POINT DE VUE

Des rebellions ou des identités meurtrières : pourquoi il ne faut pas participer à ces groupes ?


Alwihda Info | Par Dr Djiddi Ali Sougoudi - 5 Septembre 2018 modifié le 5 Septembre 2018 22:21


Photo d'illustration. Des douilles de AK-47 au sol dans un conflit armé en Afrique centrale. Crédits photo : DR
Les rébellions qui continuent à meurtrir notre pays et à décimer nos jeunes ne sont que des projets de conquêtes de pouvoir. Du Frolinat au CCMSR et au FACT, en passant par le CCFAN, la FAP, le MPS, le MDD, Le MDJT, le FUC, l’UFR, l’UFDD etc.. que des morts sans rituels, des vies fauchées inutilement, des cruautés indicibles, des âmes errantes et un développement du pays fortement compromis.

L’économie de la guerre et pour la guerre place notre tendre et chère patrie au deuxième rang des pays les moins avancés sur la base de l’IDH (Indice de Développement Humain) du PNUD.
Sur la base du niveau d’Indice de développement humain (IDH) très faible (0.340) du Tchad, le rapport mondial sur le développement humain de 2013 le classe à la 184ème place sur 187 pays.

En 2018, 5 ans plus tard, le rang du Tchad est aussi peu glorieux, probablement 186 sur 187 en terme de développement humain, non ?

Quelles sont les dernières rebellions en activité? Qui sont leurs chefs et que visent-ils? Que rapportent au reste des tchadiens ces groupes ou groupuscules rebelles dont l’existence aiguise tant des chefs rebelles et leurs tribus? Les rebellions sont-elles créée pour la rédemption du Tchad ou pour assouvir la soif de certaines tribus qui investissent pour leur suprématie et dans des lancinantes identités meurtrières? Voici les réponses.

Dans les confins de la Libye, un groupuscule de rebelles, monotribal, essentiellement composé de « sagarda » du grand groupe daza, le FACT (Front pour l’Alternance et la concorde du Tchad) se revendiquerait comme une rébellion. Son leader Mahdi, un lieutenant de Mahamat Nouri, Anakaza-Mourdima fondateur de l’UFDD, en animosité avec celui-ci, joue le folklore dans le désert et l’on ne sait rien de la bonne foi de ce groupuscule armé qui a eu à faire des purges en son propre sein depuis mars 2016 quand certains de ses membres du BET ont été massacrés. Tout laisse croire que Mahdi et son FACT rêvent d’une vengeance inouïe qui ferait ressortir des ténèbres de l’Histoire le trop vieux conflit Anakaza-Sagarda de 1963, quand ces deux ethnies voisines se sont étripés à mort avec pour corollaire immédiat la mort dans une bataille du Chef de canton-Sagarda Tahar Abalimi. Ce conflit meurtrier qui reste vivace dans les esprits serait parti d’une série de rapt des dromadaires et de meurtres sur les poursuivants. Depuis lors, Anakaza et Sagarda se chercheraient les jarrets ou les talons d’Achille, d’où la mésentente Nouri-Mahdi. L’absolutisme et le caractère dictatorial de Mahdi fut récemment dénoncé par un certain Ali Nanaye, un supposé ex-cadre du fameux mouvement tribal.

Le CCMSR de Hassan Boulmaye est un groupuscule composé essentiellement des kreda qui, eux-aussi, rêvent que leur « temps est venu » de s’imposer aux autres ethnies. Cette pseudo-rébellion qui n’a pas sûrement lu l’œuvre de Sun Tsu intitulé « l’art de la guerre » s’en fout du terrain et de la topographie. Un groupe ethnique monolithique, rêvent d’arracher le pouvoir aux bords du Chari sans l’aide des autochtones du Sahara qu’il va traverser. Un seul passage du livre de Sun Tsu est pourtant appliqué par la rébellion kreda : «  l’adversité est comme l’eau qui coule, elle évite les hauteurs » et c’est ainsi que cette supposée rébellion attaqua, le 11 août 2018, une position de l’armée tchadienne à Kouri-Bougoudi, un endroit sécurisé par une petite unité militaire. Le groupuscule armé jubile et crie sur tous les toits, étale ses faits d’armes comme s’il a gagné la dernière et décisive bataille du pouvoir. Son porte-parole, Kingabé Ogouzeimi de Tapol délire et hurle en homme inconséquent, prenant en otage toutes les presses télé et audiovisuelles. Sodomisant les règles de la guerre, le fameux CCMSR fait du buzz et du chahut comme dans un pugilat de gosse. Ce mouvement armé n’a rien encore montré comme fait d’armes ou comme une organisation crédible sans clivage. Ce mouvement, plus fort en virtuel que réellement sur le terrain, n’a pas connu un vrai combat. Non, il n’a pas encore rencontré les soldats tchadiens de l’ANT qui ne sont pas des âmes froussardes. Il faut craindre, pour ses sympathisants, la perte ou la perdition définitive de CCMSR dès les premières combats avec l’ANT.

Ces deux mouvements rebelles, plutôt ces balbutiements rebelles, ne visent qu’une seul chose: conquérir le pouvoir et le conserver au nom d’une tribu. S’imposer par les armes, faire perpétuer les injustices en se vengeant du passé par le présent, faire prospérer le culte de la haine d’autres tribus voisines. Pour parvenir à leur fins, les voilà les deux groupes armés qui se proclament les défenseurs du peuple et de la population habitant la zone Nord qui fait le champ de bataille. Ils font ampouler la réalité, la travestissent sinon l’exagèrent dans des pamphlets et des communiqués. Toute contestation brandie contre ces groupes armés est vue comme une hérétique complicité avec le régime au pouvoir. L’absolutisme est si criard et l’ignorance est si perfide au sein de ces bandes armées, qu’elles manquent tout discernement et les « nouveaux guerriers en herbe » pensent ressusciter l’histoire des FANT ou du MPS dans la conquête rapide du pouvoir, même si les contextes ne sont guère les mêmes.

Ces deux mouvements nourrissent bien d’espoir à des nombreux jeunes et commerçants tribaux qui apportent leur « effort de guerre ». Mêmes les gens les plus pacifiques se découvrent des « vas-t’en-guerre » et fourbissent leurs armes dans une dilettante, euphorique et prétentieuse position coupable.

Certes il est permis à tout tchadien de briguer le pouvoir en tant que citoyen et dans le cadre pacifique. Hélas, avec ces mouvements armés, c’est la conquête du pouvoir par des bourreaux aux mains ensanglantées et aux faciès sanguins qui se découvrent dans leurs comportements de tous les jours. Ces chefs de groupuscules armés ne sont que les gourous illuminés, des roitelets claniques fermés à tout débat, capables de décimer leurs propres compagnons qui ne sont pas de leurs tribus. L’actualité récente laisse à découvert bien des desseins saugrenus de ces chefs de guerres perdues.

Tout conquérant du pouvoir par la guerre finira injuste et pervers. Et c’est pourquoi il ne faut plus croire aux sirènes des rebellions dirigées par des identités meurtrières.
Pour avoir donné mon opinion qui rejette la propension des revendications armées et ethniques, certains manipulateurs m’accusent de tribaliste et crient haro au nom de leurs tribus. N’ayant commis aucun crime ni assassinat sur un tchadien, je reste fier de ma ligne de conduite et je condamne toutes ces activités criminelles de ces groupes armés qui veulent s’imposer par la force et par la manipulation de leurs tribus.

Il ne faut plus accorder des avantages et des égards à des chefs criminels qui rentrent au bercail après des forfaits et des crimes commis dans leurs maquis sur des tchadiens. Oui, il nous faut arrêter avec cette promotion d’anciens déstabilisateurs du pays qui deviennent des responsables et gagnent par des deals des profits.

Dans la même rubrique :