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Idriss Déby : "C’est la République Démocratique du Congo qui s’embrase à nouveau"


Alwihda Info | Par - 17 Juillet 2012


Les crises africaines du Mali, de la République Démocratique du Congo, du Soudan et Soudan du Sud, le coup d’Etat en Guinée Bissau ont été abordés par le Président de la République Idriss Déby dans son intervention lors de la deuxième journée du 19ème sommet de l’Union africaine.


Monsieur le Président de l’Union Africaine
Mesdames, Messieurs

Au moment où nous nous réunissons ici à Addis Abeba, de nombreux pays africains sont confrontés à des crises de toutes sortes dont la caractéristique commune est la remise en cause des institutions, de l’intégrité territoriale et de la sécurité de nos Etats et de nos peuples.
La première forme d’insécurité est de type alimentaire, due parfois à des causes naturelles telles que les effets des changements climatiques dont nous avons parlé il y a peu à Rio, et dont la rupture se produit déjà dans une partie du Sahel. C’est pour tenter d’y remédier qu’un certain nombre de pays ont lancé l’Initiative de la Grande Muraille Verte qui doit agir à terme comme un bouclier face à l’avancée du désert, et que j’ai présenté à Rio.
Et c’est dans le même ordre d’idées que mes homologues de la CBLT et moi-même avons présenté et défendu le dossier de la préservation du Lac Tchad toujours en marge de la Conférence des Nations-Unies, Rio plus (+) 20.

Permettez-moi de saisir cette opportunité pour remercier tous les collègues et tous les partenaires qui ont contribué à cette opération.
Le Sahel est engagé dans une zone de turbulence sans précédent. Outre la précarité alimentaire que je viens d’évoquer, il est également confronté à l’instabilité politique et sécuritaire se traduisant par les pires formes de violences qui fragilisent les Etats.

Bien sûr, il y a quelques lueurs d’espoir qui apparaissent, notamment à la suite des élections réussies en Tunisie et en Libye, et je formule le vœu que les acteurs politiques égyptiens trouvent un terrain d’entente sur le sort des institutions. Et il y a aussi des raisons de croire que les choses commencent à aller mieux en Somalie.
A cet égard, je voudrais profiter de cette tribune pour féliciter les frères du Burundi, du Kenya, de l’Ethiopie, ou encore de l’Ouganda dont l’engagement résolu, et les sacrifices ont permis d’obtenir l’amélioration de la situation militaire.

Mais alors même qu’un léger mieux s’annonce dans ce pays-là, c’est la République Démocratique du Congo qui s’embrase à nouveau. Nous devons conjuguer nos efforts pour aider ce pays frère à préserver son unité et son intégrité territoriale. De même, nous devons tous joindre nos efforts à ceux de la CEDEAO pour aider le Mali à retrouver la paix et la stabilité, sous peine de voir la gangrène s’étendre à toute l’Afrique. Le drame multiforme qui frappe ce pays meurtri dépasse à l’évidence la dimension régionale. L’Union Africaine et les Nations-Unies doivent s’impliquer pour obtenir la restauration pleine et entière de l’ordre constitutionnel, et de l’intégrité du territoire.

La crise malienne est particulièrement symptomatique de la fragilité de nos pays, et révélatrice de la nécessité de nous montrer solidaires, car l’irrédentisme et le terrorisme sont des poisons mortels qui ne connaissent pas de frontières.


Enfin, je voudrais aussi renouveler mes encouragements à mes frères les Présidents El-Béchir et Salva Kir, comme je l’ai déjà fait à Midrand en Afrique du Sud au mois de Mars dernier, à persister sur la voie du dialogue en vue de trouver un modus vivendi et réaliser la paix des braves qui est la seule issue viable pour nous tous.
Je vous remercie

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