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EDITORIAL

Le Tchad ne rassure plus sur le plan sécuritaire


Alwihda Info | Par - 18 Juin 2018 modifié le 18 Juin 2018 - 23:46


Le visage tuméfié du commandant du Commissariat de Sécurité Publique (CSP16), Ahmaday Banda après une agression par des collègues en service. Alwihda Info
Le visage tuméfié du commandant du Commissariat de Sécurité Publique (CSP16), Ahmaday Banda après une agression par des collègues en service. Alwihda Info
L'insécurité refait surface dans la capitale tchadienne avec la multiplication d'actes d'assassinats et bien souvent des tentatives de braquage opérées en plein jour, sans que les forces de l'ordre ne parviennent à mettre la main sur les présumés malfrats qui créent un climat de psychose généralisée. On dénombre régulièrement des bilans macabres parmi les tchadiens et les étrangers implantés sur notre sol. Ils payent de leur vie en voulant protéger leurs biens dignement mérités à la sueur de leur front, à cause d'hommes sans foi, ni loi, ignorant le caractère sacré de la préservation d'une vie humaine.

Braquages

Comment dans ce contexte, le Tchad peut-il continuer à tendre la main à des investisseurs étrangers qui n'obtiennent nullement la garantie d'un État qui n'est pas en mesure d'assurer la sécurité de sa propre population et des étrangers résidants sur son sol. Pour preuve, plusieurs actes criminels peuvent étayer cette thèse : une centrafricaine retrouvée morte chez elle au quartier Kabalaye dans la matinée de dimanche, avec le cou brisé et un coup de couteau sur la poitrine ; une commerçante chinoise froidement assassinée jeudi à l'aide d'armes de guerre au quartier Klemat, avant que les présumés auteurs de ce crime crapuleux disparaissent dans la nature en emportant le véhicule et le sac contenant l'argent de la victime. Aux dernières nouvelles, les présumés assassins de la victime -d'origine chinoise- auraient été retrouvés par les éléments de la police. Ils seront incessamment présentés à la presse.

Une autre tentative de braquage a récemment été avortée ; elle a été orchestrée par un forcené armé d'un pistolet sur une femme qui sortait d'Ecobank mais a lamentablement échouée. Toutefois, le présumé malfrat a disparu dans la nature sans laisser de traces. De nombreux corps sans vie sont parfois retrouvés dans la capitale tchadienne.

Un commandant molesté

A cela, l'absence de respect entre officiers appartenant à un même corps s'accentue aussi. Le commandant du Commissariat de Sécurité Publique (CSP16), Ahmaday Banda, pourchassant un véhicule en provenance de Koundoul qui transportait des choses douteuses, a été pris à parti par le commandant deuxième adjoint du commissariat de la sécurité publique n°6, Abelkerim. Celui-ci est venu à la rescousse du propriétaire du véhicule suspect, son proche.

Ahmaday Banda a été violemment battu par ses collègues policiers qui ont préféré se ranger du côté d'un civil sur instruction de leur chef. Dans le cadre régulier de son service, le commandant du CSP16 a non seulement été torturé mais relevé de ses fonctions, de même que le commissaire auteur de l'agression. 

Violences intercommunautaires

L'insécurité sévit au milieu de ceux qui sont censés assurer la sécurité des biens et des personnes. Pire, la violence intercommunautaire qui a éclaté à Tourane non loin d'Adré a provoqué la mort de 8 personnes à la suite d’un contentieux qui n'a pas été réglé à temps par les autorités. Elles sont accusées d'alimenter et d'entretenir cette violence intercommunautaire, du fait de leur passivité. 

Les conflits agriculteurs-éleveurs

La partie méridionale du Tchad fait également l'objet régulier de confrontations violentes entre éleveurs et agriculteurs, résultant à des bilans macabres entre des citoyens qui sont censés vivre en harmonie. Ces conflits récurrents entre agriculteurs et éleveurs au sud du Tchad sont souvent entretenus par des autorités locales qui agissent et gèrent ces contentieux avec des penchants subjectifs.

Le nord du Tchad

L'instabilité dans le Sud de la Libye n'épargne pas non plus le Nord du Tchad où circule des trafiquants en tout genre compte tenu de la porosité de la frontière. Des violences sont régulièrement signalées entre orpailleurs et autochtones dans la zone du Tibesti, continuant d'endeuiller des familles. Des hommes armés échappant à tout contrôle légal et régulier font la pluie et le beau temps dans le nord du Tchad en s'en prenant régulièrement aux propriétaires des véhicules particuliers dans des zones non contrôlées. 

Les règlements de compte à coups de canon entre les différents trafiquants sont souvent tragiques. Et la menace que font peser les différents mouvements rebelles hostiles au régime du président Idriss Déby Itno sur le fonctionnement des institutions de la République n'est pas à minimiser.

Le refus par les populations du nord et de l'est du Tchad de restituer les véhicules dont l'armée tente de s'emparer par la force depuis quelques temps pourrait se solder par la violence au cas où l'État déciderait de passer à la vitesse supérieure.

Djimet Wiche Wahili
Journaliste, directeur de publication. Tél : +(235) 66304389 E-mail : djimetwiche@gmail.com En savoir plus sur cet auteur


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