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AFRIQUE

Cameroun/Publication : François Marc Modzom décrypte les silences de Paul Biya


Alwihda Info | Par - 7 Novembre 2019 modifié le 7 Novembre 2019 - 13:51

Dans un ouvrage qui est le fruit de sa thèse de doctorat Ph.D, l’enseignant-chercheur, journaliste spécialiste d’analyse politique soulève un pan de voile sur les méthodes de communication du président camerounais.


"La vraie manifestation de la sagesse se fait par le silence, par l’ascèse verbale, plutôt que par une incontinence langagière".
"La vraie manifestation de la sagesse se fait par le silence, par l’ascèse verbale, plutôt que par une incontinence langagière".
De par sa grande culture et son élégance de style, et à travers ses perspicaces analyses, l’essayiste François Marc Modzom est bien connu des milieux médiatiques au Cameroun et d’Afrique depuis trois décennies. A ce titre, il a longuement influencé l’opinion de son pays dans la sphère du service public de la communication. Même en assumant aujourd’hui les fonctions de directeur délégué de l’Institut de Formation et de Conservation du Patrimoine Audiovisuel (une structure de la télévision nationale, la Crtv), il lui arrive de reprendre le micro lorsqu’une nécessité éditoriale s’impose.
Peut-on véritablement parler de silence, dans le mode communicationnel d’un chef d’État ? Dans quelle mesure le silence participe-t-il d’une stratégie de mise en scène de la communication présidentielle, et quelle est la part des médias dans un tel environnement ? Voilà la panoplie des questionnements que soulèvent le livre de François Marc Modzom : « Les Silences de Paul Biya : Analyse d’une communication de pouvoir ». Cet ouvrage est préfacé par la Roumaine Sanda-Maria Ardeleanu, professeure des universités. « En effet, les repères de l’exercice du pouvoir ont évolué et embrassent aujourd’hui des modalités de l’agir communicationnel polysémique. Les discours, les attitudes, les gestes, les intentions, les institutions médiatiques et les représentations anthropologiques reconduisent une sémiologie de « média attitude » selon les sociétés », reconnait celle dont l’expertise est reconnue pour ses travaux sur l’imaginaire linguistique.
Modélisations des silences
Dans l’ouvrage du journaliste-chercheur, l’on découvre que pour la première fois en Afrique, une étude porte sur la place des silences dans le discours politique. En réalité, si le silence a été, de manière hâtive, assimilé à une absence, il est a contrario, « une modalité discursive plus parlante encore que dans le discours classique, articulé autour de la parole parlée ». Cela dit, il faut rappeler qu’à travers les civilisations et  les continents, selon la préfacière, « la vraie manifestation de la sagesse se fait par le silence, par l’ascèse verbale, plutôt que par une incontinence langagière, synonyme de manque ou d’insuffisance d’intelligence ». Il faut également dire que dans la paracommunication et les variables du langage anthropologique de l’Afrique séculaire, les silences qui sont reconnus à l’espace politique deviennent une arme redoutable pour celui qui sait en faire usage.
L’originalité de l’essai de François Marc Modzom se trouve assurément, comme le reconnaissent des observateurs avertis, dans l’application des modélisations des silences. Cette nouvelle donne devrait alors prendre en compte les constantes empiriques et scientifiques, dans un contexte qui met en lumière l’analyse du discours, dépouillée de ce soupçon d’absence de communication qui a souvent été collé au président camerounais Paul Biya. Ainsi donc, avec un certain recul, l’on peut se permettre d’accorder une place de choix à l’ouvrage du journaliste-chercheur dans le rayon des « pensées béatifiées » de la bibliothèque des temps modernes.
La problématique de l’ouvrage fera encore l’objet d’une discussion scientifique, au cours de la cérémonie de dédicace qui aura lieu à Yaoundé le 14 novembre 2019. A cette occasion, plusieurs communicateurs politiques et intellectuels de renom, croiseront le verbe pour sortir « les silences de Paul Biya » de ses incompréhensions. Parmi lesquels, il faut citer, Dr Louis Hervé Ngafomo, directeur Afrique de Connaissances et Savoirs, Dr Basile Ngono, philosophe, Charles Ndongo, directeur général de la CRTV, et les professeurs Pierre Onana Eyenga et Laurent Charles Boyomo Assala, respectivement critique littéraire et directeur de l’Ecole supérieure des sciences et techniques de l’information et de la communication de Yaoundé (ESSTIC).