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TCHAD

Les professions judiciaires libérales reconduisent leur grève au Tchad


Alwihda Info | Par - 10 Juin 2018 modifié le 10 Juin 2018 - 00:41



Les professions judiciaires libérales reconduisent leur grève au Tchad. Alwihda Info/D.W.
Les professions judiciaires libérales reconduisent leur grève au Tchad. Alwihda Info/D.W.
Les professions libérales judiciaires (avocats, huissiers et notaires) ont décidé, samedi 9 juin 2018, à la Maison des Médias du Tchad, après évaluation de la cessation des activités lors d’une assemblée générale extraordinaire tenu au Palais de Justice, de reconduire cette cessation des activités pour 7 jours à compter du 7 jusqu'au 13 juin 2018. Ils ont annoncé vouloir organiser une marche judiciaire le samedi 16 juin et veulent bouder la session criminelle prévue du 11 au 20 juin 2018, a déclaré le secrétaire national de l’ordre des avocats du Tchad, Djimadoun Koumtog lors d’une conférence tenue conjointement avec les autres représentants des professions judiciaires libérales. 

Cette reconduction de la grève vise à protester contre la fusillade du 22 mai 2018 à Doba qui a visé leur confrère Doumra Manace et ses trois clients relaxés par les éléments de la gendarmerie. Ils exigent par conséquent la traduction en justice de l’ex-gouverneur du Logone Oriental et la destitution du commandant de légion de la gendarmerie afin qu'il soit également mis à la disposition de la justice pour répondre de ses forfaitures. 

« Dans l’après-midi du 6 juin 2018, le gouverneur du Logone oriental a été démis de ses fonctions. Il s’agit là d’un des points de revendication qui a été satisfait. Les autorités militaires impliquées dans cette fusillade n’ont pas encore été démises de leurs fonctions. Aucune des autorités civiles et militaires n’a été arrêtée et mise à la disposition de la justice », a expliqué le secrétaire national de l’ordre des avocats. 

Les professions judiciaires libérales rappellent qu’il s’agit d’une question de vie, avant d’ajouter qu’on ne peut tirer sur les acteurs judiciaires et demeurer impunis. « On ne peut s’opposer par les armes et autres agressions à l’exécution d’une décision de justice. On ne peut continuer à tenir des sessions criminelles pour qu’on vienne nous tirer dessus et s’opposer manu militari aux décisions qui seront rendues par les juridictions. Ça suffit. Nous voulons d’une justice indépendante et respectée. Lorsque les autorités civiles et militaires impliquées dans cette fusillade seront toutes révoquées et mises à la disposition de la justice, les activités reprendront », a-t-il déclaré. 

Les professions judiciaires libérales veulent inscrire leur lutte pour le bien-être de la République tout entière où la respectabilité et l’indépendance de la justice doivent être rigoureusement respectées.

Maître Alain Kagonbe déplore qu’un gouverneur puisse se permettre d’attaquer une institution de la République. Il a expliqué qu’il s’agit d’un coup d’État. « L’acte posé par le gouverneur Noki Charfadine et ses acolytes sont graves. Ils doivent répondre de leurs actes devant la justice », souligne-t-il.

Le représentant des huissiers du Tchad, Maître Hissein Ngaro affirme pour sa part qu’ils devront éventuellement se conformer à l'éventuelle décision d'interdiction de marche des autorités.
Djimet Wiche Wahili
Journaliste, directeur de publication. Tél : +(235) 66304389 E-mail : djimetwiche@gmail.com En savoir plus sur cet auteur