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TCHAD

Tchad : "le MPS ne permettra à personne de lui donner des leçons de démocratie"


Alwihda Info | Par Info Alwihda - 10 Juin 2019 modifié le 10 Juin 2019 - 00:44



Le secrétaire général du MPS, Mahamat Zene Bada. © PR
Le secrétaire général du MPS, Mahamat Zene Bada. © PR
Le secrétaire général du MPS a exprimé dimanche, la "position officielle" du parti au pouvoir, en réaction à un communiqué de l'Ambassade des Etats-Unis au Tchad.

Il s'est exprimé au cours de l'installation du nouveau conseil provincial du parti à Bongor, dans la province du Mayo-Kebbi Est.

"Je veux profiter de ce micro pour donner une position officielle du MPS à partir de Bongor par rapport à ce qui se dit, par rapport à ce qui se fait depuis une semaine. Certaines personnes, certains partis politiques, quel malheur, quelle misère intellectuelle. Les gens pensent qu'il faut avoir les ordres des officines à l'étranger pour venir commander au Tchad, qu'il faut avoir des ordres de l'étranger pour que notre président fondateur mette la machine en marche, qu'il faut avoir les ordres de l'étranger pour que des partis politiques soient agréés ou ne soient pas agréés. Nous, nous inscrivons en faux", a déclaré Zene Bada.

D'après lui, "le Tchad est un pays souverain, libre. Le Tchad ne reçoit ses injonctions de personne. Le Tchad est une République, une République est basée uniquement sur des lois. Il y a des lois qui au Tchad indiquent comment on crée un parti, comment il fonctionne, comment il est dissout."

"Ce qui s'est passé est inacceptable"

De l'avis du n°1 du parti au pouvoir, "les lois indiquent au Tchad à quel moment on va aux élections, et à quel moment on proclame les résultats. Les lois indiquent au Tchad comment on devrait conduire la politique du Gouvernement. Mais ce ne sont pas les officines étrangères qui nous guident. Ça ce n'est pas Idriss Déby, ça ce n'est pas MPS. Que ça soit clair, que ça soit des pays qui ont accrédité des ambassades chez nous, ou que ça soit des tchadiens qui veulent constituer des partis politiques, le Tchad n'a de leçons à recevoir de personne. Le MPS ne permettra à personne, je dis bien à personne de lui donner des leçons de gouvernance, de lui donner des leçons de démocratie."

"Nous demandons au Gouvernement de prendre toutes ses responsabilités, et je pèse mes mots. Que le Gouvernement prenne toutes ses responsabilités, les élections sont une affaire de souveraineté d'un Gouvernement, d'un Etat. Les élections ne sont pas dictées de l'extérieur. Le Tchad est un pays souverain, fonctionnant avec un budget national connu et voté à l'Assemblée. Dans ce budget de 2019, il est voté un budget pour aller aux élections. La CENI est mise en place, la classe politique est d'accord pour aller aux élections. L'année 2019 est une année électorale. Tant pis pour ceux qui ne seront pas prêts. Nous irons avec ceux qui sont prêts et ceux qui veulent aller", a-t-il ajouté.

"Chacun gouverne chez lui"

D'après Mahamat Zene Bada, "la démocratie est irréversible dans notre pays. Tant que le MPS sera là, personne ne peut se prévaloir de dire qu'aujourd'hui, c'est nous qui devrons faire, demain c'est la France qui devrait nous dire, après-demain c'est les Etats-Unis, dans deux jours c'est tel ou tel pays. Non, c'est ce que le Gouvernement décidera. C'est ce que l'Assemblée décidera qui fonctionnera au Tchad. C'est pour cette raison que cette position que nous déclarons ici aujourd'hui, que le Gouvernement en tienne compte, que l'opinion internationale en tienne compte".

"Le MPS n'a pas l'habitude de parler souvent et d'intervenir dans des actions comme ça, mais ce qui s'est passé est inacceptable. Je dis bien inacceptable. Nous ne pouvons pas avoir des injonctions pour nous demander d'accepter, que le Gouvernement accepte le fonctionnement d'un parti politique, ou que le Gouvernement accepte que les gens se rencontrent pour créer le trouble à l'ordre public. Ça ne doit pas venir de l'étranger, chacun gouverne chez lui. Les partis politiques au Tchad sont régis par des lois. Même nous on travaille à travers les lois", a-t-il conclu.