait le colonialisme portugais au Mozambique. En 1963, Samora Machel rejoignit la lutte indépendantiste contre la puissance portugaise d’occupation. Il intégra le Front de libération du Mozambique (Frelimo) et se retrouva de ce fait aux côtés de son supérieur hiérarchique, Eduardo Mondlane Chivambo, à Dar es Salaam. Il suivit alors une formation militaire en Algérie et figura, le 25 septembre 1964, parmi les 250 guérilleros du Frelimo qui déclenchèrent la lutte armée contre le Portugal. Amílcar Cabral n’avait-il pas évoqué le passage algérien, obligatoire pour les combattants africains engagés dans un bon nombre de luttes contre les colonialistes ?
 
« Les chrétiens [allaient] au Vatican, les musulmans à La Mecque et les révolutionnaires à Alger. »[1]
 
Samora Machel détestait profondément la philosophie coloniale des Portugais. Il était révolté contre des siècles de maltraitance. Sa haine du colon fut joliment exprimée dans la phrase ci-dessous :
 
« Le jour où vous entendrez les Blancs parler de moi en bien, ce jour-là, ne partagez plus vos secrets avec moi, parce que cela voudra dire que je vous ai déjà trahis. »
 
Devenu secrétaire à la défense du Frelimo en 1966, Samora Machel succéda à Filipe Magaia, mort au combat. En 1968, il devint le commandant en chef des forces armées et siégea au comité central du Frelimo. À la suite de l’assassinat du professeur de sociologie Eduardo Mondlane Chivambo en 1969, il accéda à la direction du parti au sein d’un triumvirat formé avec Marcelino dos Santos et le révérend Uria Simango. Samora Machel représenta la branche marxiste et multiraciale, face aux tenants du courant africaniste. Dès 1970, tel le dandy Jules César roulant dans la farine Pompée le Grand et le riche Marcus Licinius Crassus en 60 avant Jésus-Christ, il s’imposa sur ses deux codirigeants et présida tout seul le mouvement de libération marxiste.
Le Mozambique accéda à l’indépendance le 25 juin 1975. Le Frelimo dirigea de facto un gouvernement d’union nationale, mais le mouvement politique finirait par manager sans ses alliés de circonstance. Élu président de la République du Mozambique, Samora Machel facilita l’émergence d’une société socialiste et intégra le bloc soviétique. Une réforme agraire fut imposée, regroupant les paysans dans des aldeias comunais[2] selon le modèle des kolkhozes et sovkhozes. Pour cela, le nouveau régime mozambicain n’hésita pas à utiliser les anciens aldeamentos[3] afin de les soustraire de l’influence du Frelimo dans les zones du Nord touchées par la guerre. Profondément incompatible avec le mode de vie tout à fait traditionnel dans la campagne mozambicaine, la réforme agraire basée sur le concept des villages communautaires se traduisit vite par un échec monumental.
Sur le plan international, Samora Moisés Machel fut un artisan de la ligne de front, c’est-à-dire favorable à une coalition d’États voisins de l’Afrique du Sud dans le but de servir de base arrière aux mouvements anti-apartheid. Mais, conscient de l’inefficacité de sa politique économique, dès 1980, il mit fin à l’expérience socialiste pour demander l’aide du Fonds monétaire international. En 1984, les difficultés économiques le contraignirent de se rapprocher de l’Afrique du Sud. Il signa alors l’accord de Nkomati, avec le président Pieter Botha, prévoyant la cessation de l’aide sud-africaine à la Résistance nationale du Mozambique (Renamo) contre le retrait du soutien mozambicain à l’ANC ainsi qu’aux mouvements anti-apartheid établis dans son territoire. Mais aucun pays signataire ne le respecterait.
Le président mozambicain était sans conteste une personnalité très charismatique. Dans un document « déclassifié » du ministère français des Affaires étrangères, l’ambassadeur de France, Gérard Serre, avait écrit en 1985 que,
 
« il n’[était] que de voir l’attitude révérencieuse de ses ministres envers sa personne alors que lui-même n’[hésitait] pas à les fustiger publiquement, pour comprendre l’ascendant qu’il [avait] pris sur les hommes qui l’[entouraient]. Fascinant, séduisant, l’homme l’[était] indiscutablement, lui autrefois adversaire honni de Pretoria, [puis] partenaire obligé qui [avait] su retourner à son profit l’attitude du gouvernement [du président] Botha envers le MNR [Mouvement national de résistance ou Renamo, opposition armée] ».
 
Dans l’après-midi du 19 octobre 1986, ce jour-là, les conditions météorologiques étaient assez bonnes. En provenance de Mbala, dans le Nord de la Zambie – après avoir participé à un sommet sur la guerre civile en cours en Angola avec les présidents Kenneth Kaunda, José Eduardo dos Santos et Mobutu Sese Seko de la République du Zaïre –, Samora Moisés Machel se trouvait dans le Tupolev 134A piloté par des militaires soviétiques qui s’écrasa en Afrique du Sud sur les flancs des montagnes Lebombo, situées à trois cents mètres de la frontière mozambicaine, près de Mbuzini. Le président Samora Machel et vingt-quatre autres occupants de l’avion moururent, neuf passagers survécurent dont quelques-uns grièvement blessés. Après une courte période d’intérim, Joachim Chissano deviendrait le président de la République le 6 novembre 1986.
 
© Gaspard-Hubert Lonsi Koko
 
(*) Extraite de l’ouvrage intitulé Les figures marquantes de l’Afrique subsaharienne – 3, L’Atelier de l’Égrégore, 3ème édition, Paris, janvier 2020, pp. 214-216.
 
[1] Extrait du texte d’Amílcar Cabral intitulé Libération nationale et culture, publié en 1970.
[2] Villages communautaires.
[3] Des petites agglomérations dans lesquelles l’armée portugaise avait essayé de confiner les paysans, traditionnellement dispersés en unités unifamiliales dans la campagne.

​Les préconisations de l’ABACO en vue de la stabilité dans l’Est de la RDC
Le 16 avril dernier, le Rwanda a accusé les éléments des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) basés dans l’Est de la République Démocratique du Congo d’avoir attaqué dans la nuit de vendredi à samedi, pour la seconde fois, un poste de police dans l’Ouest du pays.
 
Consciente des efforts des gouvernements de la République Démocratique du Congo et du Rwanda, ainsi que de la MONUSCO, en vue de la pacification de la région des Grands Lacs, la Direction Europe de l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO) souhaite néanmoins éviter une éventuelle intervention de l’armée nationale rwandaise dans le territoire congolais, laquelle pourrait permettre au président Joseph Kabila de proclamer l’état d’urgence ou l’état de siège, ainsi que de déclarer l’état de guerre, conformément aux articles 85 et 86 de la Constitution, dans l’optique de justifier la non-tenue de l’élection présidentielle de novembre 2016.
 
Par conséquent, la République Démocratique du Congo devant définir de manière autonome sa politique migratoire dans la région du Kivu et renforcer militairement la sécurisation de sa frontière orientale, la Direction Europe de l’ABACO préconise que les instances africaines, ainsi qu’onusiennes, puissent rappeler le respect des clauses et les souhaits relatifs :
- à la cessation de l’approvisionnement en armes des rebelles congolais à partir du territoire rwandais et de l’infiltration des éléments des armées rwandaise et ougandaise dans le territoire congolais ;
- au soutien de la communauté internationale aux Forces armées de la RDC (FARDC) dans leurs actions concernant le maintien de la paix dans la région du Kivu ;
- à l’acceptation par les autorités rwandaises du rapatriement vers Kigali de tous les éléments des FDLR censés se trouver dans le territoire congolais, ou alors de leur extradition sans condition dans un pays non limitrophe de la République Démocratique du Congo ;
- au dialogue inter-rwandais ;
- à la capacité du gouvernement congolais à déployer les moyens nécessaires en vue de la sécurisation du territoire national.
 
Fait à Paris, le 18 avril 2016
 
Pour la Direction Europe de l’ABACO,
Gaspard-Hubert LONSI KOKO
Premier Vice-Président de l’Alliance de Base pour l’Action Commune

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