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Tchad: des membres de la société civile dénoncent les interdictions de marches pacifiques


Alwihda Info | Par Info Alwihda - 7 Décembre 2017 modifié le 7 Décembre 2017 - 09:44


Un regroupement de représentants la société civile tchadienne a décidé de ne plus accepter les "interdictions systématiques" de "marche pacifique" et prévoit d'organiser prochainement une "manifestation citoyenne", a appris l'AFP auprès d'un des représentants.

"Nous avons tenu un point de presse (lundi) où nous avons décidé de ne plus accepter les interdictions systématiques de nos préavis de marche pacifique", a indiqué à l'AFP Mahamat Nour Ibedou, secrétaire général de la Convention tchadienne de défense des droits de l'homme (CTDDH).

Les membre de la coalition des Organisations de la Société Civile (OSC) envisagent d'"organiser de manifestation citoyenne contre les mesures anti-sociales déjà prise par le pouvoir" a-t-il ajouté, précisant que "la date de cette action pacifique sera fixée dans un bref délai".

"Si le pouvoir autorise une manifestation en sa faveur nous aussi nous avons le droit de manifester" a t il dit, dénonçant une "politique deux poids deux mesures".

Fin novembre, quelques centaines de personnes avaient manifesté, avec l'autorisation de la police et à l'initiative d'une coalition d'associations se disant membres de la "société civile", pour dénoncer l'attitude des Etats-Unis au Tchad qui a placé le pays sur sa liste noire, interdisant les citoyens tchadiens à se rendre sur le territoire américain.

Peu de jours après, la police tchadienne avait empêché la tenue à N'Djamena d'un concert organisé par un mouvement citoyen visant à "dénoncer l'attitude dictatoriale du régime" du président Idriss Déby Itno, avait expliqué le porte-parole du collectif Iyina ("on est fatigués"), Didah Alain. 

En avril 2017, deux membres d'Iyina aujourd'hui en exil avaient été arrêtés, torturés et détenus au secret sans charges puis inculpés de "trouble à l’ordre public et incitation à la révolte". 

Ils avaient invité la population à exprimer son mécontentement face à la situation politique et économique lors d’une "une journée Iyina" le 10 avril 2017, un an après la présidentielle ayant abouti à la réélection du président Idriss Déby Itno.

L'un des membres du collectif des Organisations de la Société Civile (OSC),Dingamnayal Nely Versinis, président du Collectif tchadien contre la vie chère (CTVC) avait été lui aussi interpellé et torturé en avril pour "urpation des titres et escroqueries".

Dans un rapport sorti mi-septembre, l'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty international avait dénoncé l'accentuation de la répression au Tchad, dénombrant 65 associations interdites de manifester en deux ans et plus de 10 sites internet bloqués en 2016.