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ANALYSE

Tchad : la déscolarisation et ses enjeux sur l’avenir de la jeunesse


Alwihda Info | Par Koffi Dieng - 3 Août 2021

La dégradation sécuritaire dans la région a particulièrement fait fuir les professeurs, préférant se réfugier dans les grandes villes. Pendant ce temps, le niveau d’éducation, particulièrement des jeunes filles, est encore l’un des plus bas d’Afrique.


Tchad : la déscolarisation et ses enjeux sur l’avenir de la jeunesse
L’Afrique subsaharienne est l’une des régions du monde qui enregistre le plus grand taux de déscolarisation. Beaucoup d’enfants ne vont pas ou plus à l’école pour diverses raisons : économique ou sécuritaire, ou encore, parce que des traditions concernant notamment les jeunes filles leur en imposent.

La dégradation sécuritaire dans la région a particulièrement fait fuir les professeurs, préférant se réfugier dans les grandes villes. Certaines écoles sont alors fermées, ou servent de cachette aux groupes djihadistes. Les écoles ayant réussi à rester ouvertes, font souvent face à l’absence d’électricité, de point d’eau ou encore de matériel scolaire. Les élèves reçoivent alors un enseignement dans des conditions plus que précaires. Pourtant, les écoles constituent souvent des refuges où les enfants trouvent une protection, des repas scolaires ainsi qu’un soutien émotionnel. Le Tchad n’est pas épargné par ces enjeux, et le niveau d’éducation, particulièrement des jeunes filles, est encore l’un des plus bas d’Afrique.

Certaines font plusieurs heures de marche, après les classes, pour aller chercher de l’eau au puits avant de rentrer et aider à la préparation du dîner. Cela arrive également que, quelques-unes d’entre elles soient contraintes d’arrêter l’école, lorsqu’elles sont en âge de se marier ou de rapporter plus d’argent dans le foyer en travaillant. Il convient de ce fait de s’interroger sur les perspectives. La pandémie du Covid-19 semble avoir aggravé la situation : après la fermeture des écoles qui fonctionnaient, certaines n’ont pas rouvert. Cette absence de scolarisation alimente également le cercle vicieux de l’insécurité : ne sachant ni lire ni écrire, quand la jeunesse est désœuvrée, elle devient la proie des groupes terroristes qui tentent de l’enrôler. A son tour, cette même jeunesse peut finir dans le camp des djihadistes qui menacent les institutions, notamment les écoles, et font fuir les professeurs.

Enfin, il est évident qu’à plus long terme, la démographie grandissante dans la région viendra renforcer la pression sur le système éducatif, dont les infrastructures et moyens sont d’ores et déjà insuffisants. Une question restera donc en suspens : quel avenir pouvons-nous attendre pour notre jeunesse ? S’il est difficile d’apporter des éléments de réponse à cette interrogation, une chose est sûre : l’avenir du pays est entre les mains de nos enfants.