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ANALYSE

Tchad : la tourmente totale ?


Alwihda Info | Par Freeman Djiddo - 9 Septembre 2018 modifié le 9 Septembre 2018 - 23:59


L'avenue Charles de Gaulle à N'Djamena. Alwihda Info/archives
L'avenue Charles de Gaulle à N'Djamena. Alwihda Info/archives
Le président Idriss Déby Itno, en route vers l’émergence, se contredit en pleine route. Il demande une chose et son contraire à son peuple. Pas plus tard qu'en décembre de l’année dernière, il a demandé à sa population de serrer la ceinture et d’avaler la pilule amère pour 18 mois car la vache est maigre. Il instaure les 16 mesures. Quelques mois de turbulence sociale et de grogne, il rassure ses compatriotes que ces moments durs ne seront que des mauvais souvenirs, donnant une lueur d’espoir au peuple.

Le 12 novembre dernier, le bateau chavire terriblement. Le Raïs annonce que les temps ne sont pas fluides. Il invite les tchadiens à faire un recul. Désormais, chacun doit regagner la terre, si le message du président Idriss Déby Itno est bien décrypté. Mais vers quelle terre l’homme de Bamina renvoie ses administrés ? A-t-il oublié le fameux conflit éleveur-agriculteur qui renvoie les bras valides du pays dans les grandes villes. Que fera le peuple qui, à la campagne et à la ville est « persona non grata » ? Sommes-nous réellement en route vers l’émergence ? Si la réponse à cette question s’avère positive, le Raïs doit simplement redoubler d’efforts pour que son peuple retrouve d’abord la joie perdue.

Ensuite, il doit se pencher sur le climat social qui est intenable dans son pays. Sinon, nous sommes en route vers une émergence mais négative. Car, la soif du peuple n’est pas étanchée. Même les habitants de la capitale n’ont pas accès à l’eau potable, à l’électricité, aux structures sanitaires dignes. Les écoles sont construites en terre battue et en paille en pleine capitale. Les élèves sont assis à même le sol, c’est le cas de l’école primaire de la léproserie dans le 7ème arrondissement. Certains arrondissements ne sont que des bidonvilles.

Au Tchad profond, les bureaux administratifs sont des lambeaux. Les difficultés de la population tchadienne sont aussi nombreuses que connues. Beaucoup reste à faire chez nous. Et pourtant, le pays a tous les atouts pour son développement intégral.

En 2003, le pétrole a permis au Tchad d’engranger des fonds d’une rare valeur qui devaient lui permettre de diversifier son économie et d'amortir le choc de la crise actuelle. Mais hélas, cette richesse n’a servi qu’ailleurs. Aujourd’hui le Tchad est dans une crise sévère. Tout est au rouge. Le panier de la ménagère n’est jamais rempli, les agents de l’Etat n’ont que le mot "grève" pour vocabulaire, les facultés sont fermées. Où sont les changements et le bonheur que l’on a promis au peuple ? Peut être que c’est ça le changement puisque quitter d’une situation à une autre est aussi un changement, peu importe sa valeur (négative ou positive). Si c'est cela, nous sommes bien en route vers l’émergence.



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