ANALYSE

La laïcité: Moteur de développement de la République Centrafrique (RCA)


Alwihda Info | Par Moustapha SABOUN - 15 Aout 2015



Moustapha SABOUN
La politique est l’art de gouverner la cité et la République Centrafricaine a besoin d’être gouvernée comme les sont les États modernes à travers le monde. Après la crise, l’heure est venue de construire ce pays déchiré par la guerre en ramenant les valeurs au centre de l’action de l’État. Ces dix dernières années, la société Centrafricaine a vu plusieurs gouvernements se succédés les uns après les autres. 

Cependant, les problèmes de la société dans sa large majorité sont restés les mêmes et plusieurs se sont mêmes accentués avec pour conséquences : la succession des pouvoirs autoritaires et sanguinaires, une pauvreté extrême, l’effondrement de l’État, la marginalisation et l’exclusion sociale d’une catégorie de la population du Nord du pays et l’exil forcé. 

Pour mettre un terme aux abus perpétrés par ces différents pouvoirs, le Front Populaire pour la Renaissance de Centrafrique - les EX-SELEKA ont pris les armes et ont conquis le pouvoir.

Aujourd’hui, dans la recherche d’une Paix Durable, ce groupe armé a négocié et signé les accords de Paix de Nairobi après cinq (5) mois de négociation avec les Anti-BALAKA au Kenya. 

Pour rappel, le groupe armé EX-SELEKA, est majoritairement composé des musulmans centrafricains et des chrétiens centrafricains et compte en son sein des laïcs et des intellectuels qui tiennent à relever le défi du développement intégral du pays en mettant de l’avant les principes d’une République indivisible, laïque, démocratique, sociale où il fait beau et bon vivre. 
Pour mieux préserver les acquis d’un État laïc, les EX-SELEKA soutiennent le processus et les principes organisationnels et juridiques de séparation des religions et l’État. L’État doit être neutre, l’espace public doit être neutre. Nous bannissons la primauté d’une religion par rapport à une autre et au même titre, nous condamnons avec la plus grande fermeté l’exclusion d’une région par rapport à une autre.  

L’État dans son expression doit assurer l’égalité de toutes et tous devant la loi, le respect de toutes les croyances, la coexistence et une cohabitation pacifiques. L’État doit garantir par un arsenal juridique, la liberté de conscience et d’association, la libre expression de ses convictions et croyances et celles de l’autre et ceci dans les limites de l’ordre établit. 

Dans cette perspective, la Centrafrique offre à chaque citoyenne et chaque citoyen, l’espace pour construire son identité, forger sa personnalité et contribuer de manière significative au développement de l’Être et de la société à laquelle il appartient. 

Nous travaillons et militons pour une société inclusive, une citoyenneté active et participative. Les EX-SELEKA s’engagent dans une voie de développement, une dynamique de changement par la promotion d’une laïcité ouverte, entière, symbole de l’unité et de la dignité retrouvées, la coexistence pacifique de toutes les communautés religieuses installées en Centrafrique, le respect des valeurs de la République et du pluralisme des convictions et des pratiques religieuses acceptées par l’État. 

Par cette déclaration, les EX-SELEKA, apportent une preuve supplémentaire que la construction d’un État des droits passe par la signature des accords de Nairobi, la présente déclaration de sa politique de neutralité de l’État afin que la laïcité qui sous-tend son engagement politique demeure un leitmotiv pour la consolidation d’une Paix Durable recherchée, mais bien conquise.
 
Nous exhortons les autres protagonistes, les leaders d’opinions et de conscience de faire preuve d’ouverture et d’engagement, d’exercer un leadership fort et éclairé et bannir de leurs discours la haine et l’intolérance. Les EX-SELEKA sont convaincus qu’aucun centrafricain ne sera traité désormais comme un robot, un mannequin, un perroquet, et qu’aucune théorie savante ou importée d’ailleurs ne relèvera notre pays du chaos. 
Seuls le travail, la reconnaissance mutuelle, la participation de chacune et chacun d’entre nous à l’effort national que nous bâtirons un pays plus fort qu’avant. Nous savons que toutes et tous rêvent d’un monde meilleur, d’une société ouverte, d’un État laïc capable de mobiliser des intelligences pour l’intérêt de l’ensemble de la collectivité. Il faut s’y faire, il faut s’y mettre. La République Centrafricaine est plus riche pour que le peuple soit si pauvre, nous avons les ressources pour y arriver.

Nous ouvrons la voie en montrant le chemin sur lequel nous devons marcher. Nous appelons chaque Centrafricaine et chaque Centrafricain au dépassement de soi en privilégiant l’intérêt suprême de notre nation. C’est ensemble que nous construisons notre modèle de développement en nous engageant comme signataires des accords de Paix dans la promotion de LA LAÏCITÉ COMME MOTEUR DE DÉVELOPPEMENT en République Centrafricaine. 

Moustapha SABOUN, 
Coordonnateur Général Politique
FPRC- EX-SELEKA
Saboune@hotmail.ca

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